Ces succès qui énergisent

Au hockey plus que dans tout autre sport d’équipe, gagner fait foi de tout.

La victoire apporte l’intérêt, rassure, crée l’enthousiasme, injecte une confiance incroyable dans une communauté et des partisans qui ne demandent qu’à se nourrir de cette belle énergie.

La défaite amène le négatif, les excuses, le questionnement, la confrontation et, au bout de cette ligne noire, le congédiement. Parlez-en en Roger Shannon, limogé cette semaine de son poste de directeur des opérations hockey des Wildcats…

Nous en avons de nombreux exemples actuellement.

Le cheminement en séries du Titan d’Acadie-Bathurst, en demi-finale de la LHJMQ, et du Blizzard d’Edmundston, en finale de la Ligue de hockey junior des Maritimes, provoque un engouement incroyable dans le nord de la province.

Ces équipes jouent devant des salles combles au Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst et au Centre Jean-Daigle d’Edmundston. Elles peuvent aspirer légitimement aux grands honneurs. Ce que nous leur souhaitons, d’ailleurs.

Les joueurs sont accueillis en héros. Les amateurs font la file pendant des heures – et acceptent même de passer la nuit dans un inconfortable corridor d’aréna – pour se procurer des billets afin d’assister aux prochains exploits (en personne ou sur un écran géant) de leurs favoris locaux.

Dans la Ligue nationale de hockey, on se surprend à suivre avec assiduité la route des Golden Knights de Vegas. Alors que tout le monde pensait que la formation dirigée par Gerard Gallant allait finir par casser, elle vient de balayer les Kings de Los Angeles au premier tour éliminatoire. Du jamais vu pour une équipe d’expansion.

C’est beau à voir. Et ça fait du bien.

Malheureusement, de l’autre côté du balancier, nous constatons à quel point le Canadien de Montréal et son organisation ne savent plus trop où donner de la tête. Le propriétaire Geoff Molson et le directeur général Marc Bergevin ont tenté très maladroitement de nous convaincre qu’une mauvaise attitude a miné ce club qui a terminé au 28e rang au classement général.

Pourtant, la réalité est tout autre.

Le Canadien a manqué cruellement de talent, avec l’une des pires défensives du circuit et une attaque si timide qu’elle a été blanchie pas moins de 10 fois sur la route pendant la saison.

Il a aussi raté le virage vers la nouvelle LNH, axée sur la jeunesse et la vitesse. Pourtant, des équipes aux gestions de dinosaure telles les Bruins de Boston et les Maple Leafs de Toronto ont compris et connaissent aujourd’hui des succès pleinement mérités.

Il faudra aussi que le Canadien et les médias qui l’entourent arrêtent de vivre dans le passé. La LNH d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec ce qui se jouait il y a 25 ans, tout comme le hockey des années 1990 n’avait rien à voir avec celui des années 1960.

Pourtant, on ne cesse de nous rabâcher la nécessité de la présence des anciens dans l’entourage, tellement la nostalgie fait partie de l’ADN de ce club centenaire. Sans oublier, évidemment, le 25e anniversaire de la dernière coupe Stanley remportée à Montréal. C’est comme si une compagnie de téléphone faisait continuellement la promotion de son vieil appareil à roulettes.

À ce que je sache, les Golden Knights n’ont aucun passé, mais sont pourtant en voie de se positionner pour être un exemple à suivre dans le circuit Bettman.

Tout ça pour dire que le Titan et le Blizzard nous font le plus grand bien. Espérons que ça va continuer.