La saison incroyable d’Éric Faille

Il y a un mois, en l’espace de 48 heures, deux personnalités bien connues par les amateurs de hockey du Nouveau-Brunswick ont disputé coup sur coup l’un de leurs meilleurs matchs à vie dans des conditions qui étaient pourtant loin d’être idéales.

Le 22 avril, au Wells Fargo Centre de Philadelphie, Sean Couturier y allait de trois buts et deux passes dans un revers de 8 à 5 aux mains de Penguins de Pittsburgh. Si cette défaite envoyait Couturier en vacances, il n’en demeure pas moins que la vedette des Flyers a disputé la rencontre malgré une déchirure ligamentaire à un genou.

Deux jours plus tard, à l’autre bout de l’océan Atlantique, plus précisément au Ice Stadium Pavol Demitra de Trencin, Éric Faille produit deux buts et trois passes dans un gain de 5 à 1 lors du septième et dernier match de la finale de la Ligue de hockey élite de Slovaquie (Extraliga).

J’ai eu l’occasion de rencontrer Éric Faille lors de son passage au Centre régional K.-C.-Irving, il y a deux semaines, durant le troisième match de la finale entre le Titan d’Acadie-Bathurst et l’Armada de Blainville-Boisbriand. Faille, Spencer Jezegou et Sean Couturier ont d’ailleurs été présentés à la foule avant la rencontre.

Faille, pour un, était on ne peut plus heureux de remettre les pieds dans un aréna où il a évolué pendant quatre saisons. Le natif de Lachine figure d’ailleurs encore dans le top-10 de plusieurs catégories dans l’histoire du Titan, soit les matchs (246, 9e), les passes (114, 9e) et les points (187, 10e). Il vient également en 11e place pour les buts (73) en carrière.

«Ça faisait huit ans que je n’avais pas mis les pieds dans le Centre régional K.-C.-Irving, soutient celui qui aura été le 14e capitaine dans l’histoire du club. Bien sûr, je suis revenu quelques fois à Bathurst au fil des ans pour jouer au golf ou encore pour voir les gens de ma pension, mais pas l’aréna. Et quand on a été présenté à la foule, j’étais sur la patinoire et je tremblais.»

Après ses quatre saisons avec le Titan puis quatre autres chez les Aigles Bleus de l’Université de Moncton, Faille a ensuite entamé une carrière professionnelle qui l’a d’abord mené au sein des Komets de Fort Wayne dans la Ligue de la Côte-Est (ECHL) en 2014-2015. Au cours de la saison, il disputera également 21 rencontres avec les Stars de Texas dans la Ligue américaine (AHL).

Les deux saisons suivantes, Faille portera les couleurs des Solar Bears d’Orlando dans l’ECHL et des Marlies de Toronto dans la AHL. Sans contrat à l’automne 2017, il se tourne naturellement vers l’Europe et accepte l’offre des Rams de Banska Bystrica, dans la Ligue élite de la Slovaquie. Il y disputera une saison de rêve avec trois autres hockeyeurs du Québec, soit Guillaume Gélinas, Steven Delisle et Guillaume Asselin.

Après avoir accumulé 20 buts et 45 points en 55 parties de saison régulière, Faille a fait encore mieux pendant les séries en dominant le circuit avec 19 points, dont huit buts, en 16 rencontres. Pour vous donner une petite idée du calibre de jeu qu’on y retrouve, notons que des bonshommes de la trempe de Ladislav Nagy, Branko Radivojevic, Marcel Hossa et Branislav Mezei y évoluent également.

«Ç’a été une saison incroyable, affirme Faille. Banska Bystrica compte un peu moins de 80 000 habitants, mais la ville est hockey. Ça n’arrête jamais. Les soirs de match, personne ne s’entend parler sur la glace tellement il y a de l’ambiance. C’est complètement fou. Ça ressemble pas mal à l’ambiance que tu peux entendre lors d’une partie de soccer en Europe, mais c’est dans un vieil aréna qui est plus petit que le Centre régional K.-C.-Irving. Honnêtement, je n’avais jamais vécu une ambiance comme ça avant. L’aréna peut accueillir 3000 spectateurs au maximum, mais l’ambiance est tellement formidable que tu as l’impression d’être au Centre Bell. Tu n’entends rien.»

