Demain, 4e dimanche de Pâques. Celui qu’on appelle aussi le dimanche du Bon pasteur. Dans l’Église catholique, c’est un jour pour méditer sur le Bon Pasteur et pour prier afin que des  jeunes acceptent de configurer leur vie à cette figure pastorale.

Le visage de l’Église change partout à travers le monde. Les passages à faire ne sont pas toujours dramatiques, quoiqu’ils exigent de notre part une dose d’espérance et d’adaptation. Parmi les nouveaux traits de l’Église, il y a la diminution de la pratique religieuse liturgique, le souci d’une collaboration avec les organismes, la présence de convertis et de catéchumènes. Il y a aussi le clergé qui change.

Au Nouveau-Brunswick, la venue de prêtres de l’extérieur n’est plus une réalité à envisager pour l’avenir. C’est déjà une réalité pour plusieurs communautés chrétiennes. Au diocèse d’Edmundston, le Père Richard Crépin fait un travail remarquable depuis plusieurs années déjà à Saint-Quentin et à Saint-Martin-de-Restigouche. À Moncton, la grande région de Rogersville travaille avec leur pasteur Père Wislais Simervil et d’autres prêtres d’ailleurs œuvrent dans la région de Moncton (en pastorale hospitalière, universitaire et paroissiale).

Le diocèse de Saint-Jean accueille aussi des prêtres d’ailleurs. Notamment de la communauté des ‘fils de Marie, mère de Miséricorde’. Ces prêtres sont aussi présents depuis peu au diocèse de Bathurst. Pères Vitus et Damian sillonnent la côte de la baie des Chaleurs, de Belledune jusqu’à l’embouchure de la Restigouche, à la rencontre des fidèles. Et dans sa lettre pastorale pascale, Mgr Jodoin annonce la venue d’autres prêtres qui viendront prêter main-forte au clergé diocésain.

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Chacun est interpellé par cette nouvelle situation. Il y a d’abord la communauté dans son ensemble. Plusieurs observateurs de la société acadienne disent que notre avenir repose aussi sur l’accueil des autres. L’immigration est une nécessité. Parmi ces autres que nous accueillons, il doit aussi y avoir des gens appelés à jouer un rôle de leadership dans nos communautés. Les immigrants ne doivent pas seulement être bénéficiaires de nos services, mais dispensateurs de services.

Les chrétiens sont interpellés par ce nouveau chapitre dans l’histoire de l’Église. Pour plusieurs raisons, ils doivent favoriser l’écriture d’une nouvelle page de vie. Dans l’Église, toute vocation est un don de Dieu. C’est ainsi que chacun de ces prêtres doit être accueilli. Chaque don, lorsqu’il est accueilli, apporte joie et permet d’avancer.

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Avant d’arriver ici, ces hommes ont dû quitter leur famille et leur pays. Ils arrivent souvent avec le désir de prendre racine chez-nous et d’avoir «l’odeur de leurs brebis», selon la belle expression du pape François. Ils veulent se faire proches des autres pour que leurs inquiétudes deviennent les leurs, que leurs joies les réjouissent, que leurs malheurs les fassent souffrir. Ils veulent se rapprocher de nous. Et nous devons faire notre bout de chemin pour aller vers eux.

Pour moi, un prêtre diocésain est lié intimement à un peuple, mais aussi à un territoire. Cela lui confère son identité et lui donne des caractéristiques particulières. Dans nos communautés de bord de mer, le prêtre a une personnalité pastorale qui lui est propre. Un prêtre de la côte exerce une pastorale unique de par sa proximité avec les siens qui le fait marcher côte à côte avec eux. Par son travail, parfois ardu et laborieux, mais surtout source de joie profonde, il se laisse polir par les vagues pour devenir une pierre lisse sur laquelle plusieurs peuvent se reposer.

Pour que ces nouveaux pasteurs puissent prendre les caractéristiques de notre Église, nous sommes invités à leur faire connaître nos beautés naturelles, à les accompagner sur nos quais et dans nos sentiers. Nous sommes invités à faire d’eux des compagnons de nos tables. Ils prendront l’odeur du sel marin et des épices de nos cuisines si nous leur en donnons la chance. Et nous deviendrons les heureux bénéficiaires de cette inculturation.

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Demain, c’est une journée de prière pour les vocations. Prions. Pour que nous soyons accueillants face aux vocations suscitées par Dieu dans son Église. Pour que l’Église soit ouverte aux signes de l’Esprit dans le choix de ses pasteurs. Mais aussi pour que des jeunes d’ici entendent l’appel à servir dans un ministère ordonné.

C’est inquiétant de constater qu’une Église ne peut plus se donner les pasteurs dont elle a besoin. Les vocations venant de l’étranger doivent être un renfort pour le clergé local.

Or, si la tendance se maintient, le contraire risque d’arriver. Chacun est interpellé par cette situation pour éveiller les dons de Dieu qui sommeillent parfois dans certaines terres.