Chris Collins, candidat kamikaze?

Le député provincial Chris Collins est enfin sorti de son mutisme, jeudi dernier, plus d’un mois après avoir été visé par des allégations de harcèlement et suspendu du caucus libéral.

Dans une lettre aux médias, il a annoncé qu’il va dorénavant siéger comme indépendant qu’il ne se présentera pas comme candidat libéral aux prochaines élections et qu’il va poursuivre le premier ministre en diffamation.

Il a révélé qu’il ne portera pas les couleurs du Parti libéral… mais n’est pas allé jusqu’à tourner le dos à la politique active. Il s’est contenté de dire qu’il doit prendre plusieurs décisions quant à son avenir politique et professionnel. Ce détail est important.

Pourrait-il mener une opération kamikaze en se présentant comme candidat indépendant? C’est LA question brûlante qui demeure.

N’oublions pas ce que Chris Collins avait évoqué cette possibilité très explicitement en 2012, lors de la course à la direction du Parti libéral.

À l’époque, un échange de courriels entre Chris Collins et l’ex-ministre libéral Mike Murphy (le principal adversaire de Brian Gallant dans la course à la chefferie) avait fait surface.

Dans ces messages, Mike Murphy disait craindre que Chris Collins soit écarté de sa circonscription par des grosses pointures libérales pour que Brian Gallant (un jeune avocat qui n’était pas encore député à l’époque) puisse s’y présenter.

Chris Collins lui avait répondu que si cela se produisait, il se présenterait comme indépendant afin de diviser le vote et d’emporter son parti et Brian Gallant dans sa chute.

Aujourd’hui, six ans plus tard, Chris Collins méprise-t-il suffisamment le premier ministre pour se sacrifier afin de lui nuire (et ouvrir la voie à une victoire du Parti progressiste-conservateur dans Moncton-Centre)?

En attendant de savoir à quoi s’en tenir, Brian Gallant ne peut que se croiser les doigts et espérer que son ancien collègue –avec qui il n’a pas toujours filé le grand amour– ne se dressera pas dans son chemin en septembre.