J’aurais voulu être…

Avec une soixantaine d’autres, j’ai participé, en fin de semaine dernière, à l’assemblée générale annuelle de l’AAAPNB; elle se déroulait entre la plage des Aboiteaux et le centre communautaire de l’Écoparc de Cormier-Village, dans le coin de Cap-Pelé.

Il est très, très inspirant ce paysage de l’intérieur de nos terres, que la plupart d’entre nous parcourait pour la première fois. Allant et venant le long de ces chemins de campagne, me voilà déjà à en convoiter une histoire, un déroulement, un découpage fin recréant ici, à Cormier-Village, notre pays de Cocagne. Mon regard s’étire, (s’appro)visionne.

Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai participé à ces rencontres longues. Retrouvailles, connexions, travail et détente, tout cela en équilibre.

La réunion d’affaires avait lieu le dimanche. Oui, celle où il y a risque de s’accrocher dans les fleurs du tapis, où l’on éprouve l’imperfection du système, la roue qui tourne carré, la réalité friction. Grincements (im)prévisibles. Bref, des heures agréables, mais astreignantes par moments.

Quand cela se termine, de Cormier-Village je m’évade, survolant de somptueux champs vert émeraude – d’anciennes terres cultivées, encore belles – là, une petite maison à vendre, tiens! – tout cela en me demandant si je suis vraiment une artiste.

– Qu’est-ce que tu fais toute la journée?

– Oui, qu’est-ce que je fais toute la journée, tu peux me le dire? Tu sais, je suis née comme ça et je mourrai comme ça. Je ne sais pas ce que je fais toute la journée.

C’est l’actrice française Sylvie répondant à Marguerite Duras en 1965.

Au retour, pour m’aérer l’esprit, je m’étais replongée dans Outside (les femmes, les femmes surtout! il faut lire ses entretiens avec d’autres femmes – elles, nous, artistes ou pas. Du vrai champagne! Folio 5705).

Tout compte fait, je pense bien, il en irait d’une loi sur le statut de l’artiste comme de nos lois sur les langues officielles, un enfer à faire respecter. Des actions beaucoup plus conséquentes cibleraient notre propre ministère de l’Éducation, affaire de corriger certains maux à la base.

Et de grâce, remettez Cap-Pelé sur les panneaux d’affichage!