Le social n’est pas du luxe

On peut avoir l’impression que les dossiers que le Nouveau-Brunswick doit confronter sont surtout économiques. On aurait raison. Et on peut avoir l’impression que ces questions «économiques» se résument à comment appuyer les entrepreneurs afin qu’ils se fassent davantage de profit. On aurait tort.

L’économie doit autant aux questions sociales qu’aux marchés. Les familles et les services publics ont autant à voir avec la production de richesses que les entrepreneurs. Une société saine dans une économie saine, c’est un but rationnel.

En fait, l’économie, c’est comment on s’organise, ce sont les choix qu’une société fait pour répondre aux besoins et réaliser son potentiel, ses choix des critères à respecter et des risques acceptables.

L’économie d’une société reflète ses valeurs. Ainsi on peut renoncer à certaines industries et occasions afin de ne pas mettre à risque le bien-être de notre environnement ou de nos gens, comme on peut choisir de seulement appuyer des entreprises offrant des salaires viables ou juger que les garderies sont aussi importantes pour se rendre au travail que les ponts et les chemins.

Les garderies sont justement un domaine qui a vu des améliorations importantes ici ces dernières années. Qu’a eu à dire le chef du People’s Alliance Party suite aux récentes annonces? Que la province ne peut se payer un autre programme social, surtout quand on gaspille déjà tant pour la dualité, dit-il, alors qu’il faut se concentrer sur notre déficit budgétaire. Rentrez à la maison, mesdames, fermez les services, messieurs, éteignez les lumières, citoyens.

On devrait accepter l’austérité et les coupures parce qu’il ne faut «surtout pas laisser un fardeau de dette à nos enfants et petit-enfants»? Mais on ne veut pas leur léguer une économie ou une société morte non plus. Et dites donc où et quand l’austérité a ramené la prospérité, parce que ça, personne ne le dit. Tant qu’à dépenser de l’argent qu’on n’a pas, mieux vaut le faire afin de créer de la capacité que de dépenser davantage en catastrophe plus tard.

Les questions sociales feront des apparitions dans la campagne électorale. Mais il faudra veiller à ne pas se laisser faire accroire que le social doit attendre l’économique. Parce que là, il faudra obtenir une réponse à savoir pourquoi il faut laver la vaisselle si on n’a pas mangé.