À vos marques, prêts, partez!

L’offre d’emploi pour le poste de recteur de l’Université de Moncton a été publiée la semaine dernière. Elle était attendue depuis longtemps.

En coulisses, bien des gens se demandaient si l’institution allait mettre un peu d’eau dans son vin en établissant le profil recherché.

C’est bel et bien ce qu’elle a fait. Cette fois – contrairement au dernier processus de sélection – tout porte à croire que les candidats qui ne détiennent pas de doctorat et qui n’ont pas passé la majeure partie de leur carrière dans le monde universitaire auront une chance.

Ce changement peut sembler insignifiant, mais il devrait avoir une influence majeure sur la course. Certaines grosses pointures qui la suivaient de loin pourront sortir de l’ombre sans craindre de subir le même sort que Bernard Richard en 2011-2012.

À l’époque, la firme de chasseurs de têtes embauchée par l’U de M avait approché cet ex-ministre et ex-ombudsman (qui jouit d’une bonne réputation et qui a un C.V. long comme le bras… mais qui n’est pas détenteur d’un doctorat) afin qu’il se porte candidat à la succession d’Yvon Fontaine.

Il avait finalement été écarté de la course entre autres parce qu’il n’avait pas assez d’expérience universitaire (même si, selon lui, il avait parlé longuement de cette lacune avec les recruteurs avant de déposer sa candidature).

On ne saura jamais ce que ce leader aurait pu accomplir s’il n’avait pas été tassé de la sorte.

Tout ce qu’on sait, c’est que l’U de M s’est retrouvée avec un recteur qui était parfait sur papier, mais qui n’a pas été en mesure de soulever les passions.

Le règne de Raymond Théberge ne passera pas à l’histoire. Il n’a été ni catastrophique ni remarquable. Son règne a été… beige.

Cette fois, l’Université de Moncton lance le message qu’elle est prête à sortir des sentiers battus.

Cela ne veut pas dire qu’elle fera preuve d’audace ni qu’elle trouvera la perle rare. Mais au moins, elle met toutes les chances de son côté. C’est déjà ça de gagné.