Un creux de vague?

Pendant mon absence (bien involontaire, soyez-en assurés), j’ai pu prendre un peu de recul sur ce qui se passe dans notre merveilleux monde du sport. De voir la forêt plutôt que l’arbre qui la cache, comme on dit. Et constater à quel point le Nouveau-Brunswick vit actuellement un creux de vague dans la formation d’athlètes élites en sport d’hiver.

Notre représentation au sein des équipes canadiennes olympiques et paralympiques fait sérieusement pitié. À l’exception de Serge Bayo LeBlanc, qui a été préposé à l’équipement de l’équipe féminine de hockey gagnante de la médaille d’argent, ce fut le néant.

Le noir total.

Tellement qu’il a fallu se rabattre sur Ted-Jan Bloemen, un patineur de vitesse sur longue piste de l’Alberta originaire des Pays-Bas dont le père est né à Bathurst, afin d’avoir un peu de fierté «locale» à Pyeongchang, en Corée du Sud.

C’est plutôt mince, vous l’admettrez.

Bien entendu, il ne faut pas s’attendre à ce que le Nouveau-Brunswick – à l’instar des autres provinces de l’Atlantique – fournisse énormément d’athlètes au sein des délégations canadiennes; nous demeurons dans une petite province aux ressources humaines et physiques limitées.

Mais de là à être exclue, il y a de quoi se poser de sérieuses questions.

Qu’est-ce qui ne fonctionne pas? Est-ce uniquement en raison d’un manque de financement? Est-ce parce que nos structures sont trop faibles? Réussissons-nous à générer assez de participation? Nos meilleurs éléments ont-ils ce qu’il faut à portée de main afin de s’imposer sur la scène nationale et internationale?

Quinze ans après la tenue des Jeux d’hiver du Canada Bathurst-Campbellton, peut-on dire sans se tromper que le sport d’élite au Nouveau-Brunswick a pu en retirer des dividendes importants?

Devrions-nous nous asseoir autour d’une table et discuter du comment du pourquoi? Il y a assurément là matière à réflexion et à une profonde remise en question.

Ce creux de vague est, espérons-le, passager. Dès 2022 à Pékin, nous pourrions voir quelques représentants de chez nous vivre leur première expérience olympique.

On n’a qu’à penser à Courtney Sarault, de Moncton, qui vient de remporter trois médailles aux récents Mondiaux juniors de patinage de vitesse sur courte piste.

Ou encore Marlène Boissonnault, cette gardienne de but du Restigouche qui cogne à la porte de la formation nationale féminine de hockey.

Peut-être même Sean Couturier, de Bathurst, qui pourrait se faufiler au sein de la formation masculine de hockey… si jamais la LNH accepte de nouveau de laisser ses joueurs participer aux Jeux olympiques.

Qui sait?

Certes, la pente est abrupte, mais pas infranchissable. Mais pour y arriver, il faut changer les choses parce qu’actuellement, ce n’est pas «les gros chars», comment le disait mon grand-père.