La taxe sur le carbone

BERNARD THÉRIAULT

C’est tellement plus simple de parler de taxe du carbone quand on est convaincu qu’il n’y a pas de réchauffement de la planète et que le Nouveau-Brunswick a déjà atteint tous les objectifs qu’il s’est fixés en matière de réduction de co2. La vérité, c’est que, n’en déplaise aux climato-sceptiques, la planète se réchauffe à un rythme effarant et que les conséquences se font déjà sentir. La semaine dernière seulement, la station météorologique de Bas-Caraquet indiquait une température de 13 degrés; du jamais vu pour un mois de janvier dans la Péninsule acadienne.

Au risque de se répéter, le gouvernement provincial s’est engagé à convertir une partie de la taxe sur l’essence en taxe du carbone, ce qui signifie que cette portion de la taxe devra exclusivement être utilisée pour de nouvelles dépenses reliées à la réduction des gaz à effet de serre.

Selon les dernières informations, Fredericton laisserait au gouvernement fédéral la responsabilité de taxer nos gros pollueurs industriels. Délicate opération puisque les grands coupables en matière de gaz à effet de serre dans la province sont d’abord le groupe Irving qui avec sa raffinerie et ses papetières, suivi d’Énergie Nouveau-Brunswick qui brûle encore du charbon et du pétrole dans quelques-unes de ses centrales.

Le gouvernement Gallant ne voudra sûrement pas en cette année électorale réveiller l’ours qui dort, surtout que la raffinerie est parmi les employeurs les plus importants de Saint-Jean.

Le gouvernement fédéral a déjà laissé entendre que les efforts de la province ne seraient probablement pas à la hauteur des exigences d’Ottawa et que, dans ce cas, il pourrait possiblement intervenir.

Ce que l’on reproche au Nouveau-Brunswick c’est que, sans réelle taxe sur le carbone, il n’y a pas vraiment d’incitatif à réduire sa consommation d’énergie fossile.

Le ministre Rousselle se défend en disant que l’argent sera bel et bien dépensé dans des mesures strictement dédiées à la réduction des gaz et qu’il compte également sur Énergie Nouveau-Brunswick pour se débarrasser d’ici 2030 de ses usines vieillissantes.

Nous devons faire confiance au gouvernement provincial et juger de la pertinence de sa politique quand le gouvernement fédéral aura précisé ses intentions.

Ce qu’il importe de surveiller dans la province, c’est de voir comment Blaine Higgs va se sortir de ce merdier, lui qui du temps où il était chez les Irving, était le spécialiste des dégrèvements d’impôts et des dépréciations foncières?

Dommage qu’il ne nous ait pas encore expliqué comment il allait positionner son parti sur ce dossier. Encore hier, le porte-parole de l’opposition n’a pu répondre aux questions des journalistes sur ce point. D’autant plus qu’il ne peut critiquer le gouvernement qui a ici trouvé un moyen de ne pas augmenter les taxes.

Même si certains experts ont accusé le gouvernement libéral de ne pas être allé assez loin dans ce dossier, son plan, à tout le moins, possède le mérite d’être progressiste et de ne pas être trop dur sur les consommateurs. Quant à Higgs et son parti, ils confirment qu’ils ne forment qu’une petite clique incapable de gouverner notre province.

JEANNOT VOLPÉ

Le ministre de l’Environnement du N.-B., Serge Rousselle, tente de convaincre la population que son option de la taxe sur le carbone sera acceptée par Ottawa. Pourtant, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a déjà clairement indiqué que le plan de M. Rousselle ne remplissait pas les critères de la nouvelle taxe Trudeau sur le carbone.

À la veille de l’élection provinciale, les libéraux de Brian Gallant essaieront de toutes les façons possibles de gérer cette patate chaude qui n’est pas bien reçue au N.-B.

Une enquête nationale démontre que 48% des familles canadiennes ne croient pas qu’elles seront en mesure de remplir leurs obligations financières durant les 12 prochains mois sans s’endetter davantage.

Plus de 50% des 2000 répondants disent ne pas avoir d’argent disponible à la fin du mois après avoir payé leurs dépenses domestiques et effectuer leurs paiements.

Il s’agit d’une hausse de 8% depuis septembre et l’augmentation graduelle des taux d’intérêt alimente davantage leurs inquiétudes.

Ceci n’affecte aucunement Justin Trudeau qui continue de voyager à travers le monde aux dépens des contribuables. Un journaliste d’Ottawa mentionnait d’ailleurs dernièrement que M. Trudeau semble remplir davantage le rôle de la reine que celui de premier ministre du Canada.

Il est très difficile de concilier que les gouvernements libéraux à Ottawa et à Fredericton veulent imposer une taxe sur le carbone afin de réduire les déplacements et l’utilisation de produits pétroliers. Ces mêmes gouvernements investissent des millions de dollars dans l’industrie touristique afin de convaincre la population de voyager. Les touristes voyagent ordinairement en voitures ou en avion et ces moyens de transport utilisent des produits pétroliers.

Une province rurale comme le N.-B. dépend grandement du transport dû à son économie de ressources. Que ce soit le secteur forestier, agricole, des pêches ou des mines, tous ont besoin d’utiliser des produits pétroliers et leur compétitivité sera grandement affectée.

La population du N.-B. est celle qui a déjà le moins de valeur financière de toutes les provinces canadiennes et le premier ministre du CANAbis lui demande de payer quelques centaines de millions en nouvelles taxes.

Un nouveau rapport de l’Institut Fraser dit d’ailleurs que 92% des familles de la classe moyenne au Canada paieront en moyenne environ 2200$ de plus en taxes une fois que toutes celles-ci seront en place. Ces mêmes familles que Justin Trudeau avait promis d’aider. Tout comme pour la date de mise en place de la légalisation de la marijuana, il a peut-être aussi oublié cette promesse, envolée en fumée.

Je suis convaincu que cette nouvelle taxe Trudeau sera mise en place après l’élection provinciale de septembre. Le ministre Rousselle aura de la difficulté à convaincre la population du N.-B. et encore moins Ottawa. Son dossier n’est pas très reluisant dans les différents ministères qu’il a occupés. L’approche hautaine et débranchée des gens ordinaires ne fait pas de lui le ministre le plus crédible.