Le passé politique de Blaine Higgs

Blaine Higgs haïssait le bilinguisme dans les années 1980. So what?

C’est la question soulevée par certaines personnes dans la foulée de la publication d’un reportage de Mathieu Roy-Comeau sur son passé politique.

En gros, mon collègue a mis la main sur un mémoire déposé en 1985 par celui qui est aujourd’hui chef du Parti progressiste-conservateur lors de consultations sur les langues officielles. Ce dernier y défend des positions qui peuvent être qualifiées de francophobes.

Ces idées comme telles ne sont pas du jamais vu au Nouveau-Brunswick et ont été pondues lors d’une période marquée par de vives tensions linguistiques.

Le document est cependant d’intérêt public –même 33 ans plus tard– parce qu’il remet sérieusement en question ce que Blaine Higgs nous a raconté jusqu’à maintenant sur son passé politique.

Tout porte à croire qu’il a embelli les choses lorsqu’il a dit que ce n’est pas l’anti-bilinguisme qui l’a attiré au parti Confederation of Regions (le CoR, dont il a brigué la chefferie en 1989) et qu’il a quitté la formation lorsqu’elle est devenue obsédée par les questions linguistiques.

En regardant tout ça, on peut se demander quelles sont ses convictions actuelles. Ses vraies convictions.

La question est importante. Ce mémoire tout droit sorti des années 1980 n’a pas été pondu par un ti-coune qui a passé trop de temps à flâner dans des groupes francophobes sur Facebook ou par le chef d’un parti marginal.

Son auteur est un politicien qui, si le vent tourne en sa faveur, pourrait devenir le prochain premier ministre du Nouveau-Brunswick. Si cela se produit, il aura énormément de pouvoir, notamment sur l’appui gouvernemental à la minorité francophone.

Aujourd’hui, Blaine Higgs doit prendre le taureau par les cornes et répondre aux nombreuses questions soulevées par ce mémoire de 1985. Et à mon avis, cela doit être fait rapidement, bien avant le dévoilement du programme électoral de son parti.

Les francophones du Nouveau-Brunswick méritent d’avoir l’heure juste sur ses convictions actuelles et savoir pourquoi il semble nous avoir pris pour des valises.