Surcyclage

Mélanie CôtéChroniques

«Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme» – Antoine Lavoisier

Nous nous plaisons à déposer nos récipients vides, rincés bien sûr, dans notre joli bac bleu, accomplissant notre devoir de citoyen. Certes, le recyclage permet une récupération des déchets en les transformant et en les réintroduisant dans le cycle de production. N’oublions pas toutefois que des procédés chimiques et mécaniques entrent en jeu, que d’autres ressources doivent être utilisées pour compléter cette transformation et que le processus pollue la biosphère. De plus, la qualité de la matière première est parfois altérée: la matière est sous-cyclée, c’est-à-dire, elle devient de moins en moins recyclable. En bout de ligne, ces matières deviennent donc de simples déchets, ou encore pire, des déchets toxiques.

Recyclage, pousse-toi un peu et fais de la place au surcyclage!

Le surcyclage est un recyclage «par le haut». Outre que l’on veuille donner une nouvelle vie à un objet obsolète, on tient à ce que l’intégralité de l’objet soit valorisée et aussi qu’un recyclage illimité de la matière utilisée s’avère possible. En plus de récupérer et réutiliser, il s’agit d’accorder une utilité novatrice et supérieure à un objet en fin de vie. Chose intéressante, le mouvement du surcyclage (ou «upcycling») s’enorgueillit de ses réalisations chics et artistiques.

Bien que la conceptualisation du surcyclage soit de fraîche date, la pratique – née d’une nécessité immédiate – existe depuis longtemps. Aujourd’hui, ce nouvel élan s’impose dans un contexte de développement durable afin de contrer l’épuisement et la contamination de nos ressources. Réflexion faite, la nécessité immédiate demeure.

Les auteurs McDonough et Braungart, à qui certains attribuent le terme «upcycling», déclarent cette intention: «Le but de l’upcycle est un monde délicieusement prodigue, sans danger, sain, juste, avec de l’air, de l’eau, un sol et de l’énergie propres – dont nous jouirions tant d’un point de vue économique qu’écologique, et le tout avec noblesse et respect». Ces auteurs font pression en faveur de créations de produits qui peuvent être recyclés à l’infini et qui sont faits de matériaux non toxiques. Ce duo gagne du terrain et il aspire même à l’élimination de la notion de déchets.1 Sans avoir à œuvrer dans le domaine de la conception de produits, nous pouvons introduire le surcyclage dans nos vies (à petite échelle) et soutenir les compagnies qui s’y souscrivent. Je vous présente quelques exemples de projets.

Surcyclage: à grande échelle

  • Portefeuilles fabriqués avec de vieilles chambres à air
  • Robes confectionnées avec des gants de baseball abîmés
  • Grandes œuvres d’art sculptées en polystyrène
  • Bancs publics faits avec des mégots
  • Maisons construites avec des bouteilles en plastique

Surcyclage: simple bricolage

  • Tapis de salle de bains façonné avec des bouchons de liège
  • Table réalisée avec un tiroir d’une commode détériorée
  • Serpent composé de bouchons de plastique
  • Abat-jour paré de pages d’un livre usé
  • Crochets pour manteaux créés avec des fourchettes tordues

Réinventons!

Défi de la semaine

Déchaînez votre créativité. Entreprenez un projet de surcyclage, si petit soit-il, à la maison. Appréciez la transformation. Répétez.