Jeffrey Viel premier de classe

Le prolifique écrivain, poète et peintre franco-marocain, Tahar Ben Jelloun, récipiendaire du prix Goncourt pour son roman La nuit sacrée, en 1987, soutient que «notre destin est tracé d’avance et qu’il est écrit depuis des générations».

Si tel est le cas, Jeffrey Viel était dû pour porter les couleurs du Titan d’Acadie-Bathurst.

Pour la petite histoire, remontons au 8 juin 2013 au Centre Georges-Vézina de Chicoutimi. Dépouillée de sa banque de choix par l’ancien propriétaire Léo-Guy Morrissette, quelques mois auparavant, afin de tenter un dernier coup d’éclat en séries éliminatoires, le Titan se présente au repêchage avec un groupe d’actionnaires qui, quelques semaines auparavant, s’est porté acquéreur de l’équipe afin de la garder à Bathurst.

Le Titan se présente donc à Chicoutimi avec aucun choix dans les trois premières rondes. Le directeur général Sylvain Couturier, grâce à quelques transactions, parvient toutefois à se doter de deux choix de premier tour.

D’abord en cédant Christophe Lalancette aux Voltigeurs de Drummondville, où il a pu mettre la main sur la cinquième sélection de l’encan qui deviendra le défenseur Guillaume Brisebois.

Puis, Couturier procéda à un spectaculaire troc impliquant trois joueurs et neuf choix au repêchage avec les Olympiques de Gatineau, dont la 16e sélection du premier tour. Choix qu’il céda immédiatement après aux Foreurs de Val-d’Or afin d’hériter de la 14e prise. Arrive alors l’attaquant Christophe Boivin.

Enfin, en quatrième ronde, Couturier fait du Néo-Écossais Jordan Boyd le 66e joueur réclamé de la journée.

Boyd est un attaquant de puissance avec du caractère et doté d’un beau potentiel offensif qui avait alors les qualités pour devenir, une fois à maturité, une espèce d’hybride entre Ramzi Abid et Jonathan Ferland. Un gros bonhomme capable de la mettre dedans et qui est en mesure de prendre soin de lui-même et de ses coéquipiers. Une denrée rare.

Malheureusement, Boyd s’écroule sur la patinoire dès son premier jour d’entraînement, le lundi 12 août, victime d’un arrêt cardiaque. Encore aujourd’hui, le décès de Boyd est un sujet délicat auprès de l’organisation.

À la fin de la saison, le Titan décide de ne pas prolonger l’aventure avec Ron Choules, qui lui était venu en relève de Danny Dupont pendant la saison.

Mario Pouliot est embauché et en compagnie de Sylvain Couturier et du comité hockey, on commence à planifier la véritable reconstruction de l’équipe. Assez rapidement, on en vient à la conclusion qu’il manque un véritable guerrier dans ce groupe de joueurs. Un bonhomme costaud avec une éthique de travail irréprochable qui avec le temps sera en mesure de jouer un rôle de leader. Bref, une photocopie ou presque de Jordan Boyd.

Le 30 mai 2014, le capitaine Raphaël Lafontaine prend le chemin de Sherbrooke en compagnie de deux choix, dont l’un qui deviendra Nicolas Poulin et que les partisans du Titan ont pu voir lors de la série précédente contre le Phoenix. En retour, Jeffrey Viel s’amène à Bathurst, lui aussi accompagné de deux sélections, dont l’une qui servira à mettre la main sur l’attaquant Jimmy Huntington, aujourd’hui un membre important des Tigres de Victoriaville.

Par un drôle de hasard, Jeffrey Viel avait été repêché cinq rangs plus loin que Jordan Boyd l’année précédente.

«Quand nous avons fait son acquisition, c’est clair que Jeffrey était le joueur visé, affirme le directeur général Sylvain Couturier. Il possédait les mêmes caractéristiques que Boyd comme joueur. Nos recruteurs l’aimaient et nous savions que Jeffrey deviendrait un leader dans notre club. Il a depuis énormément progressé.»

L’entraîneur Mario Pouliot se souvient très bien de la journée où le Titan a fait l’acquisition de Viel. C’était un peu plus de deux semaines après son embauche.

«Quand je suis arrivé dans l’organisation, l’équipe n’avait pas de joueurs et pas de choix. Nous voulions avoir un guerrier. Sylvain a alors décidé de sacrifier Lafontaine pour aller chercher Jeffrey. C’est à partir de là que nous avons commencé à tracer les grandes lignes de l’identité du club», mentionne Pouliot.

