La tête dans le sable

C’était plus fort qu’eux. Les libéraux n’ont pas pu résister à la tentation de distribuer des bonbons à gauche et à droite dans leur dernier budget avant les élections.

Pour y arriver, la ministre des Finances a sorti la carte de crédit et repoussé d’un an le retour prévu à l’équilibre. Sans surprise, c’est ce qui a le plus fait réagir les éditorialistes, l’opposition officielle et les analystes.

Avec quelques jours de recul, je me demande si l’on réalise collectivement que le problème qui nous guette est bien plus grand que ce saupoudrage d’argent à des fins électoralistes.

Parce qu’il ne faut tout de même pas oublier que l’on a déjà une dette publique de près de 15 milliards $ (sans compter celle d’Énergie NB, qui se chiffre à près de 5 milliards). Une couple de centaines de millions de dollars de plus ne vont pas tout faire basculer.

Ce qui m’inquiète davantage, c’est le peu d’attention accordé par nos élus au tsunami démographique qui fonce vers le Nouveau-Brunswick.

Comme l’a argumenté en long et en large l’économiste Richard Saillant dans ses deux livres récents (que nos élus devraient prendre le temps de lire attentivement afin de cesser de les citer tout croche et hors contexte), on va être dans la chnoute en raison du vieillissement de la population… à moins que Fredericton fasse ses devoirs et qu’Ottawa revoit la péréquation.

Si rien ne change, on va se retrouver avec un party mix composé de déficits astronomiques, de réductions de services draconiennes et de hausses de taxes salées. Rien de très appétissant, mettons.

En gardant ça en tête, je regarde le budget déposé par Cathy Rogers et je me demande si le gouvernement saisit réellement que ce qui se pointe à l’horizon est terrifiant et que l’on vit en ce moment nos dernières heures de répit.

Parce que la situation actuelle des finances publiques est de la petite bière comparée à celle qui s’annonce. On n’a rien vu encore.