Il y a des histoires qui méritent d’être racontées. Celle de Caroline Found fait certainement partie du lot. Il est toutefois désolant de voir que dans La saison miracle, le mandat d’honorer la mémoire de cette jeune femme a été donné à un cinéaste adepte du convenu et totalement allergique à l’innovation.

Caroline Found était une adolescente de l’Iowa, capitaine de l’équipe de volleyball des Trojans de l’école secondaire West High.

Pétillante, positive, énergique et rassembleuse, Caroline (Danika Yarosh) était le coeur et la joueuse étoile de cette équipe championne de l’État en 2010.

Après une fête organisée pour souligner le début de la saison 2011, Caroline perd la vie dans un accident.

Convaincue que le volleyball a le pouvoir de guérir l’immense chagrin de ses joueuses, l’entraîneure Kathy Bresnahan (Helen Hunt) ramène rapidement son équipe sur le terrain.

Les premiers résultats sont loin d’être probants. Les Trojans sont en deuil et ne sont pas la même équipe sans leur douée passeuse.

Bresnahan se tourne donc vers la meilleure amie de Caroline, Kelly (Erin Moriarty) – une joueuse au talent limité – pour rassembler sa troupe. Petit à petit, les Trojans recommencent à gagner. Mais le souvenir de Caroline suffira-t-il à Kelly et à ses coéquipières pour défendre leur titre?

Sentimentaliste et convenu

Dès la première scène du film, le réalisateur Sean McNamara (Soul Surfer) met la table pour ce qui sera un film sirupeux et convenu.

Des paysages idylliques, de la musique inutilement dramatique et une narration pompeuse: pas de doute, La saison miracle sera un film du calibre de ceux qu’on peut voir à la télévision le samedi après-midi.

Le reste de l’oeuvre est du même acabit.

Si l’histoire de Caroline Found est très inspirante, la façon dont elle est racontée manque cruellement d’originalité.

Si vous avez vu deux ou trois films de sports dans votre vie, vous auriez probablement pu écrire le scénario de La saison miracle.

À peu près tout du film a été emprunté à d’autres oeuvres. On a par exemple droit à la scène de l’entraîneur tortionnaire (Miracle), à l’équipe sous-estimée au destin presque céleste (Friday Night Lights), à la mort comme source d’inspiration (We Are Marshall) et au montage sur musique pop qui alterne entre coups gagnants et séances d’entraînement (à peu près tous les films de sport de l’histoire).

De plus, les scénaristes sèment les graines qui deviendront plus tard des moments forts du récit avec autant de subtilité que le gros tracteur d’un fermier de l’Iowa.

Rarement aura-t-on vu un film aussi prévisible.

Même les images manquent d’originalité!

Les scènes de volleyball ressemblent à celles que l’on voit à la télé pendant les olympiques.

Il est sidérant de voir que personne n’a cru bon de réfléchir un peu et de profiter de l’absence des restrictions imposées aux réseaux de télé pour transporter la caméra sur le court et inventer de nouvelles prises de vue. Pathétique…

Un peu de bon

Tout n’est toutefois pas mauvais avec La saison miracle.

Mon petit doigt me dit qu’en raison du sujet, de l’abondance de scènes larmoyantes et de la trame sonore résolument jeune, le public cible adolescent va apprécier.

William Hurt est aussi excellent dans le rôle du papa endeuillé.

Le film soulève également d’intéressantes questions sur la façon dont les adolescents vivent un deuil. Si j’avais été scénariste, c’est probablement sur cet angle que j’aurais misé pour raconter de façon originale l’histoire des Trojans.

Et, signe de la médiocrité du film, c’est son générique qui m’a le plus plu.

On y découvre la véritable histoire de Caroline et de la saison miracle des Trojans. Les photos et les courtes vidéos qui y sont montrées viennent nous chercher jusque dans le fond des tripes. Tellement que je me suis dit qu’un documentaire aurait peut-être été le meilleur médium pour raconter cette formidable histoire.

Parce que si Caroline Found était aussi spéciale que le film le laisse entendre – et je n’ai aucune raison d’en douter après avoir vu le générique -, il aurait été de mise que l’équipe de production sorte des sentiers battus et offre un meilleur effort à tous les niveaux pour honorer la mémoire de cette jeune femme.

Quelle magnifique occasion ratée.

FICHE TECHNIQUE: LA SAISON MIRACLE

  • Version originale: The Miracle Season
  • Genre: drame sportif
  • Budget: non dévoilé
  • Durée: 99 minutes
  • Une production des studios: LD Entertainment et Apex Entertainment
  • Réalisateur: Sean McNamara
  • Scénario: David Aaron Cohen et Elissa Matsueda
  • Avec: Erin Moriarty et Helen Hunt
  • Partage l’ADN de: Miracle (2004), We Are Marshall (2006) et Soul Surfer (2011)
  • On aime: le jeu de William Hurt dans le rôle du père endeuillé
  • On aime moins: la trop grande prévisibilité et le sentimentalisme extrême de l’oeuvre
  • ÉVALUATION (sur 5)
    • Scénario:   1
    • Qualités visuelles:      2
    • Jeu des comédiens:      3
    • Originalité:    2
    • Divertissement:   3
    • Total: 11 sur 25

Dix films de sport inspirants

  1. Rocky (1976)
  2. The Karate Kid (1984)
  3. Hoosiers (1986)
  4. Rudy (1993)
  5. Remember the Titans (2000)
  6. Bent It Like Beckham (2002)
  7. The Rookie (2002)
  8. Miracle (2004)
  9. Cinderella Man (2005)
  10. We Are Marshall (2006)