Élections provinciales: libéraux ou conservateurs?

BERNARD THÉRIAULT

Si le chemin pour se rendre à l’élection s’est avéré quelque peu tortueux depuis le début de l’année pour les libéraux de Brian Gallant, n’allez surtout pas croire qu’ils s’éloignent pour autant d’un deuxième mandat.

Il faut reconnaître que la sortie manquée de Donald Arsenault, celle précipitée de Serge Rousselle, ou encore le coup de pied au derrière reçu par Chris Collins ne représente pas de bonnes nouvelles en cette année électorale.

Cependant, tout n’est pas que tristesse dans ce portrait.

D’abord, le premier ministre a démontré dans le cas d’Arsenault qu’il avait une épine dorsale et qu’il pouvait prendre la bonne décision même quand cela fait mal.

Dans le cas de Chris Collins, si vous vous voulez mon avis, c’est un très bon débarras. Si celui-ci n’est pas au cabinet, c’est pour une raison bien simple: il ne possède ni le jugement et ni l’attitude pour faire le travail d’un ministre.

Connu pour avoir la mèche courte, il ne s’est jamais fait d’amis dans la fonction publique, car il peut se montrer intransigeant, voire mal poli quand les choses ne vont pas à sa façon. Pas surpris de voir qu’il s’est enfoncé dans un merdier même s’il faut attendre l’enquête pour savoir ce qui s’est vraiment passé.

Ma seule petite tristesse, c’est le départ de Rousselle, que j’aimais bien puisqu’il trimait dur et nous offrait un discours nationaliste qui est trop souvent manquant chez les autres députés.

Je suis cependant rassuré de constater qu’il va coprésider la campagne des libéraux et qu’il saura épauler les candidats sur le terrain.

Avant de croire que les libéraux pourraient se retrouver en difficulté cet automne, prenons le temps de regarder le Parti conservateur qui, lui aussi, n’a pas connu une année trop brillante. Ils ont remercié le directeur du parti en pleine année électorale, ont perdu la seule députée francophone qu’ils avaient et on sait que le départ de Paul Robichaud serait dû au fait que Dominic Cardy en mènerait beaucoup trop large avec Blaine Higgs.

Parlant du chef, il fait lui aussi l’objet de plusieurs critiques, d’abord sur ses positions très anti-francophones dans les années 1980. On sait également que la base progressiste du parti, même chez les anglophones, se sent mal à l’aise avec un chef dont les idées sont non seulement rétrogrades, mais se rapprochent terriblement de la droite qu’a tenté de nous imposer Stephen Harper lorsqu’il était au gouvernement.

Sans vouloir défendre le gouvernement Gallant sur le dossier de l’extra-mural, je mettrai en garde ceux qui demandent aux francophones de ne pas appuyer les libéraux de Gallant à cause de cette décision.

Pensez-y à deux fois, car un tel geste pourrait signifier l’élection de Higgs et ses conservateurs. Si vous pensez que les conservateurs vont ramener l’extra-mural vers les régies et qu’ils vont défendre la dualité en santé, je ne gagerais pas là-dessus.

Il faudra voter de façon stratégique lors de cette élection. À part peut-être la région de Saint-Jean, personne ne sortira gagnant de l’élection d’un gouvernement conservateur!

Laissez les sentiments à la maison quand vous allez voter, servez-vous de la raison!

JEANNOT VOLPÉ

L’esprit d’équipe n’est ni une qualité ni une force du premier ministre Brian Gallant. À chaque occasion où une personne de son équipe a été montrée du doigt pour des actions ou des paroles qui auraient pu l’impliquer, celui-ci l’a traitée comme une vielle mitaine sale sans aucun respect.

Il semble qu’il a remplacé le vieil adage «un pour tous et tous pour un» par «tous pour moi et chacun pour soi».

Ses dernières victimes, Donald Arseneault et Chris Collins, étaient pourtant très proches de lui. Au lieu d’attendre les résultats de leurs accusations, il les a jugés lui-même et condamnés, ce qui démontre un manque de respect flagrant pour ceux et celles qui l’entourent et un manque total de leadership.

Il est évident que Blaine Higgs avait reconnu ce défaut distinctif de Brian Gallant lorsqu’il a refusé en 2014 de se joindre à l’équipe libérale afin de devenir le ministre des Finances.

Pourtant, les messages politiques des libéraux aujourd’hui nous décrivent Blaine Higgs, le chef du Parti progressiste-conservateur, comme une personne qui n’a pas les compétences pour gouverner la province et prendre des décisions responsables. Alors pourquoi ces mêmes libéraux qui, à la suite de leur élection en 2014 et qui avaient vu agir Blaine Higgs comme ministre des Finances pendant quatre ans, lui ont-ils offert la position de ministre des Finances pour leur parti?

Les libéraux reconnaissaient le pouvoir de Blaine Higgs de redresser les finances et prendre les décisions nécessaires, mais aussi que personne chez les élus libéraux n’avait l’expérience et la volonté de faire ce travail.

Le fait que le premier ministre Gallant tente maintenant d’acheter l’électorat avec de l’argent emprunté ne fera rien pour rassurer les banques qui surveillent les actions et les décisions de M. Gallant et prévoient réviser négativement la cote de crédit de la province, ce qui augmentera le coût des emprunts pour les municipalités et Énergie NB.

Même la ministre des Finances du N.-B. a admis publiquement qu’il n’y a plus de marge de manœuvre pour le gouvernement, alors que les contribuables ont atteint le maximum de ce qu’ils et elles peuvent contribuer en taxes et impôts.

La population du N.-B. n’est ni sourde ni aveugle. Les millions de dollars dispersés ici et là afin de faire oublier les dernières années de décisions irréfléchies ne fonctionnent pas. Ces mêmes électeurs et électrices n’oublieront pas non plus que pour la première fois depuis très très longtemps, le N.-B. est au dernier rang de toutes les provinces canadiennes au niveau de l’économie mais au premier rang de toutes les provinces pour le niveau de taxation.

Même la fumée d’un bon petit joint de marijuana ne pourra faire oublier les pires résultats que la province aura connus depuis très très longtemps.

Le vent qui annonce un changement prend de l’ampleur et les amis fédéraux avec leurs propres défis ne pourront calmer une population qui veut des résultats et du changement.