Un vote francophone captif?

Brian Gallant aurait-il oublié que c’est le vote francophone qui lui a permis de devenir premier ministre du Nouveau-Brunswick en 2014? En remportant la victoire dans 15 des 16 circonscriptions majoritairement francophones, le Parti libéral a pu prendre le pouvoir avec une petite majorité de quelques sièges.

Où était Brian Gallant quand la commissaire aux langues officielles a été prise à partie par ses détracteurs parce qu’elle accomplissait tout simplement son mandat conféré par la loi? Brian Gallant et son ministre responsable des langues officielles Donald Arseneault, au lieu de venir à la défense de celle-ci, ont plutôt choisi de critiquer son travail.

Pourquoi au juste Brian Gallant a-t-il renoncé comme le prévoit l’article 2de la Loi sur les langues officielles de 2002 à être l’ultime responsable de l’application de celle-ci?

Lorsque la commissaire a recommandé que les hauts fonctionnaires puissent lors de leur embauche maîtriser les deux langues officielles, le gouvernement Gallant a accueilli cette recommandation par un non ferme et catégorique. Nous savons très bien que la fonction publique centrale à Fredericton travaille essentiellement en anglais.

Une patate chaude vient de s’inviter dans la présente campagne électorale. L’Association des infirmières et des infirmiers du Nouveau-Brunswick demande à la Cour du Banc de la Reine d’invalider le rapport de l’ancienne commissaire aux langues officielles concernant l’examen d’entrée dans la profession.

La réponse de Brian Gallant en est une des plus classiques. «En raison du fait, bien sûr, que c’est devant la cour, je ne ferai pas d’autres commentaires, mais les commentaires que j’ai faits auparavant vont tenir encore.»

Étant diplômé en droit, celui-ci devrait savoir que rien sur le plan légal ne l’empêche de rappeler à l’ordre l’Association des infirmières et des infirmiers de la province.

Agiter chez les francophones l’épouvantail du chef progressiste-conservateur, Blaine Higgs, est une chose, et proposer des gestes concrets pour faire du Nouveau-Brunswick cinquante ans après l’adoption de la première Loi sur les langues officielles une véritable province bilingue en est une autre.

Le Parti libéral tiendrait-il le vote francophone pour acquis?