Pour être une ville de hockey, Éric Faille ne se trompe aucunement au sujet de Banska Bystrica. D’ailleurs, pas moins de six hockeyeurs de la municipalité ont atteint la Ligue nationale, dont deux anciens du Canadien de Montréal, Peter Budaj et Richard Zednik. Tomas Surovy, Vladimir Orszagh, qui est l’actuel entraîneur du club, Ivan Majesky et Michal Handzus sont les quatre autres.

Le joueur de soccer international Marek Hamsik, qui évolue pour le SSC Naples en Série A, est lui aussi originaire de Banska Bystrica.
À l’instar de Sean Couturier lors de son dernier match éliminatoire, Éric Faille n’était pourtant pas à son mieux lorsqu’il a entamé la septième rencontre de la finale. Non pas qu’il était blessé, mais disons qu’il n’était clairement pas au sommet de sa forme.

«En temps normal, sur la route, mon partenaire de chambre est Milos Bubela, qui a d’ailleurs représenté la Slovaquie cet hiver aux Jeux olympiques. Mais comme Milos était blessé à un genou, il n’a pas fait le voyage pour la dernière partie. Je me suis donc retrouvé avec un autre joueur, un défenseur dont je tairai le nom parce qu’il n’a jamais cessé de ronfler toute la nuit. À un point tel que je n’ai pas réussi à fermer l’oeil une seconde. J’ai donc joué la partie numéro 7 à la suite d’une nuit blanche», raconte en riant Faille.

Dès sa première présence sur la patinoire, Faille, qui est de mauvais poil en raison de son manque de sommeil, rate une échappée.

«Normalement, sur les échappées, je ne rate pas souvent mon coup. Déjà que nous avions perdu l’avance 3-0 dans la série et que le Dukla Trencin a remporté les trois matchs suivants pour finalement se retrouver dans le septième duel devant leurs partisans, je me suis alors dit que ça y est, tout est terminé pour nous», raconte-t-il.

«D’ailleurs, c’est justement Trencin qui a marqué le premier but. Pis nous avons réussi à marquer à notre tour et nous l’avons emporté 5 à 1. Finalement, à bien y penser, le ronfleur pourra dormir dans ma chambre n’importe quand désormais», confie-t-il en riant.

«Le feeling que j’ai eu quand nous avons gagné la finale, c’est incroyable. Mon dernier championnat remontait à l’époque du midget espoir. J’ai gagné une médaille d’or aux Universiades, mais c’était dans le cadre d’un tournoi avec des joueurs de différentes équipes», mentionne-t-il.

Éric Faille n’a toujours pas décidé où il allait évoluer la saison prochaine.

«J’ai une offre sur la table avec la même équipe, mais je veux prendre mon temps. Il n’y a rien qui presse», estime Faille qui, il faut bien l’admettre, a le gros bout du bâton avec la saison qu’il vient de connaître.

Faille ne dirait pas non à un retour en Amérique du Nord, mais en autant que l’offre de contrat soit avec un club de la Ligue américaine.

«C’est clair que j’aimerais revenir ici, mais si ce n’est pas la Ligue américaine, ma réponse est non. Je crois que j’ai fait mon temps dans la East Coast. L’idéal pour moi serait d’obtenir une offre du Rocket de Laval. Ce serait plaisant. En même temps, la Ligue américaine est rendue tellement jeune que les gars âgés de 27 et de 28 ans sont déjà considérés comme des vieux. Aux yeux des organisations, tu n’es déjà plus dans ton apogée. Mais on ne sait jamais», ajoute-t-il sur un ton rempli d’espoir.

USHL: SAVOIE, LAWRENCE, GOULD ET DAVID REPÊCHÉS

Quatre Néo-Brunswickois ont été sélectionnés par des équipes de la Ligue de hockey junior des États-Unis (USHL) au début du mois.

