Luke Cage fait face à une nouvelle menace

Patrice CôtéChroniques

Après Jessica Jones en mars, c’est au tour de l’indestructible Luke Cage de faire un retour sur Netflix. La deuxième saison des aventures du très populaire héros sera mise en ligne le 22 juin.

Mise en ligne en septembre 2016, la première saison de Luke Cage avait attiré de nombreux spectateurs, impatients d’en connaître davantage sur l’intriguant héros (interprété avec beaucoup de charisme par Mike Colter) qui avait fait quelques apparitions remarquées dans Jessica Jones, un peu moins d’un an plus tôt.

Dans une histoire qui s’inscrivait dans la continuité du gigantesque univers Marvel-Netflix (qui inclut notamment Daredevil et Iron Fist), notre héros protégeait Harlem d’un dangereux propriétaire de bar (le très brillant Mahershala Ali), d’une politicienne corrompue et d’un vilain dont les armes permettaient d’imiter les pouvoirs de Cage.

La série, qui rend hommage aux films de flics (noirs) des années 1970 et à la musique du quartier Harlem (hip-hop, soul) a été accueilli chaleureusement par les critiques.

Personnellement, j’avais plus ou moins aimé. Les 13 épisodes étaient individuellement trop longs (plus de 50 minutes chacun, ce qui occasionnait d’inutiles longueurs).

J’avais aussi trouvé que l’aura «film de flic» prenait trop souvent le pas sur la trame narrative et que le personnage le plus intéressant après Cage (Cottonmouth) mourrait trop rapidement.

La série se concluait alors que Cage était transporté en prison – d’où il s’était évadé après avoir été le sujet d’expériences qui lui ont donné sa puissance et son invisibilité.

On se doute que Luke Cage ne passera pas les dix épisodes de la deuxième saison en prison… même si, tout ce qu’on sait sur le récit, est que Harlem fera face à une nouvelle menace.

La très grande majorité des personnages de la première saison sont de retour, dont l’infirmière Claire Temple (Rosario Dawson),  la policière Misty Knight (Simone Missick), l’inquiétant Shades (Theo Rossi) et l’arriviste Mariah Dillard (Alfre Woodard).

Iron Fist (Finn Jones) doit faire quelques apparitions.

Deux nouveaux personnages se greffent à l’ensemble: Bushmaster (Mustafa Shakir), un méchant qui a la réputation d’être plus puissant que Cage, et Tilda Johnson, une scientifique spécialisée dans les armes.

Fait intéressant: chaque épisode a été réalisé par un cinéaste différent. Du nombre, on note la comédienne Lucy Liu (épisode 1) et un des collaborateurs de Downtown Abbey, Andy Goddard (épisode 10).

Quelques suggestions

Envie d’une bonne série? Voici deux suggestions.

Safe (Netflix) – Le mot qui définit le mieux cette série britannique est «mystères». Au pluriel. L’idéateur de la brillante série The Five, l’écrivain Harlan Coben, nous revient avec une autre série où tout est louche. Safe se déroule dans une très cossue banlieue londonienne où demeure le veuf Tom Delaney (Michael C. Hall, photo). Après une soirée entre amis, Jenny, la plus âgée des deux filles de Tom, ne rentre pas à la maison. Quelques jours plus tard, le petit ami de Jenny est retrouvé mort, une voisine est accusée d’entretenir des relations intimes avec un de ses élèves et Tom découvre qu’il ignorait un grand pan du passé de sa femme. Les six premiers épisodes de la série sont en ligne et les deux derniers le seront jeudi. À voir absolument si vous n’avez pas peur de vous torturez les méninges.  (4/5)

The Rain (Netflix) – Au Danemark, un mystérieux virus propagé par la pluie a tué 99% de la population. Mis à l’abri par leur père dans un bunker, Simone et Rasmus en ressortent six ans plus tard, dans une zone de quarantaine où sévit la loi de la jungle. Aidé d’alliés improbables, le duo tentera de retrouver son père, un scientifique qui sait peut-être d’où vient le virus. Et comment le guérir. Après les trois premiers épisodes de cette série danoise, je n’étais pas convaincu. Oui, les images extérieures sont exceptionnelles et la jeune Alba August est brillante. La série n’offrait toutefois rien de bien nouveau. À partir de l’épisode 4, les thèmes abordés deviennent plus sombres et les personnages bien mieux définis. The Rain est donc une série qui récompense la patience. (3,5/5)

