Netflix espère répéter le succès de Riverdale

Patrice CôtéChroniques

Le succès populaire de la série Riverdale (dont la troisième saison sera présentée à partir du 11 octobre) n’a pas échappé aux dirigeants de Netflix. Après avoir adapté au petit écran les aventures d’Archie et sa bande, le géant américain dépoussière un autre classique de la bande dessinée: Sabrina la sorcière.

En fait, les liens entre Archie Andrews et Sabrina Spellman sont tissés beaucoup plus serrés qu’on pourrait le croire.

La sorcière a en effet fait sa première apparition sur papier en octobre 1962 dans la série Archie’s Mad House.

La popularité du personnage s’est toutefois effritée avec le temps – malgré une série télévisée avec la Canadienne Melissa Joan Hart dans le rôle-titre, au tournant du millénaire.

Le personnage a fait un retour remarqué dans l’univers de la bande dessinée il y a cinq ans, quand il est apparu dans un épisode de la collection… Archie Horror.

Un an plus tard, Sabrina avait une série de BD à son nom, rédigée dans un style beaucoup plus adulte par Roberto Aguirre-Sacasa.

L’Américain âgé de 44 ans porte le titre de créateur de la nouvelle série télévisée qui s’intitule Chilling Adventures of Sabrina. Le premier épisode sera diffusée le 26 octobre (soit juste à temps pour l’Halloween!).

Il a même été question, un temps, que les nouvelles aventures de Sabrina et Riverdale se déroulent dans un univers commun, mais les plans ont été abandonnés, question de donner une plus grande lattitude aux scénaristes dans leur recours à la magie et au paranormal.

Un des producteurs de Chilling a toutefois indiqué qu’il n’était pas impossible que les personnages des deux séries se rencontrent le temps d’un épisode.

Mais qui est Sabrina? Selon la mythologie, il s’agit d’une adolescente mi-sorcière, mi-humaine qui vit dans la ville de Greendale.

Si la série télévisée des années 1990 était plutôt bon enfant, avec ses intrigues rigolotes et le gênant chat-marionnette doté de la parole, Chilling se promet d’être beaucoup plus sombre.

Netflix nous promet une oeuvre qui alterne entre l’horreur et le supernaturel, dans laquelle Sabrina devra jongler avec sa vie d’adolescente, sa formation de sorcière et les inévitables forces du Mal.

On est donc en droit de s’attendre à une ambiance qui ressemble davantage à The Exorcist et Rosemary’s Baby qu’à Harry Potter

Tournée à Vancouver, la série met en vedette Kiernan Shipka dans le rôle de l’ado-sorcière.

La jeune Américaine âgée de 18 ans est principalement connue pour son rôle de Sally Draper dans la série Mad Men (de 2007 à 2015).

Netflix accorde déjà toute sa confiance aux nouvelles aventures de Sabrina puisque le tournage de la deuxième saison est déjà en cours.

Mon appréciation

Jack Ryan (exclusivité Amazon) – Si vous avez aimé la première saison de Homeland (2011) et le film Zero Dark Thirty (2012), vous allez adorer Jack Ryan. John Krasinski (The Office) interprète le célèbre espion américain avec une retenue et une intensité fascinantes. L’intrigue est prenante et les effets spéciaux sont dignes d’un film à grand déploiement – je n’exagère pas. Ce qui est toutefois le plus rafraîchissant avec cette série, c’est qu’elle ne transforme pas son personnage principal en super héros. L’agent Ryan, malgré son excès de vertu, n’est qu’un des membres de l’équipe qui tente de remonter la trace d’un terroriste du Moyen-Orient. Ma seule déception: cette série ne peut que renforcer la haine viscérale que vouent de trop nombreux Occidentaux aux musulmans. – (4/5)

The Innocents (exclusivité Netflix) – Les séries européennes du géant Netflix me déçoivent rarement, mais je dois avouer que celle-ci m’a sérieusement laissé sur ma faim. Cette histoire d’une adolescente qui se découvre le pouvoir de prendre l’apparence de n’importe qui avait pourtant beaucoup de potentiel. Mais malgré une distribution talentueuse et une cinématographie à couper le souffle (surtout lors des scènes tournées en Norvège), j’ai attendu et attendu que l’intrigue passe en deuxième vitesse, en vain. Bref, un beau potentiel raté. J’aurais tellement aimé que les scénaristes nous entraînent plus loin, qu’ils nous prennent par surprise et nous fassent réfléchir un peu… Reste que ce qui m’a le plus déplu, c’est que les deux personnages principaux passent le plus clair de la série à se plaindre et à rechigner. Difficile, dans ces conditions, de s’y attacher… – (2,5/5)

