Plus de tacos, moins de Bon Jovi

Plusieurs restaurants de Moncton débordaient, la semaine dernière. Pas à cause du beau temps ou parce Bon Jovi était en ville (Bon Jovi n’était pas dans le coin la semaine dernière…du moins pas à ce qu’on le sache: NDLR), mais bien à cause de la Semaine du taco.

Cette idée est née dans la tête de l’artiste visuel Jared Betts, qui a réussi à convaincre 17 entrepreneurs d’embarquer dans son projet et de créer des tacos à leur image.

Ç’a été un vrai coup de génie. Les gens se sont prêtés au jeu et pas à peu près. Plusieurs restaurateurs avaient de la misère à fournir tellement la demande était forte.

L’un d’eux m’a même confié qu’il a vendu à peu près dix fois plus de nourriture qu’à l’habitude la semaine dernière. Les clients faisaient même la file à l’heure du lunch dans son resto. Il n’en revenait tout simplement pas.

C’est le genre d’engouement que l’on voit rarement en ville, surtout pas au début du mois de mai, bien avant le début de la saison touristique.

Je ne serais pas du tout surpris si l’on me disait que cette initiative étalée sur une pleine semaine (qui, à ce que je sache n’a pas été subventionnée jusqu’aux oreilles par la Municipalité) a donné un plus gros coup de main financier aux restaurateurs que bon nombre de méga-événements d’un ou deux jours présentés au cours des dernières années à Moncton (et qui ont coûté de petites fortunes aux contribuables).

Collectivement, on aurait intérêt à se souvenir longtemps du succès récolté par cette semaine culinaire.

Ainsi, la prochaine fois que des élus municipaux ou des promoteurs tenteront de nous convaincre de recommencer à jeter de l’argent public par les fenêtres pour attirer des vieux rockeurs sur la Côte magnétique au nom du «développement économique», on prendra peut-être le temps d’y réfléchir comme il le faut.

Parce que dans le fond, si l’on peut développer notre identité locale et créer un tel engouement avec une simple semaine culinaire, on aurait peut-être intérêt à passer notre tour la prochaine fois que Bono ou Bon Jovi viendront cogner à notre porte.