Un silence assourdissant

Près de deux semaines après le dépôt d’un rapport accablant sur l’examen NCLEX-RN, l’Association des infirmières et infirmiers du N.-B. refuse de réagir. Plus le temps file, plus ce silence devient absurde.

Rappellons que le 9 mai, la commissaire aux langues officielles du N.-B. a tranché que cet examen d’accès à la profession –conçu aux États-Unis et adopté en 2015 par l’AIINB– défavorise les francophones.

Au cours des jours suivants, des infirmières, des associations et des institutions sont montées aux barricades. La SANB et la FÉÉCUM ont même annoncé qu’ils allaient se tourner vers les tribunaux.

Pendant ce temps, le gouvernement provincial est demeuré très timide. Brian Gallant et le ministre responsable des langues officielles, Brian Kenny, ont fini par intervenir… mais du bout des lèvres et sans grande conviction.

Quant à l’AIINB, elle a été encore plus effacée et a décidé de garder le silence, prétextant qu’elle voulait tout d’abord que son conseiller juridique lise le rapport et que son conseil en discute.

Mais là, le temps file. Près de deux semaines se sont écoulées et elle maintient toujours son silence radio.

Cette grande lenteur pourrait s’expliquer (du moins en partie) par le spectre d’un recours aux tribunaux. Mais il ne faut pas exagérer, puisque la FÉÉCUM et la SANB n’ont pas encore mis leur menace à exécution.

Ce silence demeure aussi difficile à comprendre parce que les problèmes soulevés dans le rapport ne datent pas d’hier. Les lacunes pointées du doigt par la commissaire ne devraient pas du tout surprendre l’AIINB.

En attendant que l’AIINB décide de se grouiller, les futures infirmières francophones de la province vivent dans l’incertitude et certaines doivent continuer de choisir entre leur langue et l’accès à leur profession.

Elle ne va pas pouvoir se cacher éternellement.

Elle va devoir prendre ses responsabilités plus tôt que tard en répondant au rapport de la commissaire et en en annonçant un plan clair afin de s’assurer que les droits linguistiques des infirmières de la province soient enfin respectés.