La candidature de Robert Gauvin aux prochaines élections provinciales

BERNARD THÉRIAULT

L’annonce de la candidature de Robert Gauvin à l’investiture conservatrice dans la circonscription de Shippagan-Lamèque-Miscou représente à première vue un grand coup pour les conservateurs, qui sont en panne de candidats dans plusieurs circonscriptions du Nord.

Cependant, si l’on observe de plus près la situation, on est en droit de se poser quelques questions. Il a d’abord manqué une formidable occasion de s’inscrire dans la lignée des politiciens de la trempe de son père, le regretté Jean Gauvin, quand il a déclaré cette semaine qu’il se sentait tout à fait confortable de travailler sous la gouverne de Blaine Higgs, cet ancien candidat à la chefferie du COR .

Cette profession de foi envers celui qui n’a démontré aucun intérêt à la question acadienne depuis son élection est loin de la force de caractère dont son père Jean a fait preuve en 1994 envers son chef, Dennis Cochrane.

Rappelons les faits. Alors que le COR forme l’opposition officielle en Chambre, les conservateurs siègent avec seulement trois députés. Une fronde dans le parti COR incite Cochrane à tenter d’attirer chez les conservateurs quelques députés du COR en espérant devenir l’opposition officielle. Jean Gauvin s’oppose et, dans un discours historique en chambre, dénonce son chef, quitte le caucus et force Cochrane à démissionner.

Le deuxième problème avec la candidature de Gauvin, c’est le fait que le comédien-acteur n’habite pas la région depuis plus de 20 ans. Il a beau dire qu’il a rencontré plus de gens de Shippagan au pays de la Sagouine que s’il était demeuré dans la Péninsule, personne n’achète cette bouillie. Pourquoi ne se présente-t-il pas à Moncton, là où les conservateurs sont faibles en termes de nombre de candidats francophones? Bien sûr, il va nous promettre de déménager. Quel courage!

Ma petite enquête m’indique également que la candidature de Robert Gauvin s’inscrit dans une guéguerre de clans chez les conservateurs de la circonscription. Paul Robichaud et son entourage ont gardé jusqu’à récemment l’espoir que celui-ci pourrait se représenter, ce à quoi des jeunes faucons du parti s’opposent. Ceux-ci ont finalement convaincu Gauvin d’embarquer, ne laissant aucune chance à Paul Robichaud, loin de faire le poids devant le nouveau candidat. Dès lors, Robichaud démissionne de son poste au Parti conservateur pour se réfugier chez ses amis crabiers qui lui ont offert un emploi. Que va-t-il faire? Compter les baleines? Pas de trou noir pour Paul Robichaud! Si les conservateurs sont fiers de leur prise, la partie n’est pas encore gagnée pour autant dans la circonscription. Le député sortant, Wilfred Rousselle, a fait du bon travail dans la circonscription et ne s’en laissera pas imposer par le candidat de Moncton. De plus, les bleus n’ont pas encore annoncé de candidats dans presque toutes les circonscriptions du Nord, alors que les militants reconnaissent eux-mêmes qu’ils n’ont aucune motivation à travailler pour un parti dirigé par un ancien choriste. Je conseille a Robert Gauvin de surveiller de près le député de Miramichi Sud-Ouest, Jake Stewart, qui continue dans ses réunions publiques de s’opposer à la dualité et au bilinguisme. Savez-vous vraiment avec qui vous allez faire équipe, monsieur le candidat de Moncton?

JEANNOT VOLPÉ

Depuis quelques mois, il semble se créer une vague de fond politique qui pourrait très bien faire perdre pied à des ministres et députés libéraux provinciaux.

Est-ce que cette vague de mécontentement est due au manque flagrant de jugement et de leadership démontré par Justin Trudeau et par le premier ministre libéral Brian Gallant, ainsi que de leurs prises de position irréfléchies qui affectent notre économie? Le fait que Brian Gallant ait mis trop de temps à se débarrasser de ses ministres politicailleux ne lui a certainement pas aidé à bâtir sa crédibilité. Quoi qu’il en soit, il s’effectue un retour à la réalité après le tsunami libéral de 2015. Le mouvement de mécontentement et de déception ouvre toute grande la porte aux autres partis politiques afin qu’ils se manifestent et offrent des solutions de rechange.

Cette semaine, Robert Gauvin, fils de Jean Gauvin, député et ministre dans le gouvernement de Richard Hatfield, a annoncé son intention de vouloir représenter le parti progressiste-conservateur pour la prochaine élection provinciale.

Ceci envoie certainement une douche froide aux libéraux qui tentent de promouvoir leur message à l’effet que le chef du PC, Blaine Higgs, n’a pas de représentation francophone adéquate. Robert Gauvin a d’ailleurs répondu à cet argument libéral en disant qu’à l’époque où son père a été député et ministre provincial, la province était dirigée par Richard Hatfield, un anglophone qui a gouverné la province pendant 17 ans.

Même Louis Robichaud a mentionné à plusieurs reprises que ce qu’il avait entamé pour faire valoir les droits des francophones ne se serait jamais concrétisé sans Richard Hatfield, un unilingue anglophone.

La population de l’époque avait compris que l’aspect de la langue est important, mais que le respect envers la population est encore plus important. Robert Gauvin a vécu et comprend ce que représente la vie politique et l’importance d’écouter, mais aussi que de pouvoir faire le lien entre la bureaucratie et la population est primordial!

Reste maintenant à l’organisation locale de voir s’il y a d’autres candidats ou candidates intéressés. Paul Robichaud a-t-il démontré de l’intérêt à revenir ou est-ce que son équipe sera prête à se rallier à Robert Gauvin? Une telle équipe serait certainement à craindre et tout un défi pour les libéraux.

Ce momentum progressiste-conservateur des derniers mois continue d’ailleurs d’attirer l’attention de personnes qui, jusqu’ici, n’avaient pas encore considéré vouloir se présenter. Est-ce que ces mouvements d’intérêt sont le commencement du prochain tsunami qui fera perdre pied aux libéraux?

L’inquiétude de certaines régions du N.-B. craignant que le chef du PC, Blaine Higgs, ne concentre ses efforts seulement à quelques endroits semble se dissiper au fur et à mesure que les élections approchent.

La population réalise que le risque de garder Brian Gallant pour un autre mandat est beaucoup plus grand pour la province que de faire confiance à une personne mature et qui a le potentiel de remettre la province sur la bonne route.