Damnation: l’enfer sur Terre

Patrice CôtéChroniques

De la prise de la Bastille au mouvement Occupy Wall Street en passant par Le Capital de Karl Marx, la lutte des classes est partie intégrante de l’histoire. Damnation (disponible sur Netflix depuis jeudi), nous propulse dans un sanglant épisode de cet éternel combat, cette fois, dans l’Iowa des années 1930.

Damnation raconte l’histoire fictive de fermiers d’un village qui, sous l’impulsion d’un prédicateur au passé trouble, mettent sur pied un mouvement de contestation afin d’obtenir de meilleurs prix pour leurs produits.

Mais dans le Midwest américain des années 1930, les notions de syndicalisme et de «communisme» sont très mal vues et dérangent. Inquiets pour leurs profits, les banquiers embauchent un agitateur afin de déstabiliser les protestataires.

Le meurtre d’un fermier marquera le début d’une très violente révolution dans laquelle les motifs de certains ne sont pas aussi clairs et nobles qu’ils y paraissent.

Le créateur de Damnation, Tony Tost, nous offre une série qui n’est pas sans rappeler son travail le plus connu, Longmire (2012-17). Damnation porte également dans son ADN des relents de Godless (2017) et de l’excellent Justified (2010-15).

Si Damnation est parvenu à capter mon attention, c’est d’abord et avant tout en raison de ses deux personnages principaux et des nébuleux liens qui les unissent.

Killian Scott est excellent dans le rôle du prédicateur révolutionnaire en quête de rédemption. Mais c’est surtout Logan Marshall-Green qui m’a impressionné. Son interprétation du «cowboy» (l’agitateur) est fantastique en raison de son arrogance et de son mystérieux agenda.

Comme tout bon western, Damnation se démarque par sa cinématographie, surtout dans la composition des paysages. On peut voir une belle recherche artistique dans la plupart des plans.

La série est empreinte de violence. Les morts sont nombreux et le sang coule à flots dans une région et à une époque où les conflits se règlent à coups de Colt et de Smith & Wesson.

Damnation nous offre même une incursion fort intéressante sur une partie méconnue de l’histoire américaine, celle de la Black Legion – cette branche dissidente et armée du Klu Klux Klan qui prenait pour cible tout ce qui n’était pas blanc et protestant.

Bref, après le visionnement des deux premiers épisodes, Damnation promet. J’ignore si la série deviendra un succès populaire ou critique. Mans quand une émission peut, à la fois, vous divertir, vous instruire et vous faire réfléchir, pour moi, c’est une valeur sûre.

Ascension: cap sur les étoiles

La minisérie de science-fiction Ascension était en attente sur mon compte Netflix depuis quelques mois déjà quand, sur un coup de tête, j’ai décidé d’y plonger.

Une décision que je n’ai pas regrettée puisque j’ai regardé les six épisodes en l’espace de trois soirs!

Ascension raconte l’histoire du vaisseau spatial du même nom, parti de la Terre des les années 1960 dans le cadre d’un voyage d’une centaine d’années en direction du système planétaire le plus proche du système solaire, la Proxima du Centaure.

Le vaisseau est habité par 600 humains qui sont principalement des descendants des scientifiques qui faisaient partie de l’équipage original.

L’assassinat d’une jeune femme sera le prétexte pour une faction de l’équipage de tenter de se soulever contre le capitaine.

Ascension aborde des thèmes vraiment intéressants, dont tout ce qui entoure le fonctionnement de cette microsociété basée sur le mérite.

La série mérite d’être vue, si ce n’est que pour la fantastique révélation du deuxième épisode.

Ascension emprunte à d’autres séries de science-fiction populaires, principalement la série culte Battlestar Galactica. On y retrouve aussi des éléments de Fringe.

La jeune Ellie O’Brien vole la vedette dans le rôle d’une enfant qui doute de l’objectif officiel de la mission.

Malgré une fin ouverte, et plutôt décevante, la minisérie n’aura pas de suite.

Anthony Hopkins sur Amazon

Amazon tente de rattraper son retard sur ses concurrents et sa direction n’hésite pas à dépenser pour y parvenir. Autre exemple: l’adaptation de la pièce de théâtre de William Shakespeare, King Lear, avec, dans les rôles titres, deux comédiens oscarisés, Anthony Hopkins et Emma Thompson. La série, produite en collaboration avec la BBC, se déroulera dans une version fictive de l’Angleterre moderne. Hopkins y interprétera le capricieux roi. La série sera d’abord diffusée sur les ondes de la BBC avant de faire le saut chez Amazon à des dates pour le moment inconnues.

… et George Clooney sur Hulu

George Clooney fera un retour à la télévision. Après avoir capté l’attention de Hollywood grâce à son rôle dans la série ER, l’Américain sera, 20 ans plus tard, la tête d’affiche de la série Catch-22, qui sera diffusée sur Hulu. Adaptée d’un roman de Joseph Heller, la série se déroule en Italie, pendant la Seconde Guerre mondiale, et raconte le quotidien d’un bombardier de l’U.S. Air Force qui souhaite rentrer à la maison le plus rapidement possible. Le Hollywood Reporter rapporte que Clooney et les studios Paramount souhaitent tourner Catch-22 sur les lieux même où se déroule le récit. Ils souhaitent également en faire «une histoire universelle». L’oeuvre a été adaptée au cinéma en 1970.

BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS

Amazon Video

  • Absentia (depuis le 2 février)
    Cette série, qui met en vedette la Canadienne Stana Katic (Castle), raconte l’histoire d’une agente du FBI portée disparue puis déclarée morte. Six ans plus tard, elle est retrouvée séquestrée dans un chalet, sans aucun souvenir qui expliquerait son absence.
  • Nouveaux films d’intérêt: The Good, the Bad and the Ugly (depuis le 1er février) et Star Trek 2009 (14 février).

Hulu

  • The Looming Tower (28 février)
    Adapté du roman du même titre, la mini-série de dix épisodes explore la montée au pouvoir d’Oussama Ben Laden et comment un conflit entre la CIA et le FBI a permis aux talibans de frapper sans être importunés le 11 septembre 2001. Avec Jeff Daniel et Peter Sarsgaard, notamment.
  • Nouveaux films d’intérêt: The Hurt Locker (1er février), Sin City (1er février), Next (15 février) et Detroit (23 février).

Netflix

  • The Frankenstein Chronicles – saisons 1 et 2 (20 février)
    Cette série britannique s’est attirée de nombreux éloges en Europe, où deux saisons ont jusqu’ici été diffusées. Il s’agit d’une adaptation très libre du roman de Mary Shelley. Au 19e siècle, un policier enquête sur d’étranges découvertes.
  • Nouveaux films d’intérêt: Apollo 13 (1er février), Moon (1er février), A Most Violent Year (7 février), Django Unchained (15 février), Mama (19 février) et Batman V Superman (26 février)

Le classique du mois

Plusieurs cinéastes ont tenté d’imiter l’ambiance du classique des classiques de la science-fiction, 2001: L’Odyssée de l’espace. Peu s’en sont autant approché que Duncan Jones dans Moon (2009). Sam Rockwell y est brillant dans le rôle d’un ingénieur chargé du bon fonctionnement des équipements d’une colonie minière située sur la lune. À voir pour la réflexion que le film inspire et la fantastique utilisation du huis-clos.

Prochain rendez-vous: le 3 mars