Autonomie affective

Mélanie CôtéChroniques

«L’amour n’est ni dépendance, ni possessivité, ni convenance, ni négation de soi ou de l’autre» − Pierre Rabhi

J’ai l’habitude de dire que la meilleure façon de poser les fondations de sa propre vie est de développer un amour de soi robuste, bien construit. Cet amour comprend la connaissance de soi, l’acceptation de soi ainsi que le respect de soi. Des fondations bien établies nous servent de tremplin pour être qui nous voulons être, pour faire ce que nous choisissons de faire et pour aimer les autres avec générosité.

Le frigo

J’ai une sage enseignante, Odette Pelletier, qui fait une analogie à ce sujet. Elle raconte que chacun de nous possède un «frigo» qui contient de la «nourriture émotionnelle», servant à combler notre faim affective. Il n’y a donc ni yogourt, ni laitue dans ce frigo. Il n’y a que reconnaissance, tendresse, appréciation, sécurité, validation, présence et ainsi de suite: bref, de l’amour sous diverses formes.

Partant de ce fait, j’ai compris que si je m’aime et je m’accepte tel que je suis, j’aurai un frigo bien comblé. Lorsque j’aurai besoin d’amour dans ma vie – ce qui est fréquent – je n’aurai qu’à ouvrir mon frigo (émotionnel) et me nourrir. Cela me rassasiera.

En revanche, si je me dénigre, mon frigo sera dégarni: mes carences affectives se feront alors sentir. Voilà une expérience désagréable et souffrante – c’est le moins que je puisse dire.

Que faisons-nous avec nos carences affectives? Vainement, nous tentons d’aller piquer dans le frigo d’un autre (tel qu’un copain ou une copine), c’est-à-dire, nous cherchons à recevoir l’amour de l’autre. Lorsque l’autre ne réussit pas à combler notre besoin affectif, nous sommes déçus. Ou nous sommes jaloux ou jalouses. Ou nous nous sentons vides. Ou?

En règle générale, nous ne recevons pas l’amour de l’autre de la forme que nous aurions souhaité. Odette illustre que c’est comme recevoir un «muffin» lorsque nous aurions souhaité un «beigne». Nous restons sur notre faim. Encore, nous pouvons nous retrouver frustrés, confus, tristes.

Miam! Un bon beigne…

Le but est d’arriver à remplir notre frigo suffisamment de sorte que nous ne soyons pas désespérés, cherchant sans relâche à recevoir l’affection des autres. Cette dépendance affective, cette instabilité émotionnelle, cette quête d’être aimé par l’autre, entraîne beaucoup de souffrance. Certes, il est bon de recevoir de l’amour des autres. À vrai dire, il est merveilleux d’en recevoir des autres. Or, cet amour devrait être considéré comme un supplément ou une prime.

Il faut d’abord identifier nos besoins affectifs et ensuite tenter de les combler pour nous sentir plus autonomes à ce niveau. Ce n’est qu’alors que nous pourrons nous concentrer sur aimer, tout simplement.

Bourrons notre frigo!

J’invite respectueusement vos partages et questions.

Défi de la semaine

Identifiez ce dont vous avez réellement besoin au niveau affectif et tentez de vous le fournir.

Par exemple, si vous ressentez le besoin d’être écouté, commencez par vous écouter.

Écoutez ce que vos pensées, vos émotions, votre corps ou votre âme cherchent à vous révéler.