La bonne recette à Las Vegas

Le roi est mort, vive le roi! Le rendement des Golden Knights de Las Vegas a surpris beaucoup de monde depuis le début de la saison.

Notre conception traditionnelle d’une équipe d’expansion, c’est un groupe de joueurs assemblés un peu n’importe comment, avec des morceaux dont les autres équipes ne voulaient plus, un peu comme un Frankenstein sur patins.

On retrouvait des agents libres de deuxième classe, des joueurs de la Ligue américaine ou des circuits européens, quelques jeunes qu’on a fait graduer trop rapidement et surtout les restants non protégés des autres formations.

À Las Vegas, on a décidé de changer complètement la recette.

On a bâti une équipe axée sur la rapidité et la jeunesse. On a volontairement mis de côté les «vieux routiers» en fin de carrière au profit de jeunes loups affamés.

Gerard Gallant et le reste du groupe de direction ont été assez vifs pour comprendre que le hockey est en train de changer.

De plus en plus, les équipes misent sur les jeunes et sur la vitesse. Fini les systèmes de jeu défensifs ou les plans de match qui visent à ralentir l’adversaire. Désormais, ce sera l’équipe qui comptera le plus de rapides patineurs qui va l’emporter.

Et c’est exactement ce qu’on a compris à Las Vegas.

Qu’on parle d’Alex Tuch, William Karlsson, Jonathan Marchessault, Reilly Smith ou David Perron, ce sont tous des patineurs de premier ordre.

C’est la même chose du côté des défenseurs. Sans avoir de joueur vedette, les Golden Knights sont allé chercher des athlètes qui sont avant tout des bons patineurs.

Le seul véritable vétéran de l’équipe, c’est le gardien Marc-André Fleury.

Encore là, on a réussi à identifier un athlète qui a quelques belles années devant lui, et plus important encore, qui avait beaucoup de choses à prouver à ses anciens employeurs (les Penguins de Pittsburgh) et au reste du monde du hockey.

Le gardien québécois n’a déçu personne. Il a réparé les erreurs des arrières inexpérimentés de sa brigade défensive avec une efficacité impressionnante.

Il faudrait aussi mentionner l’entraîneur-chef Gerard Gallant parmi les ingrédients de cette recette gagnante. Le chef Groleau avec son crastillon bien dégorgé, c’est lui!

L’ancien pilote des Sea Dogs de Saint-Jean est le genre d’entraîneur que les joueurs adorent. Sa grande force, c’est de pouvoir tirer le maximum de chacun de ses athlètes, ce qu’il a fait de brillante façon cette saison à Las Vegas.

À la lumière de tout ça, le balayage aux dépens des Kings de Los Angeles s’explique facilement.

Une équipe certes expérimentée, mais bourrée de joueurs en fin de carrière, de gros joueurs lents et peut-être un peu trop confiants. Ce groupe de dinosaures s’est retrouvé devant une bande de jeunes vélociraptors qui avaient faim.

Les Golden Knights ne gagneront probablement pas la coupe Stanley cette saison, mais leur rendement a ouvert les yeux de plusieurs dirigeants d’équipe.

On va commencer à se demander si on a réellement besoin de ces joueurs vedettes grassement payés pour avoir du succès.

L’impact de la saison 2017-2018 des petits nouveaux risque de se faire sentir au cours des années à venir.