Maniac (exclusivité Netflix) – Mise en ligne le 21 septembre, cette série est assurément la plus bizarre qu’il m’ait été donné de regarder dans ma vie. C’est un peu comme un croisement entre les univers de David Lynch et de Philip K. Dick, dans une ambiance techno pop des années 1980 qui n’est pas sans rappeler Blade Runner et A Clockwork Orange. J’ai vu le tiers des épisodes et j’ignore totalement où les scénaristes souhaitent nous amener. Tout ce que je peux vous dire, c’est que Annie (superbe Emma Stone) et Owen (tout aussi brillant Jonah Hill) éprouvent des problèmes psychologiques et qu’ils participent à des essais sur un nouveau médicament. Mon petit doigt me dit que la frontière entre le vrai et le faux est plus ou moins étanche… Une oeuvre singulière, qui se déguste à petite dose et qui s’adresse à un public patient et ouvert d’esprit. (3,5/5)

Castle Rock (exclusivité Hulu) – Cette série puise son inspiration dans l’oeuvre complète du maître de l’horreur, Stephen King, et nous amène dans les coulisses de la ville la plus hantée des États-Unis, Castle Rock, au Maine. Plus surnaturelle que terrifiante, la série nous offre quelques mystères intéressants et une ambiance drôlement angoissante. Bill Skarsgard est fantastique dans le rôle d’un jeune homme dont la présence dans une cage dissimulée du pénitencier de Shawshank est inexpliquée. Je n’ai pas encore vu tous les épisodes, mais j’aurais adoré que les allusions à l’oeuvre de King soient plus nombreuses (ou moins subtiles). (3,5/5)

Extinction (exclusivité Netflix) – J’ai appris avec le temps à ne pas avoir trop d’attentes face aux films produits par Netflix. J’ai donc été agréablement surpris par Extinction. On y fait la connaissance de Peter (Michael Pena), un technicien qui fait continuellement des rêves dans lesquels la Terre est envahie par des extra-terrestres. La première demi-heure n’a rien de bien original, mais les choses deviennent royalement intéressantes quand les scénaristes nous lancent une surprise en plein visage. Si le récit est une réussite, on ne peut toutefois pas en dire autant des effets visuels. Le film ne bénéficie pas d’un très grand budget (il n’a pas été tourné en Serbie pour rien…). Les effets spéciaux sont dignes d’une série télévisée des années 1990. Mais si on peut faire abstraction de ces petits irritants, Extinction est un bon divertissement. (3/5)

BIENTÔT SUR VOS ÉCRANS

Amazon Prime Video

The Man in the High Castle – Saison 3

(5 octobre)

Dans cette série, les forces de l’Axe ont remporté la Seconde Guerre mondiale et les États-Unis se trouvent sous le joug du Japon et de l’Allemagne. Retentissant succès, une quatrième saison est déjà en chantier.

Nouveaux films d’intérêts:

Carrie (1er octobre), Full Metal Jacket (1er), Let Me In (1er), Raging Bull (1er) et Donnie Darko (17)

Hulu

The Rookie – (17 octobre)

Diffusée simultanément sur ABC, la série raconte l’histoire de John Nolan (Nathan Fillion), un jeune policier qui fait ses débuts au sein de la police de Los Angeles.

Nouveaux films d’intérêts:

The Blair Witch Project (1er), American Psycho (1er), The Others (1er), Rec (1er), The Nightmare before Christmas (2),

Netflix

22 July (10 octobre)

Ce film inédit de Paul Greengrass – un des cinéastes les plus innovateurs de notre époque – met en lumière les terribles événements du 22 juillet 2011 quand un forcené a abattu 77 personnes dans un camp jeunesse de la Norvège.

Nouveaux films d’intérêts:

Blade (1er octobre), Mystic River (1er), The Shinning (1er), V for Vendetta (1er), The Green Mile (1er) et The Devil’s Advocate (1er)

Les classiques du mois

L’Halloween approche et les services de diffusion en continu nous bombardent de classiques de l’horreur. J’aurais probablement pu vous en présenter dix, mais l’espace étant restreint, j’opterai pour deux: Rec (2007) et The Shining (1980). Dans le cas de Rec, oubliez la version américaine avec Jennifer Carpenter sortie en 2008. C’est la version originale espagnole qu’il vous faut voir. Tournée avec une caméra à l’épaule, l’oeuvre vous réserve plusieurs sursauts et une fin angoissante au possible. Pour ce qui est de The Shining, il s’agit probablement du film d’horreur le plus élégant jamais tourné (c’est une oeuvre de Stanley Kubrick, après tout). Jack Nicholson y est terrifiant, mais pas autant que l’hôtel Overlook, un bâtiment hanté situé au milieu de nulle part…