Le septième joueur

J’ai fait un brin de jasette avec Mario Pouliot, mercredi matin. Je voulais le questionner sur la détermination de ses joueurs à accomplir les tas de petits détails qui finissent par faire une différence dans un match de hockey.

Mardi soir, j’ai été particulièrement impressionné par le jeu du Titan en zone défensive. En fait, mis à part une séquence d’une dizaine de minutes dans la période médiane où l’Armada est parvenu à s’emparer du momentum, le Titan a dominé cette rencontre grâce aux détails.

Je pense aux tirs bloqués, entre autres, où la différence entre les deux clubs était fort évidente. German Rubtsov, Justin Ducharme et Olivier Galipeau sont trois gars qui n’hésitent jamais à se sacrifier en se plaçant dans les lignes de tir.

On appelle ça accepter de payer le prix. Dans le camp de l’Armada, du moins mardi, c’était moins senti en zone défensive.

Bien sûr qu’elle peut faire mal la petite noire quand elle te frappe là où la protection est moindre. C’est clair que ça prend une dose de courage pour se placer devant la garnotte d’un Alexandre Alain. Mais ça n’en demeure pas moins primordial pour avoir du succès.

Un autre aspect dans lequel le Titan domine outrageusement l’Armada, c’est au niveau de l’échec avant. Tous les attaquants mettent l’épaule à la roue. À ce niveau, Jeffrey Viel, Samuel Asselin, Ethan Crossman et Liam Murphy sont d’une efficacité redoutable.

En passant, c’est quelque chose que ce trio que complètent Crossman et Murphy avec Samuel L’Italien. Ils jouent tous trois du hockey inspiré et inspirant.

Ils sont tellement «dans la face» des joueurs de l’Armada qu’ils finissent immanquablement par les forcer à commettre des erreurs. À douter. Et quand un club doute, surtout en zone défensive, ça paraît. Mardi, ç’a paru.

Non pas que l’Armada a joué un mauvais match. Même que je trouve que Joël Bouchard exagère un brin quand il dit que son club a mal joué. Je crois plutôt que l’Armada est victime du fait que le Titan joue mieux. Et si le Titan joue mieux, c’est que l’équipe accepte davantage de se sacrifier dans la réalisation des petits détails.

On y revient donc, les petits détails. C’est donc de cela que je commence à parler avec Mario. Mais rapidement, l’entraîneur m’a fait réaliser un autre détail qui a eu un impact évident dans le gain de mardi. Le septième joueur.

«La foule a été là pour nous pendant 60 minutes sans s’arrêter, m’a confié l’entraîneur. C’est tellement plaisant de les voir aller. Je l’ai déjà dit aux joueurs, nous nous entraînons et nous jouons au hockey pour avoir le privilège de vivre ce genre de moment. Quand je pense aux quatre années passées ici, il y a tellement d’images qui me passent pas la tête. Tellement d’images que j’ai de la difficulté à expliquer ce que je suis en train de vivre.»

Je ne sais pas pour vous, mais quand le septième joueur parvient à faire dire de telles choses à l’entraîneur, ça veut dire que ce septième joueur a disputé tout un match.