Perdre deux Bathurst et un Moncton

Le déclin de la main-d’œuvre est de loin notre plus grand défi économique.

Depuis 2013, Le Nouveau-Brunswick a perdu plus de 11 000 travailleuses et travailleurs. C’est deux fois plus qu’on en retrouve à l’intérieur des limites de Bathurst.

Si les tendances récentes se maintiennent, le Nouveau-Brunswick pourrait perdre environ 40 000 autres travailleurs au cours des 15 prochaines années. C’est plus qu’en contient Moncton.

Qu’arriverait-il si l’on devait perdre deux Bathurst et un Moncton en vingt ans?

La réponse est une économie moribonde qui n’arriverait pas à créer la richesse nécessaire pour offrir aux aînés les soins qu’ils méritent. Une économie qui risquerait aussi de s’embourber dans un cercle vicieux où les impôts devraient constamment augmenter, ce qui rendrait la province encore moins attrayante pour les travailleurs d’ici et d’ailleurs. Un gouffre économique et financier, quoi.

Le défi de la main-d’œuvre est titanesque. Pour renverser la vapeur, il nous faut un projet de société où tous devront mettre l’épaule à la roue, des gouvernements aux employeurs, en passant par le milieu éducatif, les familles et le monde associatif.

Ce projet doit poursuivre au moins deux grands objectifs.

Le premier est d’encourager davantage de nos gens à se joindre ou à rester sur le marché du travail. Cela veut dire notamment favoriser une meilleure conciliation travail-famille, faciliter la participation de ceux et celles qui font face à des obstacles à l’emploi et offrir plus de flexibilité aux travailleurs plus âgés.

Le deuxième objectif est d’attirer bien davantage d’immigrants. L’immigration est maintenant notre seule source de croissance de la main-d’œuvre. N’eût été celle-ci, le Nouveau-Brunswick aurait perdu non pas 11 000 mais plus de 15 000 travailleurs depuis 2013.

Pour faire face aux défis qui nous attendent, il nous faudra doubler, sinon probablement tripler nos flux d’immigration.

Compte tenu de son importance cruciale pour notre avenir, nous serions en droit de nous attendre à ce que l’immigration tienne une place de choix dans le discours de nos politiciens.

Or les sondages suggèrent que les Néo-Brunswickois ne sont pas chauds à l’idée d’augmenter l’immigration. Les politiciens restent donc silencieux.

Ce silence assourdissant a de quoi faire frémir.