Je n’ai aucune espèce d’idée qui va gagner les élections

«Pis, qui va gagner? Gallant ou Higgs? Toi, t’aimes ça la politique, tu dois bien avoir une opinion, non?

Des amis et des connaissances me posent cette question de temps en temps ces derniers temps, à l’aube du début de la campagne.

Au risque de les décevoir, je leur réponds que je n’en ai pas la moindre idée, mais que la course s’annonce serrée en titi.

Je sais bien que ce n’est pas très excitant comme analyse. Mais c’est ce que je pense, sans blague.

Je ne dis pas ça parce que je tiens à tout prix à la sacro-sainte objectivité.

Que nenni! Si je dis ça, c’est parce que je n’ai jamais été aussi incertain de l’issue d’une course. C’est pas plus compliqué que ça.

En 2014, c’était si clair. On savait à quoi s’attendre.

Les libéraux menaient très largement dans les sondages depuis des mois et des mois. En mai 2014, leur avance était de 26 points, selon Corporate Research Associates. Vingt-six points!

On savait depuis belle lurette que les progressistes-conservateurs avaient besoin d’un petit miracle pour s’accrocher au pouvoir. Et malheureusement pour eux, cela ne s’est pas produit.

Mais cette fois, c’est pas mal moins évident.

En mai dernier, l’avance des libéraux n’était que de 14 points selon CRA (tandis que d’autres firmes estiment que l’écart est moindre).

Ce coussin ne sera pas suffisant pour permettre à Brian Gallant et à sa gang de l’emporter les doigts dans le nez.

D’autant plus que le nombre d’indécis, à 31%, est près de deux fois plus élevé qu’en 2014 (selon CRA).

C’est énorme et ça veut dire que les partis ne pourront rien tenir pour acquis.

Une couple de gaffes, quelques erreurs stratégiques et hop: quatre ans à pourrir dans l’opposition.

Et c’est sans doute mieux ainsi, parce qu’une campagne, c’est un peu comme un bon roman policier: c’est pas mal plus intéressant si on ne sait pas comment ça va finir.