Pétards mouillés et crapets-soleils

Encore un gros pétard mouillé.

En fait, le pétard était encore plus gros et plus mouillé cette année que par le passé.

Autant en terme de nombre que de qualité, la dernière période des transactions de la LNH a laissé tous les amateurs de hockey sur leur appétit.

Encore une fois.

Les 16 petites transactions représentent le plus bas total depuis plus d’une décennie.

Et si on parle de qualité, on ne peut réellement mentionner que trois échanges d’importance, si on considère bien sûr que Rick Nash, Ryan McDonagh et Evander Kane sont des joueurs d’impact.

On s’est échangé beaucoup de «trente sous pour une piastre» et plein de «joueurs de location.»

Plus que jamais, la plupart des directeurs gérant ont pensé à court terme, à sauver leur peau.

Plusieurs ont appuyé sur la gâchette seulement pour faire plaisir à leur patron et donner un petit quelque chose à se mettre sous la dent à leurs partisans et aux journalistes qui couvrent leur équipe.

Si on prend l’exemple du Canadien, le troc de Tomas Plekanec a occupé du précieux temps d’antenne pendant toute la journée sur tous les réseaux québécois, comme si on venait d’échanger Maurice Richard.

C’est vrai que pour meubler 12 heures consécutives de temps d’antenne avec une seule transaction digne de ce nom (non, Joe Morrow n’est pas un joueur d’impact, pas plus que Mike Reilly), ce n’est pas du tout évident.

Ça, c’est l’autre partie du pétard mouillé.

Comment les différents réseaux peuvent-ils justifier une couverture aussi monstrueuse pour un spectacle qui déçoit année après année?

La réponse est simple.

On nous promet une véritable guerre nucléaire uniquement pour attirer des téléspectateurs et faire concurrence aux médias sociaux (vous connaissez le terme clickbait).

Dans cette ère de l’information rapide et jetable, il est crucial pour tous ces «experts» de sortir la nouvelle quelques secondes avant la concurrence et de prédire la fin du monde.

Les différents réseaux placent donc des gros vers bien juteux (Erik Karlsson, Tyson Barrie, Max Pacioretty, Bobby Ryan, Matt Zucharello ou Mike Green) au bout de l’hameçon pour faire mordre des amateurs à la recherche de sensations fortes et laisser miroiter une journée complètement folle.

Mais comme c’est le cas depuis plusieurs années, le pêcheur rentre à la maison avec quelques crapets-soleils dans son sac et le sentiment d’avoir perdu une journée de sa vie.

La réalité, c’est que toutes les équipes qui devaient bouger ont bougé.

Mais personne n’a fait sauter la banque.

Que ce soit Tampa Bay (Ryan MacDonagh), Colombus (Thomas Vanek), Winnipeg (Paul Stastny), San Jose (Evander Kane), Boston (Rick Nash), Vegas (Thomas Tatar) ou Pittsburgh (Derrick Brassard), toutes les équipes de tête ont transigé.

Mais il n’y a pas de grands gagnants ou de grands perdants.

Juste des équipes qui ont essayé de combler des besoins spécifiques à court terme à une époque où les salaires démesurés des joueurs rendent les transactions de plus en plus complexes et périlleuses.

À l’année prochaine!