«Nous avons travaillé très fort pour améliorer l’éthique de travail de l’équipe. Et Jeffrey a toujours été derrière moi dans chacune de mes décisions. Il a lui-même travaillé fort pour améliorer sa vitesse et son jeu offensif, particulièrement sa prise de décision avec la rondelle. Il a su raffiner son jeu. C’est sans oublier que ce gars-là enfile 35 buts par année depuis trois ans, qu’il se bat et qu’il frappe. Je peux te dire que la journée que nous l’avons nommé capitaine, nous avons alors fait un autre énorme pas dans la bonne direction. Il représente tout ce que nous voulons présenter comme organisation», raconte l’entraîneur.

Évidemment, Sylvain Couturier ne regrette pas un instant d’avoir été cherché le Rimouskois à Sherbrooke. D’autant plus qu’il est parvenu à sélectionner lors des premières rondes de 2014, 2015 et 2016 trois morceaux qui jouent eux aussi un rôle déterminant dans les succès de l’équipe, soit Jordan Maher, Antoine Morand et Noah Dobson. Sans oublier Samuel L’Italien, acquis pendant l’hiver 2014 des Screaming Eagles du Cap-Breton.

«S’il est vrai qu’une bonne partie du noyau de notre équipe provient du repêchage, nous avons aussi construit ce noyau grâce à quelques transactions qui m’ont été fortement recommandés par nos recruteurs. Ils ont été très perspicaces en me suggérant d’aller chercher Viel puis L’Italien en 2014», mentionne Couturier.

«L’une des grandes qualité de Jeffrey c’est qu’il a toujours mis l’équipe avant lui-même, que ce soit à l’extérieur de l’aréna ou sur la patinoire. C’est un jeune homme qui a de belles valeurs. Et avec lui il n’y a pas de demi-mesure. Quand c’est le temps de hausser son jeu d’un cran il le fait. Et ensuite les autres joueurs n’ont pas le choix de suivre son exemple», indique-t-il.

J’ai demandé à Sylvain Couturier si Viel était le meilleur capitaine dans l’histoire de l’équipe, où du moins depuis qu’il a joint l’organisation en 2002.

«Jeff est définitivement un excellent capitaine, mais nous en avons eu d’autres très bons dans le passé. Je pense à Bruno Gervais par exemple qui était avec nous en fin de semaine. J’aimais aussi beaucoup Ryan Seymour, même s’il avait un rôle plus effacé dans nos succès. Tyler Reid en est un autre qui a été un grand capitaine», rappelle Couturier, qui a célébré lundi son 50e anniversaire de naissance.

Si je vous raconte tout cela au sujet de Jeffrey Viel, c’est qu’il est devenu samedi soir le nouveau recordman du plus haut total de buts en carrière par un joueur du Titan d’Acadie-Bathurst en séries éliminatoires. Il est maintenant rendu à 21 buts, soit un de plus que Mathieu Benoit. Benoit aura mis 23 matchs pour réussir ses 20 filets. Viel en aura pris 28 pour battre le record.

Le hockeyeur âgé de 21 ans joue du hockey inspiré et inspirant depuis la mi-janvier. Au cours de ses 33 dernières rencontres, incluant les 12 matchs éliminatoires, Viel montre une fiche de 31 buts et 15 passes pour 46 points.

Vendredi, notons que Viel avait dans un premier temps dépassé Thomas Beauregard (18) et Mathieu Perreault (19) dans la colonne des meilleurs buteurs dans l’histoire du Titan.

Je ne sais pas pour vous, mais dépasser en 24 heures des noms aussi illustres que Mathieu Benoit, Thomas Beauregard et Mathieu Perreault il faut le faire.

Viel est d’ailleurs le premier à admettre que c’est plutôt étrange de se retrouver en pareille situation.

«C’est très spécial d’avoir la chance de voir mon nom parmi eux, m’a-t-il confié. C’est un grand honneur pour moi. Encore aujourd’hui, ce sont des noms que j’entends régulièrement. Que ce soit à ma pension, ou encore lorsque je discute avec des partisans, on me parle de ces joueurs.»

Les choses vont tellement bien pour lui que plusieurs équipes de la LNH ont manifesté leur intérêt pour le fougueux numéro 25 du Titan qui, lors des dernières années a pris part aux camps d’entraînement de l’Avalanche du Colorado et des Coyotes de l’Arizona.

«Il y a beaucoup d’équipes qui suivent Jeffrey de près, mais il n’y a rien de décidé encore de notre côté», m’a justement révélé son agent Allain Roy, lundi.

Ce dernier n’a toutefois pas voulu me nommer les équipes qui sont intéressées à son jeune client.

