30 ans en arrière

La déclaration de la semaine appartient sans aucun doute à l’ancien gardien de but de l’équipe de hockey des Aigles Bleus de l’Université de Moncton, Adrien Lemay.

Lorsque le collègue Stéphane Paquette l’a interrogé, lui et son compagnon de projet Mathieu Martin, sur la création de l’Académie sport-arts-études de l’Atlantique, l’ex-portier du Bleu et Or a eu cette réponse pour le moins directe: «Honnêtement, on est au moins 30 ans en arrière au Nouveau-Brunswick au niveau des structures».

Et vlan! Dans les dents!

Lemay n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais il a raison. Totalement raison.

À l’aube des prochaines vacances estivales – pleinement méritées, à n’en point douter – pour des milliers de jeunes et d’enseignants, je ne comprends toujours pas pourquoi notre système d’éducation au Nouveau-Brunswick n’a pas encore planché sur la possibilité d’instaurer des programmes sport-arts-études dans la plupart, sinon toutes nos écoles secondaires.

Ce qui se fait actuellement est du cas par cas, alors que des polyvalentes réussissent tant bien que mal à s’associer à diverses organisations sportives afin de permettre à des athlètes élites de pouvoir s’entraîner l’après-midi tout en suivant leurs cours en avant-midi. Ça prend du courage et de l’organisation pour lancer de telles initiatives individuelles, ce qui va bien au-delà des tâches normales accordées à nos directions d’école.

Leurs efforts sont louables et nous pouvons les féliciter là-dessus, certes, mais un peu de collaboration de la part de Fredericton ne serait certainement pas de refus!

Au Québec, de tels programmes existent depuis si longtemps qu’il est révolu le temps où on se demandait à quoi tout ça pouvait bien rimer. La preuve est maintenant faite par 1000 que les participants obtiennent de meilleurs résultats scolaires – parce qu’ils sont davantage motivés – tout en optimisant leurs aptitudes sportives.

Un esprit sain dans un corps sain, ce n’est pas seulement une maxime que l’on dépoussière de temps à autre pour se donner bonne conscience. Ça doit amener des actions concrètes.

À l’heure où notre système d’éducation cherche des solutions afin d’améliorer l’apprentissage chez ses élèves autant francophones qu’anglophones, l’option des programmes sport-arts-études devrait faire partie non seulement des prochaines discussions dans les bureaux du ministère, mais un plan de mise en place devrait être déjà sur la table pour septembre. Et là, on ne parle pas de septembre 2030!

Cependant, on en vient à se demander si ça semble sérieusement intéresser notre ministre ou encore ses fonctionnaires.

Pourtant, ce que démarrera l’Académie sport-arts-études de l’Atlantique à l’automne n’est pas sorcier! Cette méthode pourrait aisément être empruntée et élaborée dans d’autres écoles de la province, sous l’égide d’un gouvernement qui prendrait vraiment à coeur la réussite scolaire de ses jeunes élèves.

Ce sera intrigant de constater, en pleine campagne électorale, si les partis politiques détiendront un plan précis là-dessus. Mais mon petit doigt me dit que je risque fort d’être déçu et que si j’attends après un tel engagement pour décider dans quelle case je placerai ma croix dans l’isoloir, aussi bien passer mon tour!

Alors, ça ne sera pas 30 ans de retard que nous aurons sur le Québec dans le programme sport-arts-études, mais probablement 40, sinon 50…