Que faire des Canadiens radicalisés par l’État islamiste?

BERNARD THÉRIAULT

Je préfère de loin le Canada que me propose le gouvernement de Justin Trudeau, à celui de la droite conservatrice. Que l’on suggère la réhabilitation et la réintégration plutôt que l’incarcération punitive des individus radicalisés par l’État islamiste représente à mon sens le geste d’une société démocratique et mature, en contrôle de sa destinée et qui tend la main a des gens qui en ont besoin.

S’occuper de ces personnes en tentant de les éloigner d’une idéologie terroriste ne signifie pas nécessairement que l’on ne s’occupe pas des victimes comme le laisse entendre le leader du parti conservateur du Canada, Andrew Scheer.

Au cours des derniers mois, le gouvernement fédéral tente de trouver des solutions à l’épineux problème du retour de ces jeunes djihadistes de nationalité canadienne partis en Syrie combattre avec l’État islamiste au cours des dernières années.

À la suite d’enquêtes très pointues, les agences de sécurité du gouvernement ont identifié une soixantaine de ces Canadiens qui se sont radicalisés. Ils sont maintenant de retour au pays.

Pour la plupart, ce sont des jeunes d’origines musulmanes dans la jeune vingtaine qui n’ont pas réussi à s’intégrer dans notre société. Ils tombent alors sous le charme d’une propagande haineuse diffusée sur les réseaux sociaux où on leur fait miroiter une meilleure vie et où on les invite à participer à la libération d’un peuple victime de l’oppression des Occidentaux.

Devant cet état de fait, les conservateurs et certains médias de droite s’offusquent devant l’approche progressive du gouvernement qui prône davantage l’intégration de ces individus et la prévention de la radicalisation plutôt que leur isolement.

Le discours négatif à l’égard des immigrants – et plus particulièrement des musulmans – ne reflète aucunement la réalité de ces groupes. Pourtant, certains médias – notamment au Québec – laissent croire que notre pays est envahi par des millions de musulmans dont la pratique religieuse n’est que violence, ce qui n’est absolument pas le cas.

Les immigrants musulmans ont pour la plupart choisi le Canada pour son ouverture et son pacifisme. Ils sont généralement des citoyens exemplaires qui s’intègrent dans leur milieu et contribuent au développement de notre pays.

Les conservateurs s’offusqueront devant le fait que la Canada vient d’offrir à Omar Khadr une généreuse compensation parce que le gouvernement Harper n’a rien fait pour le libérer de la prison de Guantanamo, alors qu’Il était mineur. À première vue on peut comprendre la frustration. On doit cependant reconnaître qu’un jeune âgé de 13 ans qui est confié par de mauvais parents a un groupe révolutionnaire doit être considéré davantage comme une victime que comme un criminel.

Bien sûr, il y aura toujours dans nos populations des individus posant de grands risques pour notre sécurité. Mais, de grâce, ne tombons pas dans le piège de ces populistes qui voient un criminel caché derrière chaque immigrant. Ce n’est pas le Canada dans lequel je veux vivre. Continuer votre beau travail, monsieur Trudeau!

JEANNOT VOLPÉ

Ceux et celles qui croient que le président des États-Unis n’est pas apte à diriger devraient regarder plus près de nous celui qui dirige le Canada.

M. Trudeau a d’abord invité tous ceux et celles qui voulaient quitter leurs pays à venir s’installer au Canada. Des milliers d’immigrants ont entendu ce message et ont décidé de traverser illégalement la frontière canadienne aux endroits les plus propices. Les médias nationaux informaient les immigrants des endroits et des moyens de transport à utiliser afin de traverser la frontière. Le système de vérification ne pouvant traiter toutes les demandes engendrées par l’invitation de M. Trudeau, des sites ont été établis afin de les accueillir. L’hébergement et la nourriture payés par les contribuables canadiens ont duré des mois et des années.

Une fois les demandes traitées, plusieurs milliers doivent être retournés dans leurs pays d’origine en raison de leur dossier criminel ou autre. Les coûts de retour et de relocalisation ont atteint jusqu’à 15 000$ par personne. Tout ceci parce qu’un premier ministre, inconscient des résultats de ses paroles, les a incités à éviter les processus réguliers de demandes d’entrée au Canada.

M. Trudeau a ensuite compensé Omar Khadr pour environ 10 millions. Ce jeune homme, né au Canada, avait décidé d’aller rejoindre des terroristes dans son pays d’origine. Il fut accusé d’avoir causé la mort d’un soldat américain et retenu en prison aux États-Unis pendant quelques années. Les médias nationaux canadiens ont favorisé son retour au Canada. Une fois revenu, celui-ci a demandé une compensation au gouvernement canadien pour ne pas avoir défendu adéquatement ses droits de citoyen canadien.

Les soldats canadiens qui ont combattu ce groupe terroriste, dont M. Khadr faisait partie, n’ont pas reçu la même attention des médias ou de M. Trudeau. J’imagine que d’autres membres de groupes terroristes qui reviennent au Canada s’attendent à la même réception. Une bonne poignée de main, un selfie et une compensation financière.

D’ailleurs M. Trudeau a récemment fait une offre à tous ceux et celles qui ont quitté le Canada afin d’aller rejoindre le groupe extrémiste État islamiste. Ce groupe terroriste est responsable d’attaque sur toutes les régions du monde, de meurtres, de viols et d’avoir décapité publiquement des personnes innocentes.

Des Canadiens qui ont rejoint ce groupe ont brûlé le drapeau canadien et leur passeport tellement ils détestaient le Canada. Ce groupe, maintenant réduit et affaibli, se dissout et ses membres tentent un retour dans leur pays d’origine. Justin Trudeau dit vouloir les accueillir avec affection et met en place une équipe pour les aider à se déradicaliser. Ailleurs, ils et elles seront traités comme des criminels de guerre, en étant responsables de plusieurs milliers de morts inutiles.

Alors, est-ce que les actions, la vie de fantaisie débranchée de la réalité et les selfies de M. Trudeau sont pires que les tweets et les actions de M. Trump? Est-il possible d’avoir un juste milieu?