La création d’emploi sous les libéraux de Gallant

Durant la dernière campagne électorale, le Parti libéral avait promis de créer 10 000 nouveaux emplois.

Une fois élu, le premier ministre Gallant s’était empressé de clarifier sa promesse. Il n’était pas question d’augmenter de 10 000 le nombre global d’emplois au Nouveau-Brunswick, mais plutôt simplement de créer ce nombre d’emplois par les biais de mesures gouvernementales.

La nuance était importante car la population vieillit rapidement. Au cours des trois dernières années, le Nouveau-Brunswick a perdu environ 9000 travailleuses et travailleurs dû au simple fait que les gens qui partent à la retraite sont bien plus nombreux que ceux qui se joignent au marché du travail. Dans un tel contexte, augmenter de 10 000 le nombre global d’emplois aurait été un défi colossal.

Au final, si l’on se fie aux données annuelles – beaucoup plus fiables que les données mensuelles – le Nouveau-Brunswick a perdu environ 1000 emplois sous les trois premières années du règne de Gallant.

Ironiquement, le gouvernement a de quoi se réjouir de ce résultat. La réalité, c’est que le marché de l’emploi a largement défié les forces de la démographie grâce à un net recul du chômage, qui est passé d’environ 10% en 2014 à 8% en 2017.

Reste à savoir à qui revient le crédit pour cela. Certes, l’économie a connu une embellie ces dernières années, profitant de vents favorables tels qu’une baisse marquée du huard et du prix du pétrole vers la fin 2014, ainsi qu’une économie nord-américaine qui roule présentement à plein régime. Le gouvernement, comme de raison, pense plutôt que c’est grâce à lui.

Peu importe. Dans les années à venir, le défi à l’échelle du Nouveau-Brunswick ne sera pas tant de créer des emplois que de trouver des gens pour les occuper. La pénurie de main-d’œuvre s’accentue un peu partout à travers la province. Des restaurants ferment leurs portes les fins de semaine, faute de main-d’œuvre. Des entrepreneurs déplacent leurs activités à l’extérieur de la province pour la même raison. D’autres partent à la retraite et ferment boutique, faute de relève.

Notre monde change devant nos yeux. Il va falloir s’ajuster. Nous en discuterons dans une prochaine chronique.