Une tête de cochon qui n’a jamais baissé les bras

Dans le cadre d’une soirée Hommage, le Titan d’Acadie-Bathurst va souligner les quatre belles saisons du gardien Adam Russo, vendredi soir, au Centre régional K.-C.-Irving. C’est amplement mérité pour celui qui portait le chandail numéro 1.

Dire qu’au tournant du millénaire, je faisais partie des imbéciles qui croyaient que ce gardien de 5 pieds 9 pouces n’était pas assez grand pour jouer au plus haut niveau.

Pour dire vrai, à l’époque, je n’aurais même pas parié sur ses chances de jouer un jour chez les professionnels, ne serait-ce que dans le circuit de la Côte-Est. Imbécile, je vous dis.

Ce n’est pas parce qu’il manquait de talent que je ne croyais pas en lui, mais bien en raison du dédain des équipes professionnelles pour les portiers de petite taille.

Mis à part Arturs Irbe il n’y a pas si longtemps, les gardiens de moins de 5 pieds 10 pouces ont été d’une grande rareté dans la LNH au cours des quarante dernières années. Avant Irbe, les seuls noms qui me viennent en tête sont Chico Resch et Gilles Meloche dans les années 1980, ou encore Rogatien Vachon, Johnny Bower et Lorne Gump Worsley dans les décennies précédentes. La LNH aime tellement les portiers immenses que de nos jours même un cerbère de 6 pieds est considéré comme étant petit.

Bref, Adam Russo m’a fait mentir. Et pas à peu près.

En fait, sa carrière est tout simplement remarquable, pour ne pas dire admirable.

Ses faits d’armes sont d’ailleurs nombreux.
– Équipe d’étoile des recrues de la LHJMQ en 2000-2001.

– Deuxième équipe d’étoiles de la LHJMQ en 2001-2002.

– Première équipe d’étoiles de la LCH et de la LHJMQ, trophée Jacques-Plante et meilleur taux d’arrêt (,917) en 2002-2003.

– Treize blanchissages en saison régulière et neuf autres en séries éliminatoires dans la LHJMQ.

– Champion de deuxième division en Italie en 2006-2007

– Champion de première division et de la Super Cup en Italie en 2007-2008

– Équipe d’étoiles de la Ligue Magnus en France en 2008-2009

– Médaillé d’or aux Mondiaux de division 1 dans le groupe B avec Équipe Italie en 2008-2009

– Équipe d’étoiles et meilleur gardien de la Ligue Nord-Américaine en 2016-2017.

Vendredi soir, donc, je serai debout pour applaudir cette «tête de cochon» qui n’a jamais baissé les bras. Je vais applaudir ses accomplissements, son entêtement et cette passion qui l’anime envers son sport.

Et pour tout vous dire, je trouve dommage qu’on ne profite pas de l’occasion pour hisser une bannière dans les hauteurs du Centre régional K.-C.-Irving. Je suis convaincu que

Roberto Luongo, Italien comme lui et qui a été immortalisé avec le numéro 1 en août 2012, n’aurait rien à redire de partager cet honneur.