Ce dont les partis ne parlent pas

La première demie de la campagne électorale est officiellement terminée et le nombre de sujets qui n’ont pas encore été abordés par les deux principaux partis politiques semble fichûment élevé.

Depuis 16 jours, les progressistes- conservateurs et les libéraux ont un peu parlé d’éducation, moyennement d’économie et beaucoup, beaucoup, beaucoup de santé.

Ce n’est somme toute pas surprenant. La croyance populaire veut qu’il s’agisse des principales priorités des citoyens et c’est probablement en partie vrai.

On pourrait toutefois penser qu’au rythme d’une à deux (parfois trois) annonces par jour, les deux partis qui prétendent au pouvoir auraient dû avoir le temps d’élargir leurs horizons et ainsi, les nôtres.

Par exemple, il n’a pas encore vraiment été question d’environnement depuis le début de la campagne. On sait que Brian Gallant veut utiliser une partie de la taxe sur l’essence, rebaptisée taxe sur le carbone, pour lutter contre les changements climatiques. Il n’a cependant toujours pas expliqué concrètement dans la campagne ce qu’il entend faire exactement de cet argent et selon quel échéancier.

On sait aussi que Blaine Higgs préfère laisser le gouvernement fédéral taxer nos émissions de carbone puis retourner cet argent directement aux contribuables. La façon dont il s’y prendra pour préparer la province aux effets du réchauffement de la planète reste toutefois un mystère.

La liste des sujets dont les bleus et les rouges n’ont pas encore discuté inclut aussi, sans s’y limiter: les garderies, l’immigration, les Premières Nations, le transport en commun, la pauvreté, la santé reproductive des femmes, la place du privé dans le système de santé et le commerce de l’alcool.

Et il n’a surtout pas été question de langues officielles et de l’égalité des deux communautés. On a certes beaucoup parlé de l’unilinguisme de Blaine Higgs et de l’absence de débat en français à Radio-Canada, mais en ce qui concerne l’avenir de la société acadienne, l’épanouissement de sa culture et la lutte à l’assimilation, c’est le désert.

Il faut toutefois laisser la chance aux coureurs, surtout à mi-parcours. Les partis politiques ont toujours plus d’un tour dans leur manche. D’ici au 24 septembre, on se croise les doigts.