«Nous écoutons toutes les offres», a simplement commenté le patron de Roy Sports Group, qui représente aussi les carrières de plusieurs autres hockeyeurs, dont Nico Hischier, Guillaume Brisebois, Mason McDonald, Zach O’Brien, Jordan Murray, Maxime Comtois, Antoine Morand et Éric Faille.

Pour dire vrai, la décision d’écrire sur Viel dans cette chronique m’est surtout venue à la suite d’une conversation avec mon confrère Gilles DeGrâce. Ce dernier, qui ne rate jamais une occasion de me raconter une anecdote, m’a révélé qu’il considérait Viel comme étant la pierre d’assise de la construction du club que les partisans du Titan encouragent actuellement dans cette belle aventure éliminatoire.

Je trouvais que le vieux vlimeux à la crinière argentée depuis des décennies n’avait pas tort. Pas du tout.

Viel est définitivement le cœur et l’âme de cette formation qui n’est plus qu’à six victoires de remporter une deuxième Coupe du Président.
Au cours de ma conversation avec le capitaine, lundi, je lui ai demandé de me dresser la liste des moments qui ont aidé à cimenter l’esprit de corps qui anime cette équipe depuis janvier.

Selon lui, les rencontres avec Adam Russo et Bruno Gervais, la vidéo soulignant les 20 ans de la conquête de la première Coupe du Président (en présence de Marc Bouchard, Jules-Edy Laraque, Éric Bétournay et Charline Labonté), ainsi que l’accueil des partisans au Centre régional K.-C.-Irving après leur dernier match de la saison régulière, ont tous largement contribué.

«Nous avons vécu plusieurs moments incroyables dont je vais me rappeler toute ma vie. Pour les joueurs, ça nous a fait réaliser que nous n’aurons peut-être jamais une autre occasion de gagner un championnat alors c’est important de faire certain de n’avoir ensuite aucun regret.»

«La vidéo de la première coupe à Bathurst m’a donné des frissons (Antoine Morand m’avait révélé la même chose il n’y a pas si longtemps). Ces images que nous avons en tête nous servent depuis de source de motivation parce que nous voulons reproduire cela. Et ce qui est le fun c’est qu’on peut aussi sentir que les partisans y croient autant que nous», dit-il.

«Par contre, pour moi, la visite de Dino Masanotti avant notre match contre les Remparts à Québec ç’a vraiment été quelque chose. Il m’a fait comprendre à quel point il était important de profiter de chaque instant de la vie parce que tu ne sais jamais ce qu’il peut t’arriver. En plus, quand Dino est venu nous parler, nous étions un peu dans un creux de vague et c’est après sa visite que nous avons vraiment pris notre envol. J’ai énormément de respect pour Dino Masanotti», souligne Jeffrey Viel.

J’ai aussi demandé à Jeffrey Viel si le kid de 5 pieds 10 pouces et 166 livres qu’il était le jour de son repêchage, en 2013, savait qu’il allait connaître une aussi belle carrière junior.

«Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, révèle celui qui fait aujourd’hui 6 pieds 1 pouce et 202 livres. Mais aujourd’hui, quand je regarde derrière moi, je crois avoir démontré que je suis un bel exemple pour les plus jeunes. J’ai prouvé qu’avec de la persévérance et du travail, ça peut te mener très loin. Parfois, il nous arrive les plus anciens (Elijah Francis, Jordan Maher et Samuel L’Italien) de parler de nos débuts avec l’équipe, de combien loin nous arrivons. Ce n’était vraiment pas facile la première saison. C’est impressionnant le bout de chemin que nous avons parcouru depuis», ajoute le numéro 25 du Titan.

Enfin, pour compléter ce reportage, j’ai pensé demander à plusieurs membres de l’équipe, que ce soit des joueurs, des entraîneurs ou encore des membres du deuxième étage, de me décrire en quelques mots ce qu’ils pensaient de leur capitaine. Voici ce qu’ils m’ont répondu.

Joseph Murdaca, gardien: «Jeffrey est à mes yeux un meneur de jeu et un leader.»

Félix-Antoine Drolet, défenseur: «Jeffrey est toujours prêt à se sacrifier pour défendre un coéquipier ou aider son équipe à gagner. C’est ce qui fait de lui un excellent capitaine pour l’équipe. C’est aussi un gars déterminé qui marque dans des moments importants pour l’équipe.»

