Jeffrey Viel a marqué Bathurst comme pas un

Dans un peu plus d’une semaine, une fois qu’il aura défilé dans les rues de Bathurst en compagnie de ses coéquipiers avec la coupe du Président (et qui sait peut-être aussi la coupe Memorial), Jeffrey Viel deviendra à son tour un ex-Titan.

Il fera ainsi son entrée dans le club des anciens au même titre que les Marc Bouchard, Roberto Luongo, Mathieu Benoit, Ramzi Abid, Jonathan Girard, François Beauchemin, Martin Fillion, Philippe Plante, Charline Labonté, Jonathan Ferland, Olivier Filion, Adam Russo, Bruno Gervais, Janis Sprukts, Patrice Bergeron, Mathieu Roy, Olivier Labelle Jordan Clendenning, Thomas Beauregard, Mathieu Perreault, Éric Faille, Zach O’Brien, Christophe Boivin et une petite poignée d’autres joueurs qui auront profondément marqué l’histoire de l’équipe au cours des 20 dernières campagnes.

En fait, quand j’y pense, je me demande même si Viel ne marquera pas davantage la mémoire collective que tous les autres.

Après tout, le numéro 25 a établi plusieurs records d’équipe, dont certains qui mettront probablement des années avant d’être battus. On a qu’à penser à ses trois saisons de plus de 30 buts, ou encore à ses 26 buts en séries éliminatoires.

Et c’est sans oublier qu’il aura été un capitaine exemplaire. Le genre de capitaine dont rêve tout entraîneur. Non seulement est-il un rassembleur peu commun, mais il prêche aussi par l’exemple pendant les entraînements et les matchs. Vous n’avez même pas besoin des cinq doigts d’une main pour compter les soirs où Viel n’a pas donné sa pleine mesure.

Quand il est arrivé ici à seulement 17 ans, le Rimouskois était un jeune joueur brouillon avec du caractère comme c’était pas permis. S’il a su conserver sa hargne, il a toutefois su rafiner son jeu au point de devenir un attaquant de puissance faisant partie de l’élite. Combiné à son leadership, il s’est développé en un joueur d’une grande rareté. Croyez-moi, tous les partisans des 18 équipes de la LHJMQ souhaiteraient avoir un Jeffrey Viel à encourager.

Mercredi, à l’aéroport régional de Bathurst, alors que Viel et ses coéquipiers s’apprêtaient à prendre place à bord de l’avion devant mener l’équipe à Regina, en Saskatchewan, le maire Paolo Fongemie y est allé d’un monologue senti et admiratif à l’endroit du capitaine pendant que je conversais avec lui.

«Le Titan a vraiment un bon leader avec Jeffrey Viel. Peu importe ce que ce jeune homme fera dans la vie, il aura du succès en raison de ses qualités de leader. Je suis fier qu’il soit notre capitaine. Avec lui, on sait que les bottines suivent les babines. Il ne prend jamais une soirée de congé. Aux yeux de nos citoyens, il représente un véritable symbole. Au cours de la dernière décennie, malgré les fermetures (mine et moulin), les gens d’ici se sont toujours relevé les manches pour travailler afin de s’en sortir. Et par sa façon d’être, Jeffrey Viel est un peu notre ambassadeur», affirme le premier magistrat de la municipalité de Bathurst.

Bref, comme je vous le disais, le capitaine Viel va laisser des traces profondes de son passage dans la région Chaleur.

Et un bon jour, quand l’organisation du Titan jugera que ce sera le bon moment, on hissera le chandail numéro 25 au plafond au Centre régional K.-C.-Irving.