Merci Gabriel

Cette semaine, impossible de passer à côté du texte, l’Acadie au-delà de la survivance, de Gabriel Robichaud (personnellement il est d’autant plus important pour moi que, par un curieux hasard, il m’a permis de retrouver Gabriel virtuellement pour en discuter).

À strictement parler, le texte n’amène rien de nouveau à la réflexion d’un peuple constamment en quête de chemins à emprunter pour s’épanouir, mais il a l’immense qualité de tout mettre sur la table: la Grande Acadie et la petite, l’Acadie de la diaspora et celle des clochers si chers à nos cœurs individualistes, l’historique et la moderne, celle des larmes et celle de l’espoir, la jeune… et la moins jeune.

Ce cri du cœur d’un jeune poète acadien habité d’un amour inconditionnel pour «ce pays imaginaire, que nous avons bien mérité», comme dit l’ami Calixte Duguay, est émouvant. Plus qu’émouvant, en fait, il est inspirant. Il prouve, sans l’ombre d’un doute, que le flambeau de l’Acadie s’est trouvé un nouveau porte-étendard dans une jeunesse éclairée, tolérante et soucieuse de faire son bout de chemin sur ce trajet interminable dont nous avons hérité.

«Comment s’y retrouver?» demande Gabriel, entre un passé douloureux dont on cherche à s’affranchir et un avenir tout aussi périlleux mais, pour des raisons plus insidieuses? Comment chercher l’incarnation plus réelle de cette Acadie au Nouveau-Brunswick, sans négliger les autres, les gens comme moi qui vivent en périphérie ou loin, très loin, de Dieppe-Moncton ou Caraquet? Comment inclure les nouveaux venus, ceux et celles qu’on dit désirer de tous nos vœux sans savoir parfois les accueillir?

Se poser ces questions, Gabriel, comme tu l’as fait, c’est y répondre: tant qu’il y aura des gens pour réfléchir au pays, pour y penser au quotidien, pour le faire avancer, il continuera d’exister, de se développer et, oui, de s’épanouir. L’aptitude à la survivance de nos ancêtres, c’est aujourd’hui notre résilience à nous, ce côté batailleur qui animait autrefois des gens comme Beausoleil Broussard, qui a poussé hier des gens comme moi (et tant d’autres!) à forcer la main des gouvernements de toutes sortes pour gagner les luttes scolaires et qui aujourd’hui pousse notre jeunesse à vouloir élargir son pays.

L’Acadie a de bien beaux jours devant elle.