Adam Holwell, défenseur: «Quand tu étudies les équipes qui remportent un championnat, elles ont toutes une chose en commun: un gars qui peut tout faire. Jeff est ce gars pour nous. Il me donne confiance que nous pouvons gagner n’importe quel soir. Il semble que chaque fois que nous avons besoin d’un gros jeu, d’un gros but ou d’une grosse mise en échec, il est là. C’est le gars. Et en dehors de la glace, c’est tout un chef. Il est passionné et il a de l’expérience. C’est un grand coéquipier dans tous les sens du mot.»

Noah Dobson, défenseur: «Jeffrey est une grande partie de l’équipe. C’est un leader qui est toujours là pour défendre ses coéquipiers. En même temps, il est aussi capable de produire offensivement et il est également très fort en défensive.»

Keenan MacIsaac, défenseur: «Il est évidemment un grand joueur, mais aussi un bon leader. Jeffrey donne l’exemple en travaillant dur, que ce soit sur la glace ou à l’extérieur de la patinoire. C’est un grand capitaine.»

Olivier Galipeau, défenseur: «Il correspond à ce qu’est être un vrai Titan. Jeffrey représente les valeurs de l’équipe. C’est aussi un leader et un grand compétiteur. Ce record de buts qu’il vient d’établir résume à quel point nous pouvons compter sur lui, particulièrement lors des moments importants.»

Zack Bennett, défenseur: «Jeff représente pour moi ce qu’est un leader sur la patinoire et à l’extérieur de l’aréna. Il donne toujours tout ce qu’il a dans tout ce qu’il entreprend. C’est un gars qui s’entraîne fort sur la patinoire et dans le gymnase et il fait ça de façon naturelle. Jeff est aussi quelqu’un qui apporte une belle énergie dans le vestiaire en faisant des blagues.»

Mitchell Balmas, attaquant: «Jeff est notre leader et notre capitaine. Il donne toujours tout ce qu’il a chaque soir. Il compétitionne à chacune de ses présences sur la glace et il montre le chemin à suivre pour tout le monde.»

Samuel L’Italien, attaquant: «Il représente le Titan et il a une éthique de travail exemplaire. C’est un gars combatif et un excellent leader.»

Samuel Asselin, attaquant: «C’est un leader sur et en dehors de la glace. Il est ici depuis tellement longtemps qu’il imprègne les valeurs de l’équipe. C’est un travailleur infatigable. C’est définitivement l’un des compagnons de trio avec qui j’ai le plus aimé jouer avec.»

Ethan Crossman, attaquant: «Il est notre capitaine et il démontre son leadership à chacune de ses présences sur la glace, que ce soit par ses mises en échec, par la défense de ses coéquipiers ou par sa production offensive.»

Antoine Morand, attaquant: «C’est un guerrier et tout un leader. C’est le coéquipier qui va te défendre coûte que coûte. Tout le monde voudrait d’un Jeffrey Viel dans son équipe. Il représente exactement ce qu’est être un Titan. Soir après soir il donne tout ce qu’il a pour cette équipe.»

Justin Ducharme, attaquant: «Pour moi, c’est bien simple, Jeff représente le leader de l’équipe. Il est l’exemple à suivre sur la glace et en dehors de l’aréna. Il remplit son rôle de capitaine à la perfection, que ce soit par ses paroles et, surtout, par ses actes. Lorsqu’on le voit jouer, on a juste le goût de le suivre et de faire comme lui.»

Domenic Malatesta, attaquant: Jeff est un joueur qui prêche par l’exemple et qui va faire tout ce qui est nécessaire pour aider l’équipe à gagner. Il est un facteur majeur des succès de notre équipe cette saison.»

Marc-André LeCouffe, attaquant: «Jeff est un excellent leader autant sur la glace qu’à l’extérieur. Il joue comme un guerrier chaque match et il est vraiment un bon exemple à suivre pour ses coéquipiers.»

Alexandre Guérard, entraîneur adjoint: «Jeffrey est un grand compétiteur. Un professionnel qui sait faire preuve de leadership, tout en assurant une présence physique dérangeante pour l’adversaire à chaque match.»

Bryan Lizotte, entraîneur adjoint: «Un très bon leader qui dégage beaucoup de prestance, autant au niveau de l’équipe au quotidien qu’auprès de ses adversaires. C’est également un joueur dont le le talent offensif est sous-estimé. De plus, c’est un joueur qui est prêt à faire les sacrifices pour le bien de l’équipe.»

Dave Kennedy, entraîneur des gardiens: «C’est un gars sans peur. C’est un joueur altruiste qui va à la guerre pour tout le monde. Je vais te donner un bel exemple. Lors du dernier match, avant le deuxième but d’Antoine Morand, il lui a dit qu’il allait faire l’écran devant (Étienne) Montpetit et qu’il n’aurait qu’à lancer. C’est exactement ce qu’il a fait. Jeffrey n’a pas eu de passe sur ce jeu, mais c’est pourtant beaucoup grâce à lui s’il y a eu un but. C’est te dire à quel point ce gars-là pense toujours à l’équipe avant lui. Il fait le travail même quand il n’est pas récompensé pour.»

