Joie de la rencontre

Serge ComeauChroniques

Les disciples du Christ savent très bien qu’ils ne peuvent pas se contenter d’une pratique religieuse ponctuelle s’ajoutant à la vie ordinaire comme un condiment accompagne un plat. En plus d’être célébrée, la vie chrétienne a besoin d’être nourrie. Notamment par l’éducation et l’approfondissement de la foi.

Depuis l’automne dernier, une cinquantaine d’adultes de la paroisse des Saints-Cœurs-de-Jésus+Marie vivent une expérience de catéchèse pour cet âge de la vie. Plusieurs avaient exprimé le désir de se familiariser avec la pensée du pape François et sa vision de l’Église. La lecture d’un document pontifical a donc été le point de départ de discussions intéressantes.

En novembre 2013, François a publié son premier grand texte. Il s’agissait d’une exhortation apostolique sur La joie de l’Évangile. Dans ce texte, nous retrouvons les idées, le message, mais aussi le langage, les images, le style simple et direct du pape. Il présente son programme et indique des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années. Dans ce texte pastoral, François aborde des thèmes liés à la vie de l’Église et au cheminement de foi.

Ensemble, nous avons entrepris une lecture suivie de ce texte. Ainsi, depuis l’automne dernier, chaque mois est l’occasion d’une rencontre pour s’approprier ce texte. Ce qui est ressorti de ces sessions (en petits groupes et en plénière) a nourri l’engagement de plusieurs. Je partage avec vous quelques-unes des découvertes que nous avons faites ensemble. Elles recevront peut-être un écho dans votre expérience ou votre pastorale.

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D’emblée, ce qui frappe à la lecture du texte, c’est l’omniprésence de la joie. Celle-ci est un indice de la vie spirituelle. Mais pas n’importe quelle joie: celle qui se reçoit comme un don de Dieu et qui peut se vivre même au cœur des épreuves. La joie ne se vit pas de la même façon à toutes les étapes et dans toutes les circonstances de la vie.

Pour découvrir cette joie fraîche, François invite chacun de renouveler sa rencontre personnelle avec Jésus, ou au moins à prendre la décision de les laisser rencontrer par lui. Il le fait en s’appuyant sur ces paroles de son prédécesseur, Benoît XVI: «À l’origine du fait d’être chrétien il n’y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec une Personne qui donne à la vie un nouvel horizon». Cette rencontre libère de l’isolement et de l’autoréférence pour permettre de développer de nouvelles potentialités.

Comme tout bien, cette rencontre cherche à se communiquer. Un trésor ne peut être gardé pour soi: il fructifie lorsqu’il est partagé et perd sa valeur lorsqu’il est enfoui. Ainsi, chaque chrétien est appelé à devenir disciple-missionnaire. Il n’est pas possible d’être l’un ou l’autre. Il faut être à la fois disciple et missionnaire. Sinon, ça boite!

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L’annonce de l’Évangile ne doit jamais être imposée ou faite par la force. Au contraire: c’est par attraction que d’autres doivent avoir le goût de suivre les chrétiens. François invite à trouver de nouvelles voies et des méthodes créatives pour annoncer Jésus, en se «concentrant sur l’essentiel, sur ce qui est plus beau, plus grand, plus attirant et en même temps plus nécessaire» (no 35).

Enfin, le pape rappelle le danger qui guette toute institution: se faire valoir par une bureaucratie impeccable. Les structures renferment, cherchent à contrôler la grâce et donnent une fausse protection. Au contraire: les disciples doivent avoir l’audace de l’annonce évangélique.

C’est à un grand ménage que le pape convie son Église. Un temps pour ouvrir les portes et les fenêtres pour laisser entrer l’air. Une bouffée de printemps! C’est à cette condition que l’Esprit pourra pénétrer dans les maisons. Il saura faire du neuf, Lui qui est le premier évangélisateur.

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Animé la dernière rencontre du groupe d’éducation de la foi où le partage s’est articulé autour de la responsabilité commune de transmettre l’esprit des béatitudes dans un monde lassé de carburer aux conflits et aux gonflages d’egos surdimensionnés.

Rappelé la connexion intime entre évangélisation et promotion humaine. La rencontre avec le Christ ne peut se vivre qu’entre Lui et moi. C’est un piège à éviter dans toute prière. La vie chrétienne doit contribuer à la construction du Royaume de justice et de paix.

Participé au 25e anniversaire de fondation du Comité des Douze. Ce groupe de militants veut résoudre les causes structurelles de la pauvreté. Leur engagement est l’écho de François: «Les plans d’assistance qui font face à certaines urgences devraient être considérés seulement comme des réponses provisoires. (…) La disparité sociale est la racine des maux de la société.» (EG, no 202).

Sondé la vitalité de notre paroisse lors d’une réunion avec le conseil pastoral. Pour éviter d’être obsédé par des questions limitées et particulières, il importe d’élargir le regard: travailler sur ce qui est proche de nous, parfois petit, mais dans une perspective large. N’est-ce pas aussi le travail et la motivation des papas? Bonne fête des pères!