Les petites manœuvres

Les résultats des élections du 24 septembre étaient à peine connus que déjà les jeux de coulisses se mettaient en place pour tenter de changer la volonté des électeurs. Dans la matinée du 25 septembre les libéraux approchaient un nouvel élu conservateur pour lui proposer la présidence de la chambre. Devant son refus immédiat et catégorique, les mêmes libéraux ont tenté d’attirer dans leur filet Robert Gauvin en lui proposant un poste de ministre s’il quittait le navire progressiste- conservateur.

Non contents de lancer leurs lignes dans les eaux progressistes-conservatrices, les libéraux se sont tournés vers le nouvel élu vert de Kent-Nord pour le convaincre de monter à bord de la barque de Brian Gallant. Sachant que se sont ces mêmes libéraux qui avaient sans ménagement rejeté du revers de la main le désir de Kevin Arseneau d’obtenir l’investiture libérale pour se présenter aux élections du 24 septembre, on peut comprendre facilement pourquoi il n’a pas mordu à l’hameçon libéral!

Lorsque Brian Gallant s’est lancé dans la course à la direction du Parti libéral puis ensuite aux élections de 2014, il avait expliqué qu’il voulait faire de la politique autrement. Nous devons malheureusement constater que celui-ci n’a pas au cours de ses quatre années au pouvoir appris à faire de la politique autrement. Bien au contraire.

Pour la première fois en près de cent ans, le Nouveau-Brunswick a un gouvernement minoritaire. Tous les partis politiques doivent accepter cet état de fait et se mettre rapidement au travail. Brian Gallant ne sert pas les intérêts supérieurs de la population de cette province lorsqu’il s’accroche désespérément au pouvoir. L’Assemblée législative doit être convoquée dans les meilleurs délais une fois que les résultats des élections du 24 septembre seront officiels.

La constitution et les conventions constitutionnelles donnent une marge de manœuvre au gouvernement sortant lorsqu’il se trouve en situation minoritaire après les élections. Toutefois, le bon sens doit aussi prévaloir. Brian Gallant doit obtenir 25 votes s’il veut avoir la confiance de la chambre lorsque celle-ci sera convoquée. Ce n’est pas en s’associant uniquement avec les verts qui disposent de 3 sièges qu’il pourra atteindre ce chiffre magique.

En revanche, Blaine Higgs peut obtenir les précieux 25 votes en ayant soit l’appui des verts ou celui de l’Alliance des gens. Il peut même atteindre les 28 voix si les deux tiers partis décident d’accorder la confiance à son gouvernement.

Ceux qui craignent une coalition entre les progressistes-conservateurs et l’Alliance des gens peuvent dormir tranquilles. Blaine Higgs a été des plus clair à ce sujet. Il n’est pas question de s’allier formellement avec la formation politique de Kris Austin.

Si Blaine Higgs était tenté de ne pas respecter cet engagement, Robert Gauvin pourrait quitter le navire progressiste-conservateur. Ça serait une décision lourde de conséquences pour le gouvernement minoritaire de Blaine Higgs. De plus, les progressistes-conservateurs se doivent de renouer les ponts avec la population francophone de cette province.

Respecter les droits linguistiques de celle-ci est la meilleure manière.