Mélanie Landry, thérapeute athlétique: «Jeff est le cœur de l’équipe. Il représente l’identité du Titan. On ne pourrait pas demander mieux d’un capitaine.»

Jean Huynh, préposé à l’équipement: «Jeff est avant tout un jeune homme loyal, professionnel et travaillant. Il m’a donné son respect dès mon arrivée et les autres l’ont suivi. C’est ce qui m’a aidé à tisser des liens rapidement avec les joueurs. Il représente bien son équipe en travaillant chaque jour et chaque soir. C’est une personne ambitieuse qui agit comme un professionnel et qui fait les choses comme il faut pour se rendre à son plein potentiel. Bref, c’est un exemple à suivre pour tous ses coéquipiers.»

André Lévesque, recruteur-chef: «C’est un leader sur la glace par son implication. Un gars qui veut gagner à Bathurst et qui est fier de porter ce chandail. C’est un exemple de courage, d’intensité et de constance. Un bon individu et un modèle pour les plus jeunes. Voilà en quelques mots ce que je pense de Jeffrey Viel.»

Gilles Cormier, directeur des opérations: «Par sa détermination, il est à la fois un leader, un motivateur et un exemple à suivre.»

UN REPÊCHAGE D’UNE GRANDE PROFONDEUR

Philippe Myers a été repêché par les Huskies de Rouyn-Noranda en 2013. – Archives

Jeffrey Viel est issu du repêchage de 2013, sans aucun doute l’un des plus riches (sinon le plus riche) en terme de profondeur dans l’histoire de la LHJMQ.

Imaginez, tous les joueurs sélectionnés en première ronde, à l’exception de Jérémy Bouchard (Saguenéens de Chicoutimi), ont eu un impact important dans leur équipe respective.

Nicolas Roy, Anthony Beauvillier, Jérémy Roy, Julien Gauthier, Alexandre Alain, Daniel Sprong, Christophe Boivin, Nicolas Meloche, Olivier Galipeau, Frédéric Allard, Alexandre Goulet, Alex Dostie, Nathan Noël, Guillaume Brisebois, Will Thompson, David Henley et Cameron Askew sont les joueurs en question.

La deuxième ronde était tout autant impressionnante avec les Thomas Chabot, Maxime Fortier, Simon Bourque, James Phelan, Jérémy Lauzon, Brandon Gignac, Nicholas Welsh, Alexandre Fortin, Gabriel Fontaine, Yvan Mongo, Mathieu Nadeau, Bradley Lalonde et Jordan-Ty Fournier.

Combien de fois avons-nous vu une troisième ronde nous fournir des joueurs de la trempe de Samuel Montembeault, Adam Holwell, Samuel Dove-McFalls, Mathieu Joseph, Callum Booth, Frédéric Aubé, Bradley Kennedy, Antoine Samuel et Luc Deschênes?

Et que dire d’un quatrième tour comprenant Philippe Myers, Jeffrey Viel, Jean-Christophe Beaudin, Tobie Paquette-Bisson, Antoine Waked, Chase Harwell et Vincent Lanoue.

Et ça se poursuit dans les rondes suivantes avec, entre autres, Pascal Aquin et Connor Moynihan, au 5e tour, Alex Barré-Boulet, Samuel Roberge et Hugo Roy, au 6e tour, Mathieu Olivier et Matthew Boucher, en 7e ronde, Samuel Blais et Étienne Montpetit, au 8e tour, Tyler Boland, Antoine Dufort-Laplante et Bruno-Carl Denis, en 10e ronde, ainsi que Zachary Malatesta et A.J. Greer, au 11e tour.

Écoutez, on retrouve même deux joueurs ayant disputé plus de 200 matchs dans la LHJMQ en 12e ronde, soit William Gignac et Shawn St-Amant.

N’empêche qu’en dépit de toute cette profondeur, si le même repêchage devait avoir lieu demain matin, vous pouvez parier pas mal de dollars que des joueurs comme Jeffrey Viel, Philippe Myers, Étienne Montpetit, Maxime Fortier, Alex Barré-Boulet et Mathieu Joseph trouveraient preneurs beaucoup plus rapidement.

Une chose est sûre, des repêchages comme celui-ci les équipes en voudraient un chaque année.

