La légalisation du cannabis et la protection de la vie privée

BERNARD THÉRIAULT

Même si je suis généralement favorable à la légalisation de la consommation et de la vente du cannabis annoncée par le gouvernement fédéral, je commence à être fatigué d’en entendre parler.

Depuis deux ans, cette question fait régulièrement la une de nos médias d’informations et il est de mon opinion qu’on accorde trop d’attention à tout ce qui touche à cet important changement.

La vente publique aura le mérite de mettre un peu plus de transparence devant l’utilisation de ces drogues qui sont plus nocives que bénéfiques. On pourra contrôler la qualité de ces produits et l’âge à laquelle on pourra y avoir accès.

Pour le reste, soyons réalistes et admettons que la Terre n’arrêtera pas de tourner et la consommation de substances nocives sera toujours un gros problème. Quant aux gouvernements, on les voit déjà saliver à l’idée que les coffres de l’État pourraient se voir remplis par cette nouvelle source de revenu.

Sur ce point, la prudence est de mise, car on voit déjà les municipalités demander leur part alors que l’on connaît mal ou pas du tout leur niveau de responsabilité dans ces dossiers.

Le débat sur la légalisation du cannabis s’est étendu cette semaine sur un nouveau sujet, soit celui de la nécessité d’examens aléatoires pour des gens dont la consommation de cannabis pourrait avoir un effet sur leur travail.

Les exemples cités touchaient les conducteurs de train, les chauffeurs de camions, les conducteurs d’autobus et quiconque pourrait mettre la vie des autres en danger si ils ou elles sont sous l’influence de la marijuana.

Déjà, on entendait après ce débat la droite morale et politique s’inscrire en faux devant le danger à l’effet que les autorités abusent de leur pouvoir en s’ingérant dans la vie privée des gens et en exigeant des tests pour s’assurer qu’ils exécutent leur travail au sommet de leurs capacités.

Pour ma part, la ligne est très claire: le droit a ma vie privée s’arrête quand le bien de la communauté est à risque. Si la vie de nos enfants ou de la population en général est menacée par des comportements dangereux, je trouve tout à fait acceptable que l’on mesure aléatoirement la condition de ces personnes.

Ceci ne représente d’aucune façon un manque à la protection de la vie privée, mais s’inscrit plutôt dans le gros bon sens d’une société qui se veut à la fois permissive et sévère.

En tout temps, le gros bon sens doit passer avant les valeurs morales. C’est bien dommage, mais si l’on vit en société, nous n’avons d’autre choix que d’imposer des règles précises pour protéger la vie des citoyens. Soyons raisonnables et acceptons les contraintes d’une société de droit qui nous en offre beaucoup plus qu’elle ne nous en impose.

Trop de principes et pas assez de sens commun ont conduit nos voisins du Sud à élire un gars comme Donald Trump. Soyons certains de ne pas en arriver là!

JEANNOT VOLPÉ

Comment le droit à la vie privée et le droit à un transport public sécuritaire vont-ils coexister avec la légalisation de la marijuana? Actuellement, il faut avoir de bonnes raisons de soupçonner une consommation de drogue pour faire des tests de dépistage aléatoires et respecter la vie privée. Il est aujourd’hui plus facile aux États-Unis qu’au Canada de pouvoir faire des tests de dépistage de drogues qui peuvent affecter la concentration au travail.

La loi actuelle au Canada ne permet pas de tester les employés à moins d’être capable de prouver que l’employé démontre des signes qu’il est sous l’influence de la drogue.

Donc, attendez qu’il y ait un accident qui met la vie du public en danger avant d’enfreindre le droit de refus de l’employé sous la protection de la vie privée. Selon une enquête récente, environ 71% des entreprises canadiennes ne sont pas prêtes pour les effets de la légalisation de la marijuana.

Depuis la légalisation de la marijuana au Colorado, les résultats positifs de dépistage chez les employés ont augmenté de 11%.

Les ingrédients actifs de la marijuana peuvent demeurer dans le système humain jusqu’à 28 jours. Est-ce que la protection de la vie privée au Canada va permettre des tests de dépistage chez les pilotes d’avions, les chauffeurs d’autobus ou de train? Pas la loi actuelle, selon des juristes canadiens. Il semble que le fédéral ne veut pas s’impliquer et croit que les mesures actuelles sont suffisantes.

Selon moi, il est primordial pour les utilisateurs de transports publics de savoir si les personnes responsables pour les conduire à destination sont aptes au travail. Toutefois, le fédéral laisse aux entreprises la responsabilité de défendre en cour le besoin de faire des tests de dépistage alors que les employés peuvent refuser en invoquant le droit à la vie privée.

Justin Trudeau a lui-même admis publiquement avoir consommé de la marijuana, non seulement lorsqu’il était un simple citoyen mais aussi lorsqu’il détenait un poste d’autorité de haut niveau.

Dernièrement il a dit publiquement que le Canada venait de célébrer son 100e anniversaire de fondation. Pourtant, la population canadienne a été invitée l’an dernier à célébrer le 150e anniversaire de fondation du Canada. Est-ce que M Trudeau avait consommé quelque chose?

Aussi, son entrevue récente sur les effets de la douane des États-Unis sur l’acier et l’aluminium? Son message sur Global News était ridicule et gênant pour le Canada.

«Nous importons davantage d’acier des États-Unis que ce qu’ils exportent… Aeum… Aeum… Nous importons… Aeum… Aeum… Excusez-moi… Nous avons un surplus significatif d’échanges… Aeum… Aeum… Les Américains ont un surplus significatif d’acier qui signifie que nous achetons d’eux et qu’ils achètent de nous.»

Bref, M. Trudeau ne faisait aucun sens en disant que nous importons davantage d’acier des États-Unis que ce qu’ils exportent au Canada.

Tout cela, et plus, devient gênant et risqué d’avoir un pareil Ti-coune pour représenter notre pays surtout devant les mesures protectionnistes des États-Unis.