Aucune raison de s’ennuyer de la Ligue américaine à Moncton

Les amateurs de hockey du Sud-Est ont eu droit à un petit retour dans le passé samedi soir, alors que les joueurs des Wildcats ont sauté sur la patinoire dans l’uniforme des défunts Hawks de Moncton.

Les souvenirs étaient plaisants pour les uns, mais plutôt sombres pour d’autres.

Il faut se rappeler que le départ de la Ligue américaine et la naissance des Alpines (les ancêtres des Wildcats) ont été très pénibles pour beaucoup de monde.

On peut d’ailleurs dire que l’accouchement des Wildcats s’est fait dans la douleur.

À l’époque, le conseil municipal majoritairement anglophone ne voulait pas du tout abandonner le hockey professionnel.

Les élus voulaient encore moins d’une ligue de hockey qui venait du Kwébèque.

Tout se passait en anglais au conseil et le simple fait d’avoir du français au Colisée en faisait frissonner plusieurs

En fait, le seul conseiller francophone, Yvon Goguen, a dû attendre jusqu’à la fin des années 1990 pour finalement présenter une première motion en français.

C’est vous dire.

Les Hawks avaient donc pas mal d’appuis dans les hautes sphères de l’administration municipale.

Pourtant, le spectacle offert sur la glace n’était pas toujours d’une très grande qualité, particulièrement durant les années qui ont précédé leur départ en 1994.

On parle ici d’une organisation (le club-école des Jets de Winnipeg) qui ne regorgeait pas exactement de joueurs vedettes.

À moins que vous considériez Kris Draper ou Andy Brickley comme des joueurs de premier plan.

La trappe et le hockey défensif avaient fait leur apparition en 1995, alors que les Devils du New Jersey de Jacques Lemaire ont presque détruit le hockey.

Ce style de jeu hermétique et systématique a évidemment percolé jusque dans la Ligue américaine.

Imaginez donc un style de jeu endormant et ennuyant au possible, joué par des patineurs de deuxième ordre, pas assez bons pour la LNH.

Voilà ce que la plus récente version des Hawks de Moncton offrait à ses partisans avant que la LHJMQ n’arrive à Moncton comme une bouffée d’air frais.

C’est vrai que les Hawks du Nouveau-Brunswick et les Golden Flames ont connu des bons moments à leur époque.

Mais tout ça est déjà bien loin.

Et il faut bien avouer que le hockey junior nous présente du hockey de haut niveau, y compris dans les années de vache maigre.

Et même si les pauvres Alpines ont failli tout gâcher collectivement en 1996, les partisans de l’équipe ont pu apprécier le travail d”athlètes comme Pierre Dagenais (qui allait évoluer par la suite avec les Canadiens de Montréal), Sébastien Roger ou David-Alexandre Beauregard, un joueur qui a réussi à marquer 34 buts (en 1995-1996) avec un seul oeil.

Il y avait aussi un certain Martin Latulippe qui était pas pire…

Ce sont tous ces souvenirs qui sont revenus en tête des amateurs de hockey samedi soir.

Mais si tous ont apprécié le fait de voir les Wildcats porter les gilets bleus des Hawks pour le match contre le Titan, personne ne semblait s’ennuyer trop trop de la Ligue américaine de hockey.

Le message semblait plutôt: Merci d’être revenu nous voir, mais on va garder les Wildcats si ça ne vous dérange pas!