ANTOINE MORAND DANS UN CLUB SÉLECT

Antoine Morand, du Titan d’Acadie-Bathurst. – Gracieuseté

Antoine Morand est devenu samedi soir seulement le troisième joueur du Titan à inscrire quatre buts dans un match éliminatoire.
Il rejoint dans ce club sélect Tomy Joly (28 mars 2008) et Daniil Miromanov (30 mars 2016).

Six autres joueurs ont déjà réussi des tours du chapeau, soit Mathieu Benoit (deux fois), Ramzi Abid, Janis Sprukts, Michael Tessier, Patrice Bergeron et Jeffrey Viel.

Vous conviendrez avec moi qu’ils ont tous eu sans exception de belles carrières junior.

L’entraîneur Mario Pouliot a évidemment encensé Morand quand je lui ai demandé ce qu’il pensait de sa tenue dans le dernier match.

«Je sais que certains partisans ont douté d’Antoine, mais pas moi. Jamais, J’ai toujours eu énormément confiance en lui. Jamais je n’ai eu à douter de son effort sur la glace. Samedi, il a joué avec beaucoup d’intensité. Il a été très impliqué à chacune de ses présences. J’ai aimé que chacun de ses quatre buts était différent. Ces temps-ci, il garde son jeu simple et il s’arrange pour apporter la rondelle au filet», m’a révélé Pouliot.

ENFIN UN BUT POUR LE ROCKET L’ITALIEN!

Samuel L’Italien, que l’entraîneur Mario Pouliot a surnommé le Rocket depuis que le numéro 9 a inscrit un tour du chapeau en début de saison, a mis fin à une léthargie de 13 matchs sans but, samedi.

Son tir des poignets, d’une précision chirurgicale, n’a donné aucune chance à Étienne Montpetit.

«Samuel a pris en charge son jeu offensif, samedi. Sur son but, il aurait pu facilement faire une passe à Ethan Crossman qui était prêt pour un tir sur réception. Mais Samuel jouait avec confiance et il y est allé d’un tir d’une grande qualité», l’a vanté Mario Pouliot.

Notons que L’Italien, dont la fiche est maintenant d’un but et trois passes en 12 parties éliminatoires, domine tous les joueurs du Titan avec un différentiel de +12.

SYLVAIN COUTURIER SE RÉJOUIT POUR LES ISLANDERS

Les Islanders de Charlottetown ont au moins un grand fan dans le camp du Titan, du moins tant qu’ils ne seront pas entre les pattes de son club. Le directeur général Sylvain Couturier va même jusqu’à dire qu’il n’est nullement surpris de voir les Islanders dans le carré d’as.

«Avant que la saison ne débute, il y a des gens qui disaient que les Islanders ne feraient même pas les séries. Je n’en faisais pas partie», dit-il.

«Plus la saison avançait, plus on pouvait voir que c’était un club sérieux. Ce n’est pas pour rien que les Islanders nous ont donné de la misère cette saison. C’est une formation qui est toujours bien préparée par Jim Hulton. Ils ont un très bon gardien en Matthew Welsh, une excellente brigade défensive et ils ont été cherchés de bons éléments à l’attaque pendant la dernière période des transactions», souligne Couturier.

«Moi, ça me faisait rire que des experts du Québec puisse dire que la division des Maritimes était la plus faible de la ligue. Pourtant, quatre des huit dernières équipes provenaient de notre division. Et il y en a encore deux autres dans le carré d’as. Une chance que nous étions la division faible. Non, si les Islanders sont en demi-finale, c’est parce qu’ils le méritent. Ils n’ont pas volé leur place», assure Sylvain Couturier.

LES TIGRES PRIVÉS D’ABRAMOV

C’est une véritable petite bombe qui est tombée sur la tête des Tigres avec la suspension d’un match de Vitalii Abramov, lundi. Ce dernier a été réprimandé pour son double-échec au visage de Jeffrey Viel, samedi, en fin de match. Il avait d’ailleurs écopé d’une pénalité de cinq minutes en plus d’être chassé de la rencontre.

L’entraîneur Louis Robitaille est revenu sur l’incident lors d’une entrevue avec le Réseau des Sports (RDS).

«(…) à cette période de l’année, tu ne peux pas commencer à t’apitoyer sur ton sort, a révélé Robitaille au confrère Nicolas Landry. C’est sûr qu’on va s’ennuyer de Vitalii. C’est le gars qui a été nommé MVP l’année dernière et on aurait aimé l’avoir dans l’alignement. Mais on ne veut pas jouer dans les ‘si’, on veut vivre le moment présent. On a été en santé depuis le début des séries éliminatoires et on a pas perdu de joueurs-clés. On traite ça comme une blessure et on se dit qu’il va revenir mercredi.»

