Les Sea Dogs font gronder la LHJMQ

Je peux déjà vous annoncer que les Sea Dogs de Saint-Jean seront parmi les principaux favoris pour rafler les grands honneurs lors des saisons 2020-2021 et 2021-2022. Et je peux également vous assurer que ça gronde pas mal chez plusieurs équipes de la ligue.

À n’en point douter, certains directeurs généraux ont avalé de travers leur salive quand ils ont appris que Joshua Lawrence et Charlie DesRoches avaient décidé de joindre l’équipe de la Ville portuaire après avoir pourtant garanti les autres équipes que la NCAA était leur seule option. Lawrence et DesRoches étaient respectivement compromis avec les universités de Boston et d’Eastern.

Un DG m’a même confié que les Sea Dogs, dans le passé, avaient au moins la délicatesse d’attendre quelques semaines, quand ce n’était pas quelques jours avant le début du camp d’entraînement, avant d’annoncer le changement d’idée d’un récalcitrant.

Cette fois-ci, ils n’ont même pas attendu que les sièges du Centre Gervais Auto deviennent tièdes. Je vous rappelle que le repêchage a eu lieu pas plus tard que samedi. «Pourquoi attendre avant de célébrer?», ont-ils dû se dire.

Ce modus operandi, les Sea Dogs l’utilisent depuis déjà une dizaine d’années. Les Mooseheads de Halifax sont aussi friands de cette stratégie qui donnent des cheveux gris aux équipes en provenance de petits marchés. Idem pour les Knights de London en Ontario. La LHJMQ soutient avoir adopté des règles pour contrer cette façon de faire, mais il est évident qu’elles ne fonctionnent pas.

En tout cas, ça démontre à quel point la montagne peut être haute à grimper pour qu’un petit marché puisse savourer un championnat.
Déjà que les gros marchés ont les poches pleines de beaux dollars pour faire venir les meilleurs Européens, c’est plutôt désolant qu’année après année les petits marchés doivent aussi subir l’affront des mensonges de certains des meilleurs espoirs qui préfèrent les pâturages de Saint-Jean, de Halifax, de Moncton, de Québec et de Rimouski.

Mais comme on dit, money talk.

Neuf des 65 meilleurs espoirs

Malgré cette grande injustice, force m’est d’admettre que le directeur général Trevor Georgie et son équipe de recruteurs y ont mis le paquet samedi. Croyez-le ou non, ils ont repêché neuf des 65 joueurs les mieux répertoriés par le Centre de soutien au recrutement de la LHJMQ, dont six qui figuraient dans le top 30.

Ils sont dans l’ordre William Villeneuve (répertorié au 2e échelon et repêché au même rang), Jérémie Poirier (4e par le CSR et choisi en 8e position), Joshua Lawrence (6e, 15e), Brady Burns, (25e, 29e) Dawson Stairs (26e, 109e) et Charlie DesRoches (30e, 32e). Alexandre O’Neill (55e, 82e), Mathias Savoie (60e, 62e) et Connor Richard (65e, 163e) se retrouvent pour leur part dans le top-65.

Ajoutez à cela Jack Williams (1er au total) et Cade DeStefani (19e), tous deux sélectionnés lundi lors de l’encan américain, qui sont considérés parmi les meilleurs joueurs d’avenir de nos voisins du Sud.

Tandis que j’y pense, combien vous pariez que les Sea Dogs vont accueillir le tournoi de la Coupe Memorial en 2022?