Fredericton, on a un problème

Mercredi après-midi, vers 14h15, on était quelques journalistes à participer à une conférence téléphonique avec le ministre responsable des langues officielles, Brian Kenny.

Ce vieux routier avait été envoyé au bâton par le gouvernement provincial pour réagir au dernier rapport annuel de la commissaire aux langues officielles, Katherine d’Entremont, déposé quatre heures plus tôt.

Comme le document en question était accompagné d’un bon sommaire (et que le ministre est appuyé par des fonctionnaires), je me suis dit qu’il avait au moins eu le temps de prendre connaissance de ses grandes lignes.

Mais non.

Très rapidement, on a compris que Brian Kenny n’avait pas lu le rapport (parce qu’il venait de sortir d’une réunion du cabinet, nous a-t-il dit). Pire encore, il ne semblait même pas avoir la moindre idée de ce qu’il contenait.

Avec des confrères d’autres médias, j’ai essayé de l’amener à commenter la recommandation principale de Katherine d’Entremont (la création d’un secrétariat aux langues officielles).

On s’est tous heurté à un mur. Il a tourné en rond et a même refusé de nous dire quand il serait prêt à se prononcer. C’était à se demander s’il avait même l’intention de lire le rapport dans un avenir rapproché.

Si l’on se fie à des événements récents, on a intérêt à ne pas retenir notre souffle.

Le 14 mai, cinq jours après le dépôt d’un rapport accablant de la commissaire sur l’examen d’accréditation des infirmières, il avait dit à un journaliste de Radio-Canada qu’il n’avait pas de commentaire à faire ce jour-là parce qu’il n’avait «pas eu le temps de regarder ça cette semaine.»

Ce rapport d’à peine 21 pages (37 en comptant les annexes) était pourtant brûlant d’actualité et tombait en plein coeur de ses responsabilités ministérielles.

Tout ça m’amène à me demander si Brian Kenny prend vraiment le dossier des langues officielles – qui est la source de tensions communautaires soutenues – au sérieux.

Peut-être que oui… mais ce n’est pas du tout l’impression qu’il a donné au cours des dernières semaines.