«C’est de l’adversité comme on n’en a pas rencontré encore depuis le début des séries, mais ça va donner l’opportunité à d’autres joueurs de se lever», a ajouté Robitaille sur les ondes de RDS.

JOSEPH ET WELSH DEMEURENT TRÈS CONFIANTS

Parlant des Islanders, j’ai pensé prendre des nouvelles auprès de deux des joueurs les plus importants de l’équipe, soit le gardien Matthew Welsh et le défenseur et capitaine Pierre-Olivier Joseph.

Les Islanders ont perdu les deux premiers matchs par des pointages très serrés au domicile de l’Armada et la série se transporte maintenant au EastLink Centre pour les deux prochaines rencontres.

Rappelons que l’Armada a signé des victoires de 3 à 1 et de 1 à 0. Dans le premier match, le pointage était toujours de 1 à 1 à mi-chemin en troisième. Et samedi, c’est un but d’Alexandre Allain pendant une supériorité numérique qui a fait la différence.

«Nous ne sommes pas découragés pour deux cents», s’est exclamé Joseph, qui a été repêché en première ronde par les Coyotes de l’Arizona, en juin dernier.

«Nous sommes contents des performances que nous avons réalisé et je crois sincèrement que nous aurions mérité un peu plus de bonds chanceux. Mais je crois bien qu’avec l’effort que nous y mettons, ces bonds chanceux vont finir par venir», mentionne le frère cadet de Mathieu Joseph.

«Honnêtement, je ne crois pas que nous ayons grand-chose à changer dans notre façon de jouer en vue du troisième match. Peut-être des petits détails ici et là, mais sinon il faut continuer de mettre des rondelles au filet. Le gardien de l’Armada (Émile Samson) joue très bien, alors il faudra essayer de mettre de la bonne circulation devant lui et, du même coup, s’emparer des bonds favorables», m’a également déclaré le fort sympathique athlète qui montre une fiche de 10 points (1-9) en 13 rencontres jusqu’ici dans les présentes séries.

Matthew Welsh, de son côté, est d’avis que les Islanders ont démontré qu’ils avaient tous les outils pour renverser l’Armada.

«J’y crois fermement, soutient le portier. Il y a de la confiance dans notre vestiaire. Non seulement nous sommes capables de jouer contre eux, mais c’est clair que nous pouvons les battre. Il n’est pas question d’abandonner. Nous avons beau tirer de l’arrière 2-0 dans la série, nous avons encore une attitude gagnante dans le vestiaire.»

«En fait, il n’y a vraiment pas lieu de paniquer. Nous avons créé beaucoup de bonnes occasions de marquer dans les deux premiers matchs, mais nous n’avons malheureusement pas pu capitaliser. Leur gardien (Émile Samson) a bien joué et leurs défenseurs bloquent beaucoup de tirs. Cela dit, si nous continuons à créer autant d’occasions que lors des deux premières parties, nous allons avoir du succès», ajoute Matthew Welsh.

En 13 rencontres, Welsh montre une moyenne de buts alloués de 2,45 et un taux d’arrêt de ,922.

MATHIEU NADEAU VANTE ALEXIS LAFRENIÈRE

Le vétéran Mathieu Nadeau, qui vient de compléter sa carrière junior avec l’Océanic de Rimouski après quelques saisons dans l’organisation des Foreurs de Val-d’Or, n’est pas à court de compliments quand vient le temps de parler de son jeune compagnon de trio Alexis Lafrenière.

«Il vient à peine d’avoir 16 ans et il a obtenu 80 points à sa première saison. Je n’ose pas imaginer ce que ce sera l’an prochain et par la suite», a révélé Nadeau à mon confrère Serge Lamontagne de l’hebdomadaire La Voix du Sud.

Notons que Nadeau est actuellement dans la ligne de mire des Aigles Bleus de l’Université de Moncton. Quelques autres universités sont également intéressées, dont Trois-Rivières, McGill et Ottawa.

QUI EST ÉMILE SAMSON?

Les présentes séries éliminatoires viennent de nous faire découvrir une bien étrange bibitte de 5 pieds 8 pouces et 145 livres du nom d’Émile Samson. Le nouveau gardien numéro un de l’Armada de Blainville-Boisbriand est tout simplement fumant depuis le début des séries éliminatoires.

La saison dernière, Samson évoluait pour les Dynamiques du Cégep de Sainte-Roy, un club dirigé par l’ancien entraîneur-chef des Sea Dogs de Saint-Jean, des Wildcats de Moncton et des Saguenéens de Chicoutimi Christian LaRue.

