Finances publiques: le retour des années de vaches grasses?

Nous avons eu droit à toute une surprise mardi matin.

Dans son dernier budget, le gouvernement Gallant prévoyait un déficit de 115 millions $ pour l’exercice 2017-18 et repoussait à 2021-22 le retour à l’équilibre budgétaire. Or, le voici qui dévoilait mardi un surplus de 67 millions $!

Que s’est-il passé? Le gouvernement a-t-il voulu gérer nos attentes afin de nous offrir cette surprise qui tombe à point nommé, juste au moment où s’amorce la campagne électorale?

Il faut dire que seul un cynique aurait eu l’audace de nous annoncer une vague d’encre rouge pour quatre années encore, tout en sachant qu’un surplus était à nos portes.

Personnellement, je ne crois pas que le gouvernement ait fait montre d’un tel cynisme.

La réalité, c’est que le surplus a été principalement causé par une croissance beaucoup plus forte que prévu des revenus. Or, si le gouvernement peut assez bien contrôler ses dépenses, ce n’est pas la même chose du côté des revenus.

L’an dernier, les impôts, taxes et autres frais touchés par Fredericton ont fait un bond spectaculaire de 5,7%. C’est presque le double de la moyenne des dix années précédentes.

Alors, fort de ce surplus-surprise, est-ce que le gouvernement Gallant peut maintenant coller une banderole indiquant «mission accomplie» sur son autobus de campagne?

Pas vraiment. Si l’on prend un peu de recul, le bilan du gouvernement n’est pas très reluisant. Au cours des trois dernières années, les provinces voisines du Nouveau-Brunswick ont toutes profité d’un cycle économique favorable pour mettre de l’ordre dans leurs finances publiques. Depuis 2015, le Québec a diminué sa dette d’environ mille dollars par habitant et la Nouvelle-Écosse a baissé la sienne de quelques centaines de dollars.

Le Nouveau-Brunswick, pour sa part, a vu sa dette augmenter de près de mille dollars par habitant.

Dans les années à venir, il est presque assuré que la croissance des revenus va revenir sur terre. Du côté des dépenses, par contre, c’est l’inverse qui risque de se produire alors que les baby-boomers franchiront le cap des 75 ans.

Il n’y a donc pas d’années de vaches grasses à l’horizon.