Les Buccaneers de Des Moines ont semble-t-il beaucoup aimé le talent du Nouveau-Brunswick puisqu’ils en ont sélectionné trois, soit le défenseur Nicolas Savoie (Dieppe) et le centre Alexandre David (Pigeon Hill), des Gladiators de la Newbridge Academy, ainsi que le centre Joshua Lawrence (Fredericton), des Selections Academy de South Kent.

Savoie (4e ronde, 50e au total) et Lawrence (8e, 114e) ont été repêchés lors de la phase I (joueurs nés en 2002), alors que David a trouvé preneur lors de la phase II (joueurs nés entre 1998 et 2002).

Le défenseur Tim Gould (Riverview), des Hounds de Notre-Dame, a pour sa part été choisi par le Stampede de Sioux City (5e, 69e), en phase II.

Trois Insulaires ont par ailleurs été repêchés, soit l’arrière Charlie DesRoches (Summerside), des Selects Academy de South Kent (3e, 37e), en phase I, de même que les attaquants Brad Morrissey (Tignish), des Hounds de Notre-Dame (5e, 68e), et Dallas Farrell (Stratford), des Bruins junior de Boston (17e, 270e), en phase II. DesRoches est désormais la propriété des RoughRiders de Cedar Rapids, alors que Morrissey et Farrell appartiennent respectivement au Storm de Tri-City et aux Lumberjacks de Muskegon.

Deux Néo-Écossais ont par ailleurs été repêchés, soit le centre Jake Quillan (Dartmouth), du Steele Subaru de Dartmouth (8e, 117e), en phase I, par les RoughRiders de Cedar Rapids, ainsi que Matthew Steinburg (Halifax), du St. Andrew’s College Varsity (10e, 152e), en phase II, par le Stampede de Sioux City.

Enfin, les Québécois Patrick Guay (Magog), un attaquant des Cantonniers de Magog (4e, 49e), en phase I, et Chrystopher Collin (Blainville), un ailier des Bombers de Flin Flon (14e, 213e), en phase II, ont été repêchés tous deux par les Flyers Aces de Central Illinois.

COUPE MEMORIAL: VIEL EN TÊTE DES POINTEURS

Le capitaine Jeffrey Viel connaît un début de tournoi pour le moins explosif à Regina. Le vétéran domine tous les pointeurs de la Coupe Memorial avec une récolte de sept points (2-5) en deux rencontres.

Viel devance par un point le capitaine des Pats de Regina, Sam Steel (1-5). Ce dernier a été le choix de première ronde des Ducks d’Anaheim en 2016.

Après avoir remporté le trophée Guy Lafleur à titre de joueur le plus utile des séries éliminatoires de la LHJMQ, le numéro 25 du Titan est en bonne position pour récolter un autre honneur individuel à Regina.

Le jeune défenseur Noah Dobson se retrouve au troisième échelon avec cinq points (2-3). L’arrière du Titan est assurément en train d’augmenter sa cote de popularité auprès des recruteurs de la LNH en vue du repêchage le mois prochain.

Samuel Asselin (3-1) et Liam Murphy (2-2) font eux aussi partie du top-8 avec quatre points chacun.

UNE PREMIÈRE DEPUIS 2000

La dernière fois qu’une équipe de la LHJMQ a réussi 10 buts ou plus lors de ses deux premiers matchs à la Coupe Memorial remonte à l’an 2000. À l’instar du Titan, auteur de 12 buts en fin de semaine, les Mooseheads de Halifax avaient également fait scintiller la lumière rouge à 12 reprises.

Ramzi Abid, que le Titan avait échangé aux Originaux plus tôt dans la saison, avait été particulièrement éclatant lors de ces deux victoires avec deux tours du chapeau et un total de huit points. À noter que le tournoi était présenté cette année-là au Metro Centre de Halifax.

Ça n’avait néanmoins pas empêché les Mooseheads de ne pas prendre part à la finale puisqu’ils ont perdu leurs deux parties suivantes.

LECOUFFE SUR LES TRACES DE HACHÉ

Marc-André LeCouffe tente de devenir le deuxième hockeyeur du Nord-Est à remporter le tournoi de la Coupe Memorial après Justin Haché, des Cataractes de Shawinigan (2012).