Samson, qui n’a jamais été repêché, a volé le poste de numéro un à Denisov que l’Armada est allé cherché à fort prix aux Cataractes de Shawinigan pendant la période des Fêtes.

En 10 matchs éliminatoires, il montre une moyenne de buts alloués de 1,73 et un taux d’arrêts de ,929.

Samson vient d’ailleurs d’être choisi le joueur par excellence de la dernière semaine dans la LHJMQ. En deux matchs, il a présenté une moyenne de buts alloués de 0,50 et un taux d’efficacité de ,979.

Antoine Morand, du Titan, et Matthew Welsh, des Islanders, ont aussi été considérés.

UN NOUVEAU FORMAT DES SÉRIES?

Selon le confrère Matthew Vachon, de l’hebdomadaire La Nouvelle, la LHJMQ pourrait procéder à des changements majeurs dans le format des séries éliminatoires dès la saison prochaine.

La LHJMQ veut non seulement réduire le kilométrage des équipes pendant les séries, mais souhaite aussi favoriser les rivalités naturelles sur le plan géographique.

Selon Matthew Vachon, la LHJMQ optera pour deux associations (Est et Ouest) qui elles seraient séparées en deux divisions. Toujours selons mon confrère, il restera certains détails à fignoler avant de confirmer les changements qui seront vraisemblablement annoncés en marge du repêchage de juin.

C’EST ARRIVÉ ENTRE LES 24 ET 30 AVRIL

25 avril 1975 – Dans un véritable marathon de buts, les National de Laval l’emporte 11 à 10 sur les Castors de Sherbrooke. L’Acadien Yvon Vautour y va de quatre buts dans la victoire. Michael Bossy, de son côté, enregistre trois buts et quatre passes. Le troisième membre du trio, Jean Trottier, a accumulé six mentions d’aide. Le National parvenait ainsi de réduire l’écart à 3-2 dans la finale. Les Castors devaient néanmoins remporter la Coupe du Président deux jours plus tard par la marque de 8 à 0.

26 avril 2011 – Le Néo-Brunswickois Zack Phillips prépare trois buts et les Sea Dogs de Saint-Jean l’emportent 5 à 2 sur les MAINEiacs de Lewiston. Deux autres joueurs du Nouveau-Brunswick ont contribué au gain avec un but chacun, soit Mike Thomas et Ryan Tesink. Les Sea Dogs s’emparaient du même coup d’une avance de 3-0 dans la série.

28 avril 2006 – L’Acadien Mathieu Melanson produit deux buts et une passe pour aider les Remparts de Québec à vaincre le Titan d’Acadie-Bathurst 5 à 2. Alexander Radulov a toutefois été l’étoile de la rencontre avec trois buts et deux passes. Les Remparts prenaient ainsi les devants 3-2 dans cette série qui nécessitera finalement sept rencontres.

LES ANNIVERSAIRES DE LA SEMAINE

Martin Fillion

24 avril – Will Kelly (20), Mark Simpson (23), James Sheppard (30), Kristopher Letang (31), Philippe Dupuis (33), Jean-Philippe Côté (38), Mario Larocque (40).
25 avril – Michael Beaudry (26), Christophe Losier (27), Alexandre Labonté (30), Jonathan Yergeau (32), Nathan Saunders (33), Martin Fillion (40), Christian Dubé (41), Yves Courteau (54).
26 avril – Brendan Sibley (17), Jason Bell (21), Nikita Li (21), Antoine Landry (22), Frédérik Gauthier (23), Anthony Bergin (29), François Bouchard (30), Antonin Manavian (31), Brad Larter (35), Patrice Thériault (37), Jean Savard (61).
27 avril – Landon Quinney (20), Luke Dillman (26), Matthew Szostak (28), Paul Byron (29), Patrick Louden (30), Jean-Philippe Côté (32), Pierre-Marc Bouchard (34), Roberto Bissonnette (37), Oleg Timchenko (40), Yves Héroux (53).
28 avril – Alex D’Orio (19), Zach Grzelewski (21), Gabriel Côté, (27), Francis Charland (31), David Krejci (32), Carl Mathieu (32), Matthew Davis (34), François Cloutier (41).
29 avril – Blade Mann-Dixon (21), Nicolas Latulippe (22), Jean-François Jacques (33), Mathieu Biron (38).
30 avril – Éric Léger (21), Stéfan Fournier (26), Morgan Ellis (26), Yuri Cheremetiev (29), Beau Prokopetz (31), Alex McDonald (32), Aaron Johnson (35), Éric Bétournay (37), Marcel Cousineau (45).