Le budget préélectoral du gouvernement Gallant

BERNARD THÉRIAULT

La présentation d’un budget provincial est généralement le meilleur moyen de définir la situation financière et économique de la province. Le budget de mardi n’a fait pas exception à la règle.

Il nous dit que la province, pour maintes raisons, ne réussit pas à suivre la tendance canadienne en termes de croissance depuis plusieurs années. Bref, le budget nous apprend ce que nous savons déjà, c’est que le gouvernement n’a jamais après 2008 réussi à s’inscrire dans une stratégie de développement économique cohérente et organisée.

Toutes les stratégies que les différents gouvernements ont tenté de mettre de l’avant au cours des dix dernières années se sont avérées des échecs. Que ce soit la vente d’Énergie Nouveau-Brunswick, le projet d’une deuxième raffinerie, le gaz de schiste, l’oléoduc Trans-Canada, voilà autant de projets qui sont morts avant même d’être devenus réalité.

Rajoutons à cela l’effondrement des prix dans les ressources naturelles et on peut constater qu’il n’est pas facile de gouverner cette province. On a beau se donner des tapes dans le dos, rien ne semble régler la stagnation qui nous assaille en matière de population, d’immigration et de développement économique.

Cependant, après ce portrait assez sombre de notre province, il faut admettre que nous avons vu au cours de la dernière année des signes encourageants et nous devons reconnaître que le gouvernement fait des progrès considérables sur plusieurs pistes.

D’abord, les efforts de réduction budgétaires mis de l’avant par le gouvernement en début de mandat ont porté fruit à un point tel que le déficit zéro était à portée de main et que l’on sent une reprise des activités dans plusieurs secteurs.

Pourquoi donc nos élus n’ont-ils pas profité de cette embellie pour afficher des surplus? La réponse est fort simple: alors que le gouvernement fédéral ne fait que commencer à délier les cordons de la bourse, il serait ridicule pour Fredericton de cesser d’investir en s’imposant des restrictions budgétaires, alors que le fédéral se montre généreux.

Malgré les hauts cris de l’opposition devant le recul du gouvernement dans sa quête du déficit zéro, la ministre Cathy Rodgers nous présente, dans le contexte, le meilleur budget qui soit.

D’abord, il s’occupe de nos jeunes avec un programme de garderies attendu depuis si longtemps. Alors qu’il a déjà engagé des millions de dollars dans l’ajout d’enseignants dans le système scolaire, il s’occupe également des universités. Il vient en aide aux foyers de soins spéciaux en consacrant des fonds pour améliorer le salaire des préposés et offre à la santé une enveloppe budgétaire en hausse de plus de 3%, ce qui permettra à tout le monde de respirer un peu mieux.

Un reproche que l’on faire à ce gouvernement, toutefois, c’est qu’il semble, incapable d’inspirer la communauté culturelle, elle qui est indispensable dans notre quête d’accéder à un meilleur devenir.

Le gouvernement de Brian Gallant prend le risque audacieux que les électeurs néo-brunswickois lui offriront un second mandat. Il prépare ainsi la table pour redonner à notre province la croissance dont elle a désespérément besoin!

Redonnons à nos citoyens des raisons d’être fiers de qui nous sommes. Alors on s’occupera du déficit!

JEANNOT VOLPÉ

Gouverner en respectant toute la population, c’est établir des priorités et faire des choix, et ce, en vivant selon les moyens financiers disponibles. Le quatrième budget de Brian Gallant démontre un manque de respect envers la population en plaçant encore une fois la priorité sur la prochaine élection au lieu de la prochaine génération.

M. Gallant continue d’ignorer les avis d’économistes, de la vérificatrice générale ou des agences de crédit. Il avait prévu un déficit de 191,9 millions $ cette année. Ce déficit a augmenté à 244,9 millions $.

Le 29 janvier, la ministre des Finances a informé que le déficit serait réduit à 102,9 millions $ grâce à un cadeau imprévu de la part du gouvernement fédéral de 102,9 millions $ et à 26,8 millions $ pour des infrastructures municipales qui n’ont pas été dépensées. Où ont été les 53 millions $ qui ont été dépensés et qui n’avaient pas été prévus dans le budget?

Les familles du N.-B. n’ont pas le luxe d’augmenter leurs revenus à volonté en imposant des taxes. Les nouvelles taxes de M. Gallant représentent environ 1 milliard $ ou mille millions de dollars depuis son arrivée au pouvoir et, pourtant, il y a toujours des déficits et la dette continue d’augmenter.

Maintenant, Brian Gallant demande aux partis d’oppositions quels programmes ils couperont s’ils forment le gouvernement en septembre 2018. La question est tellement idiote et ridicule qu’il est difficile de croire que quelqu’un l’utilise. C’est comme si des parents achetaient des voitures et payaient des vacances aux enfants sans leur dire qu’ils seront responsables de l’hypothèque créée par l’argent emprunté pour effectuer ces achats et qu’il faudra réduire le budget de l’épicerie dans deux ans.

M. Gallant, les familles du N.-B. se demandent continuellement ce qu’elles peuvent se permettre avec les revenus disponibles et aussi pourquoi vous ne faites pas la même chose?

Les agences de crédit ont déjà laissé savoir, à la suite du dépôt du budget, qu’un changement négatif de la cote de crédit de la province est possible. Ceci laisse prévoir des coûts d’intérêts plus élevés sur la dette provinciale.

En 1999, la dette était d’environ 7 milliards $ et le coût en intérêt était de plus de 600 millions $. À la suite d’une saine gestion des finances et une réduction des taux d’intérêt, la dette avait diminué en 2006 ainsi que les coûts d’intérêt.

Aujourd’hui, la dette dépasse 14 milliards $ avec le budget déposé mardi. Une augmentation de 1% du taux d’intérêt pourrait faire augmenter le coût des intérêts de 140 millions $, soit plus du budget de plusieurs ministères.

Les emprunts municipaux sont financés par le gouvernement provincial et une augmentation des taux d’intérêt affectera aussi les municipalités.

M. Gallant dit que la population lui demande de dépenser davantage. De mon côté, j’entends la population qui demande que les nouvelles priorités du gouvernement soient financées par une meilleure gestion des sommes déjà disponibles plutôt que de continuer à hypothéquer les prochaines générations.