Quel voyage!

C’est souvent difficile de voyager en Atlantique: vendredi dernier, j’ai pris un vol d’Air Canada pour Ottawa avec une brève escale à Halifax. Mais, ce qui aurait dû se passer simplement, a mal tourné.

Au moment de se poser à Halifax, le pilote a remis les gaz et l’avion a repris de la hauteur. Beaucoup d’entre vous ont vécu ce moment où, alors qu’on s’attend à «frapper» le bitume, l’avion se cabre et remonte, vous donnant l’impression d’être dans une navette spatiale en route vers son orbite.

«Trop de brume», a expliqué le pilote en annonçant qu’on irait directement à Ottawa. J’étais ravie, mais comme mon voisin de siège se lamentait de manquer sa première fin de semaine en famille depuis longtemps, j’ai gardé mon enthousiasme pour moi.

J’ai bien fait! Parce qu’après un atterrissage parfait à Ottawa, notre avion s’est dirigé vers un coin reculé du tarmac. Et là, nous avons attendu… attendu qu’on nous annonce, le plus calmement du monde, que personne ne pourrait descendre et que nous allions repartir… à Saint-Jean de Terre-Neuve.

« Non! » j’ai crié en me levant. Quelques autres personnes qui allaient aussi à Ottawa m’ont appuyée. L’hôte de l’air (ça se dit?) m’a répondu de m’asseoir. Attente. Enfin, un compromis: les passagers pour Ottawa pouvaient descendre, mais en laissant tous leurs effets personnels à bord. «Le règlement», paraît-il. Là, malgré ceux qui me disaient de ne pas m’en prendre au personnel de bord, j’ai «réagi» (je vous laisse imaginer!) en soulignant qu’il y avait une porte disponible à l’aéroport, puisqu’on était à l’heure d’arrivée «prévue» du vol. D’autres ont dit qu’il était hors de question qu’ils restent à bord, d’autres qu’ils laissent sacs à main, ordinateurs ou valise de cabine.

Après plus d’une heure de discussion, l’avion a trouvé une porte et là – miracle, le règlement avait dû changer! – tout passager pouvait sortir avec ses affaires. Nous avons été une dizaine à nous échapper.

Qu’est-il advenu du vol? Je ne sais pas, mais une chose est sûre: quand Air Canada claironne qu’elle a été choisie meilleure compagnie aérienne en Amérique du Nord, comme dit une de mes amies, «ça doit être la seule compagnie en compétition!»