13 Reasons Why: des critiques acerbes

Bien peu de séries ont fait autant parler d’elle en 2017 que 13 Reasons Why (Netflix). Tout d’abord parce qu’elle fut un succès critique, mais aussi, parce que de nombreuses voix se sont élevées, craignant que l’oeuvre engendre une vague de suicides chez les adolescents. La deuxième saison s’intéresse à nouveau au suicide d’Hannah Baker, mais cette fois, dans le cadre d’un procès. Et les critiques sont plus ou moins impressionnés… Le Rolling Stones, pour un, est très acerbe, accusant les créateurs de faire de la télévision d’exploitation, chose qu’ils n’avaient pas osé faire lors de la première saison. Le New York Magazine, de son côté, souligne que la série manque de nuances et de substance pour générer une conversation sur un sujet aussi lourd.

L’horreur en mode anthologie

Les services de diffusion tentent d’attirer les fanatiques d’horreur sur leurs plateformes. Pour ce faire, ils mettent de côté le format télévisuel traditionnel et optent pour l’anthologie (qui consiste en plusieurs épisodes liés par un thème, et non pas par une histoire). Netflix et Hulu ont donc annoncé ce mois-ci leurs plans de lancer une série d’anthologie d’horreur dans les prochains mois. Chez Hulu – qui diffusera le 25 juillet le premier épisode de Castle Rock, une série d’anthologie sur l’oeuvre de Stephen King – Into the Dark consistera en douze épisodes diffusés à raison de un par mois (dès octobre). Du côté de Netflix, qui ne recule jamais devant la dépense, on a recruté Guillermo del Toro, récemment récompensé de l’oscar du meilleur réalisateur pour The Shape of Water. Le Mexicain va écrire et réaliser une série d’histoires «personnelles, sophistiquées et terrifiantes». Netflix n’a pas précisé à quel moment la production va se mettre en branle.

BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS

Amazon Video

  • Goliath – saison 2 (15 juin) – Présentée en 2016 sur Amazon, la première saison de cette série de David E. Kelley (Ally McBeal, Boston Legal) a permis à Billy Bob Thornton  de remporter un Golden Globe dans le rôle d’un avocat en quête de rédemption.

Nouveaux films d’intérêts: The Natural (1er juin), Lady Bird (3 juin), Out of Africa (13 juin), The Interpreter (13 juin), Vertigo (13 juin), Senna (13 juin) et Shutter Island (26 juin)

Hulu

  • Cloak & Dagger (8 juin) – La troisième saison de Rick and Morty ne passera pas inaperçue, mais beaucoup de yeux sont tournés vers Cloak et Dagger, deux superhéros méconnus de l’univers Marvel qui font leurs débuts sur un service qui n’est pas Netflix.

Nouveaux films d’intérêts: A Beautiful Mind (1er juin), Trainspotting (1er juin), Brokeback Mountain (1er juin), la trilogie The Lord of the Rings (1er juin), Apollo 13 (1er juin), Hellboy (2004) et Blade Runner 2049 (2 juin)

Netflix

  • Sense8 – dernier épisode (8 juin) – Sortie de l’imagination des créateurs de The Matrix, la série Sense8 fait l’objet d’un véritable culte dans certains milieux. Le public a crié sa colère quand la série a été mise au rancart après deux saisons.  Netflix leur offre donc un dernier épisode pour boucler la boucle.

Nouveaux films d’intérêts: Blue Jasmine (1er juin), The Departed (1er juin), Miracle (1er juin), The King’s Speech (2 juin), National Treasure (1er juin), Thor: Ragnarok (5 juin), Star Wars: The Last Jedi (28 juin)

Le classique du mois

L’histoire de Transpotting est absolument fascinante. Tout d’abord parce qu’il s’agit d’une comédie qui traite… de la dépendance à l’héroïne. Mais aussi, parce que le film a mis au monde deux des visages les plus connus du cinéma britannique contemporain: le comédien Ewan McGregor (Obi-Wan Kenobi dans Star Wars) et le réalisateur Danny Boyle (28 Days Later, Slumdog Millionnaire). Lancé en 1996, le film est devenu l’objet d’un culte instantané, sa trame sonore se hissant même au sommet des palmarès. L’oeuvre – qui a un petit quelque chose de Tarantino – est aujourd’hui considérée comme une des meilleures de l’histoire du cinéma britannique.

Prochain rendez-vous: le 30 juin