LeCouffe est originaire de Tracadie alors que Haché, lui, nous vient de Petit-Rocher.

HUIT ANCIENS DU TITAN DANS LE TOP-100

Saviez-vous qu’Olivier Galipeau est devenu cette saison le huitième défenseur du Titan d’Acadie-Bathurst à figurer dans le top-100 des meilleurs pointeurs à cette position dans l’histoire de la LHJMQ?

Avec ses 180 points (51-129) en 308 rencontres, Galipeau occupe le 79e échelon.

Les autres sont, par ordre décroissant, Marc-André Dorion (91e, 285pj, 30-143=173), François Beauchemin (75e, 238pj, 42-139=181), Drew Paris (51e, 314pj, 62-132=194), Mathieu Carle (49e, 258pj, 49-146=195), Alexandre Vigneault (42e, 300pj, 35-166=201), Jonathan Girard (40e, 179pj, 50-151=201) et Danny Groulx (1er, 341pj, 66-266=332).

Au niveau des ailiers droits, pas moins de trois ex-représentants du Titan figurent dans le top-5. Il s’agit de Mathieu Benoît (7e, 305pj, 216-202=418), Thomas Beauregard (63e, 256pj, 154-140=294) et Sénèque Hyacinthe (91e, 301pj, 110-159=269).

Sur le flanc gauche, cinq ex-joueurs du Titan figurent dans le top-100, en l’occurrence Ramzi Abid (12e, 250pj, 155-237=392), Mathieu Roy (45e, 268pj, 144-145=289), Mathieu Perreault (51e, 194pj, 93-192=285) et Dany Massé (52e, 332pj, 110-174=284).

Enfin, Marc Bouchard (82e, 331pj, 118-193=311) et Olivier Filion (88e, 276pj, 96-209=305) se trouvent eux aussi dans le top 100 au niveau des centres.

C’EST ARRIVÉ ENTRE LES 22 ET 28 MAI

26 mai 2011 – Nathan MacKinnon produit trois buts et deux passes pour mener les Mooseheads de Halifax à un triomphe de 6 à 4 sur les Winter Hawks de Portland en finale du tournoi de la Coupe Memorial. Jonathan Drouin a également tiré son épingle du jeu avec cinq mentions d’aide.

27 mai 2012 – Anton Zlobin enfile les deux buts des Cataractes de Shawinigan dans un gain de 2 à 1 face aux Knights de London en finale du tournoi de la Coupe Memorial. L’Acadien de Petit-Rocher Justin Haché fait aussi partie de l’équipe de la ville de l’électricité.

28 mai 2000 – Brad Richards y va de deux buts et une passe pour conduire l’Océanic de Rimouski à une victoire de 7 à 2 sur les Colts de Barrie et du coupe permettre à la formation du Bas-Saint-Laurent de remporter le tournoi de la Coupe Memorial.

LES ANNIVERSAIRES DE LA SEMAINE

22 mai – Olivier Galipeau (21), Roman Will (26), Andrew Roski (27), Aaron Barton (31), Marc-Antoine Pouliot (33). Vladimir Kutny (33), Jan Horacek (39).23 mai – Adam Guy (26), Devon MacAusland (27), Gabriel Lévesque (28), Shayne Tremblay (31), Adam Pineault (32), Jonathan Desroches (39).
24 mai – Samuel Robert (24), Zach Sill (30), Guillaume Latendresse (31), Maxime Noreau (31), Zack Firlotte (32), Daniel Houle (34), Xavier Delisle (41), Alain Lemieux (57).
25 mai – Alexandre Picard-Hooper (31), Jean-Philippe Soucy (40), Robert Picard (61).
26 mai – Jack Tucker (18), Alexandre Bernier (21), Vincent Lambert (33), P.J. Stock (43).
27 mai – Félix Meunier (19), Émile Bourque (20), Nick Petersen (29), Jonathan Girard (38), Jean-François Lortie (39), Gaston Therrien (58).
28 mai – Arthur Miller (21), Jonathan Racine (25), David Perron (30), Jean-François Quintin (49).