Nos communications industrielles

Je suis rendue à penser que les ordinateurs nous changent, nous changent vraiment. C’est-à-dire qu’ils nous éloignent de notre humanité.

Ils nous aspirent dans leur vortex, faisant fi de milliers de reliefs et de nuances. Ce sont les dimensions intangibles, auxquelles les ordinateurs n’ont pas accès.

Si le corps humain se trouve appauvri du fait de méthodes agricoles industrielles, l’âme humaine est également appauvrie à travers nos communications industrielles.

J’ai mentionné dans mon dernier billet être aujourd’hui rebutée par l’écriture à l’ordinateur. Voici pourquoi: quand j’écris à l’ordinateur, je suis obligée de suivre la ligne. Gauche droite, de haut en bas. Si je veux changer de caractère pour accentuer un mot, une idée, en quelques gestes je peux le faire, mais c’est ardu. Mais si je veux faire une grande flèche dans la page, pour pointer à deux concepts qui s’opposent ou se cousinent, impossible. Avec un stylo et une page, je suis libre de barboter et de batifoler dans les mots et les idées autant que je le veux. Aller de travers, ou dans le sens contraire, pas de problème, je le fais. La direction n’est pas donnée d’avance.

Mais n’est-il pas question d’abandonner l’enseignement de l’écriture à la main, car il suffirait de savoir manier l’ordinateur ? Ai-je rêvé cela? Ce serait devenu trop simple, peut-être, du papier, un crayon, savoir faire ses lettres?

Vous l’avez lu, cet article paru lundi matin sur les nouveautés en matière d’écrans de télévision? C’est à faire pleurer. Que pensons-nous que nous allons voir de plus avec toutes ces variables d’écran? Ne devrions-nous pas rediriger au moins la moitié de cette énergie-action à corriger des choses au bas de l’échelle, socialement?

Comme l’a dit Einstein: «Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… Mais pour l’univers je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue.»

Vous connaissez l’histoire du gars qui voulait créer un super-algorithme de recherche sur l’intangible? Il ne savait pas qu’il suffisait d’engager une conversation et de tendre la main à son voisin.