SOS Bilinguisme

Mercredi, on testait le signal national d’alerte au public pour les usagers de téléphones cellulaires, une récente obligation pour les radios, télévisions et compagnies de téléphone partout au Canada. Ma province faisait partie de l’exercice. Mon constat? «Au secours!»

Je n’ai reçu aucune alerte sur mon téléphone, pourtant j’étais avec une amie lorsqu’elle a reçu la sienne. Remarquez bien, vu ce qui va suivre, c’est peut-être aussi bien que j’aie été oubliée.

Le message d’alerte était uniquement en anglais, mis à part le titre. Autrement dit, on a pensé à alerter les francophones qu’il y avait urgence potentielle, mais on n’a pas jugé bon de leur donner de détails. Là, je m’arrête pour respirer à fond et me calmer un peu…

Comment, en 2018, dans un pays bilingue depuis près de 50 ans, sommes-nous encore confrontés à de telles situations? Ce n’est certes pas parce que le message n’était pas traduit: il avait été testé précédemment au Québec et, malgré des «ennuis techniques», je vous gage un papier qu’il était bel bien écrit en français, sinon on en aurait entendu parler. On peut aussi parier que l’anglais n’avait pas été oublié.

Alors que s’est-il passé chez nous? Les responsables ont-ils pensé qu’il n’y avait pas de francophones ailleurs au pays? Après tout, est-ce que «le Hors-Québec», ce n’est pas «le Canada anglais»? Alors, dans ce cas, pourquoi avoir mis le titre dans les deux langues? Simple incompétence? Vous avez le choix, ça doit être tout cela à la fois.

Mes compatriotes acadiens et francophones contactés de cette façon, furieux, sont allés (et je les comprends), déposer plainte devant le Commissaire aux langues officielles. Le commissaire va faire enquête, on lui répondra ce que l’on voudra, quelqu’un, quelque part va s’excuser – après tout, l’excuse n’est-elle pas le remède à tous les maux? – et on n’en parlera plus.

Pourtant, s’il y a bien un domaine qui ne laisse aucune place à l’amateurisme, c’est celle des situations d’urgence où on attend de chaque citoyen une réaction rapide et informée. Alors, je suggère qu’on reprenne tout cela du début pour 1) s’assurer de joindre tout le monde, et, 2) que tout le monde comprenne.