Un jeu dangereux

Les élections de lundi n’ont pas permis aux Néo-Brunswickois d’avoir un gouvernement, mais elles ont au moins servi de cours de rattrapage intensif en matière de parlementarisme britannique et de droit constitutionnel.

Depuis lundi, la population a notamment appris ou réappris qu’elle ne vote pas pour son premier ministre ni pour son gouvernement. Les élections provinciales servent seulement à choisir qui seront les députés de chaque circonscription, sans plus. Ce sont ces députés, et non les électeurs, qui font et défont les gouvernements et qui choisissent le premier ministre.

Ainsi, Brian Gallant, que certains ont accusé de s’accrocher désespérément au pouvoir ou d’être un bien mauvais perdant, est en train de suivre les règles à la lettre. Sa décision de rester en poste et de tenter d’obtenir la confiance de l’Assemblée même si son parti a remporté un siège de moins que celui de Blaine Higgs est tout à fait conforme.

Le chef du Parti libéral joue toutefois à un jeu dangereux. Son refus de jeter l’éponge, bien que légitime, projette une image peu flatteuse et donne du carburant à ses détracteurs.

Même si le Parti libéral a remporté le vote populaire, on peut difficilement parler d’une victoire pour Brian Gallant. Les libéraux ont perdu six circonscriptions et n’ont fait qu’un seul gain.

À moins qu’un ou des députés des autres partis fassent défection et se joignent au Parti libéral (un scénario possible, mais peu probable), M. Gallant va perdre la confiance de l’Assemblée le mois prochain.

Même si les progressistes-conservateurs seront probablement en mesure de gouverner pour un certain temps grâce à l’appui de l’Alliance des gens, le Nouveau-Brunswick se dirige inexorablement vers d’autres élections plus tôt que tard.

En refusant de céder immédiatement sa place au chef du parti qui a remporté le plus de sièges, Brian Gallant court le risque d’arriver sur la ligne de départ avec un boulet au pied dans l’opinion publique lors du prochain scrutin. À moins bien sûr qu’il ne soit pas de la course.

Interrogé à deux reprises durant un point de presse, vendredi, M. Gallant a refusé de dire s’il demeurait à la tête de son parti advenant la chute de son gouvernement.