Une Assemblée boussi-boula

Les partis politiques au Nouveau-Brunswick nous radotent depuis toujours qu’ils vont faire la politique différemment et il se peut qu’enfin nous les voyions forcés d’essayer.

Les libéraux vont tenter de former un gouvernement en s’alliant comme ils peuvent, et peut-être qu’avant qu’on ait à voter à nouveau – ce qui sera assez sûrement prochainement, les progressistes-conservateurs auront aussi l’occasion de tenter de mener la barque.

Les coalitions de partis et les alliances dossier par dossier nécessiteront des négociations. Ce qui fait que lorsque le gouvernement tombera et qu’on devra voter à nouveau, on en saura un peu plus sur les valeurs et les qualités de nos politiciens.

Qui a la trempe d’un homme d’État conciliateur? Comment vite a-t-on tenté de vendre les droits linguistiques? Et on saura de quel côté notre circonscription penche et on ajustera notre vote en conséquence, hein?

Et on se fera accompagner au bureau de scrutin par une personne qui n’a pas voté cette fois-ci, d’accord? Parce qu’on peut faire mieux qu’un taux de participation de 67%, étant donné ce qui est en jeu, comme francophones et comme Néo-brunswickois.

Une mauvaise nouvelle est que l’Assemblée nouvellement élue sera composée d’hommes à 78%. Qui mérite plus de trois quarts du pouvoir de décision quand ils sont moins de la moitié? D’accord, 11 députées est le plus jamais vu au Nouveau-Brunswick, et, oui, on est passé de tragique à simplement pathétique.

Mais avec tout l’effort mis avant l’élection, avec le centenaire du vote provincial des femmes l’an prochain, avec tout le tralala des partis en appui des femmes, et avec l’adoption d’une nouvelle formule de financement des partis qui les récompense plus généreusement pour les votes reçus par leurs candidates que ceux reçus par leurs candidats, on s’attendait à mieux.

Mais sachons que les partis principaux n’ont pas saisi les occasions. Pour remplacer les sept députés libéraux sortants qui ne se représentaient pas à cette élection, le Parti libéral n’a choisi qu’une femme.

Chez les progressistes-conservateurs qui avaient trois députés sortants qui ne se représentaient pas, une femme a été choisie. C’est du pas sérieux.