Tragédie de Fredericton: après le deuil

«Une fusillade a fait quatre morts… à Fredericton? Voyons donc, c’est quoi cette affaire-là?»

C’est à peu près ainsi que j’ai réagi, vendredi matin, en ayant vent ce qui se tramait dans la capitale.

Sur le coup, j’ai eu peine à y croire. Pour l’amour, Fredericton, c’est quand même pas Caracas ou Mogadiscio! C’est une petite ville de fonctionnaires et d’étudiants, pas une zone de guerre.

Aujourd’hui, l’heure est au deuil collectif et au recueillement.

Plusieurs enfants ont perdu un parent. Des tonnes d’autres proches sont touchés. La ville est profondément ébranlée par cet épisode violent. Le reste du Nouveau-Brunswick aussi.

Si je me fie à ce que l’on a vécu à Moncton, dans la foulée de la fusillade du 4 juin 2014 (lors de laquelle un jeune homme détestant l’autorité a abattu de sang-froid trois policiers et en a blessé deux autres dans un quartier résidentiel), la plaie va prendre du temps à se refermer à Fredericton. Et c’est tout à fait normal.

Je souhaite à cette communauté du courage au cours des prochaines semaines. Elle en aura besoin.

J’espère aussi qu’elle obtiendra des réponses sur ce qui s’est passé vendredi matin. Parce que jusqu’à maintenant, tout cela reste plutôt flou.

J’espère aussi qu’elle aura l’occasion – en temps et lieu – de se pencher sur les causes plus profondes de la tragédie (qui pourraient notamment être psychologiques, économiques et sociales) et d’essayer d’en tirer des leçons.

Si je dis ça, c’est parce que j’ai encore l’impression que l’on ne s’est jamais vraiment prêté à cet exercice à Moncton, plus de quatre ans après la tragédie.

Cela s’explique en partie parce que l’auteur de la fusillade a rapidement plaidé coupable et que les procédures devant les tribunaux ont été particulièrement expéditives.

Mais attention, ne croyez pas que je propose de plonger dans cette réflexion dès maintenant à Fredericton, alors que les obsèques des victimes n’ont pas encore eu lieu.

Chaque chose en son temps.