La meilleure des thérapies

Vous connaissez le dicton qui dit «Nothing worst than Bathurst», que l’on pourrait très bien traduire par «Ça ne peut pas être pire qu’à Bathurst»? Depuis une quinzaine d’années, plusieurs événements désolants – fermeture de la Smurfit-Stone, épuisement de la mine Brunswick, disparitions de nombreuses entreprises, saisons décevantes à répétition de l’équipe junior majeure – l’ont malheureusement renforcé.

Mais dimanche, Bathurst, la région Chaleur et le nord du Nouveau-Brunswick ont retrouvé leur bonne humeur, l’instant d’un match de hockey.

Il n’y a pas meilleure thérapie contre la morosité que ce championnat du Titan d’Acadie-Bathurst. Ça vaut des centaines de séances, à un prix de fou, chez le psy!

Avant le match, les amateurs étaient fébriles à l’entrée du Centre régional K.-C.-Irving. Plusieurs surveillaient l’occasion de mettre la main sur un précieux billet afin d’assister à la rencontre. On était même prêt à débourser une petite fortune!

À l’intérieur de l’amphithéâtre, le niveau de décibels n’a cessé de grimper après chacune des actions près du filet de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Quand Jeffrey Viel a ouvert la marque en première période, impossible de s’entendre parler. Et quand Samuel L’Italien a fait 2 à 0 en fin de deuxième, on ne pouvait même plus s’entendre penser!

La dernière minute a été mémorable. Les gens debouts, à applaudir à tout rompre les joueurs du Titan qui ont réussi à préserver leur mince avance d’un but. Au son de la sirène finale, le gardien Evan Fitzpatrick a bondi de joie alors que dans les gradins, des centaines de téléphones intelligents immortalisaient ce moment unique.

Pendant que les joueurs portaient la coupe du Président au bout de leurs bras, la foule n’a pas cessé un seul instant de crier, de chanter, de sauter et probablement de pleurer. De joie, évidemment. L’heure de la rédemption avait sonné, après tellement d’hivers à bouder le produit…

C’était comme si les 15 dernières années, remplies de tristesse et de malheurs, n’existaient plus. C’était beau à voir et à entendre. Et Dieu que cela a fait du bien!

Que le Titan, dans le plus petit marché de la LHJMQ, réussisse à répéter son exploit de 1999 a quelque chose de romantique. Parce que ce chemin vers la gloire n’a pas été facile. Il aura fallu un changement de propriétaires et énormément de patience – et d’argent – pour en arriver à former cette équipe championne.

La presse n’a pas toujours été tendre à l’endroit de la direction, en particulier le directeur général Sylvain Couturier. On nous a reproché, à quelques reprises, de jouer la carte du négativisme, alors que nous ne faisions que notre travail. Nous n’avions pas à nous transformer en meneuses de claque, comme le font sans gêne certaines chaînes sportives.

Aujourd’hui, le Titan est champion et se prépare à disputer le tournoi de la Coupe Memorial. Qui aurait dit ça il y a cinq ans?

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Un petit mot sur la LHJMQ. Après six championnats obtenus par les formations de la division des Maritimes en neuf ans et avec un nombre de plus en plus élevé de joueurs des Maritimes au sein des 18 clubs du circuit, il serait enfin temps de le reconnaître en modifiant le nom en Ligue de hockey junior majeur de l’Est.

Oui, c’est vrai que la majorité des joueurs viennent du Québec. Et ce sera toujours le cas. Mais que serait cette ligue aujourd’hui sans la contribution du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard?

M. Courteau, avant de laisser votre siège de commissaire, ce serait un beau geste à poser, non?